La nouvelle obligation 6% de Fastned : un rendement attractif, mais un long chemin vers la rentabilité

L'opérateur de recharge rapide Fastned a ouvert un nouveau chapitre de son programme d'obligations de détail. La société basée à Amsterdam lance une nouvelle émission d'obligations à cinq ans, visant à lever jusqu'à 100 millions d'euros pour financer l'expansion de son réseau et refinancer la dette existante.

Les nouvelles obligations, émises dans le cadre du programme obligataire existant de Fastned, sont assorties d'un taux d'intérêt annuel fixe de 6%, payé trimestriellement, et arrivent à échéance en mars 2031.

Non garanti, non noté

Comme les précédentes obligations Fastned, elles ne sont pas garanties, ne sont pas notées et ne sont pas cotées en bourse, ce qui signifie que les investisseurs doivent être prêts à les conserver jusqu'à l'échéance ou à compter sur des transferts limités de pair à pair.

L'offre vise une fois de plus les petits investisseurs privés, un groupe sur lequel Fastned a toujours compté depuis le lancement de ses premières obligations de détail en 2019.

Au cours des dernières années, l'entreprise a levé plusieurs centaines de millions d'euros par le biais de tranches d'obligations successives, utilisant les fonds pour déployer l'un des plus grands réseaux indépendants de recharge rapide d'Europe.

Investir des centaines de millions

Cependant, derrière ce coupon attrayant se cache une entreprise qui est encore fermement en mode d'investissement. Selon le prospectus, Fastned a investi près de 180 millions d'euros dans de nouvelles stations et infrastructures rien qu'entre 2023 et la mi-2025, ce qui s'ajoute à un investissement cumulé depuis sa création qui dépasse probablement les 250-300 millions d'euros.

Ce capital s'est traduit par un réseau de recharge rapide qui compte aujourd'hui quelque 410 stations réparties sur neuf marchés européens, avec une empreinte particulièrement dense aux Pays-Bas et en Belgique.

La société a également obtenu des terrains et des connexions au réseau pour des ‘dizaines’ d'autres sites qui doivent encore être mis en service, soit environ 29 en Belgique et 32 aux Pays-Bas. Elle poursuit toujours son objectif déclaré de passer à 1 000 stations d'ici à 2030.

Chaque station nécessite des coûts initiaux importants en termes de réseau, de terrain et de génie civil avant de pouvoir commencer à générer des revenus de charge accélérés.

Cela signifie que si le nombre de sites de Fastned continue d'augmenter, le réseau dans son ensemble n'a pas encore généré un flux de trésorerie disponible suffisant pour couvrir cet investissement à lui seul et reste tributaire de levées de fonds continues, parallèlement à la croissance opérationnelle.

Structurellement déficitaire

Les investissements cumulés depuis la création de l'entreprise en 2012 sont estimés à plus de 250-300 millions d'euros. Ces investissements ont permis une expansion géographique rapide, mais ils ont également permis à l'entreprise de rester structurellement déficitaire.

Fastned a enregistré une perte nette de 26,6 millions d'euros en 2024, contre 19,3 millions d'euros en 2023, et une perte supplémentaire de 18,3 millions d'euros au premier semestre 2025.

Le flux de trésorerie d'exploitation reste négatif, tandis que la dette financière nette a fortement augmenté pour atteindre près de 232 millions d'euros à la mi-2025. En d'autres termes, le réseau de recharge rapide se développe rapidement, mais il ne génère pas encore suffisamment de liquidités pour s'autofinancer, et encore moins pour rembourser la dette d'exploitation.

Il s'agit d'un schéma familier dans les secteurs d'infrastructure à forte intensité de capital, en particulier dans le domaine de la recharge des véhicules électriques, où les stations ont souvent besoin de plusieurs années d'utilisation croissante avant d'atteindre la maturité.

Les sites individuels peuvent éventuellement devenir très rentables, mais le réseau dans son ensemble est encore dans sa phase de construction. Fastned elle-même ne fournit pas de calendrier précis de remboursement dans le prospectus, reconnaissant plutôt que les remboursements d'obligations dépendent de la croissance continue des revenus et de l'accès à des financements futurs.

Proposition nuancée

Pour les petits investisseurs, cela fait de la nouvelle émission obligataire une proposition nuancée. Du côté positif, un rendement fixe de 6% payé trimestriellement est attrayant sur un marché européen où les produits d'épargne traditionnels offrent encore des rendements limités.

La société opère dans un secteur dont les fondamentaux à long terme sont solides, et Fastned a jusqu'à présent réussi à refinancer ses obligations arrivant à échéance, en encourageant souvent les détenteurs d'obligations existants à les renouveler dans le cadre de nouvelles émissions.

En même temps, les risques sont clairement énoncés. Les obligations ne sont pas garanties, n'offrent pas de collatéral et sont émises par une entreprise qui n'est pas encore rentable et dont le ratio de couverture des intérêts est négatif.

Il est donc peu probable que le remboursement à l'échéance, en 2031, provienne uniquement du flux de trésorerie disponible, mais plutôt d'une combinaison d'utilisation accrue, d'amélioration des marges et - ce qui est crucial - d'un accès continu aux marchés des capitaux.

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