Un Wallon sur cinq ne connaît pas les normes médicales minimales requises pour conduire un véhicule. C'est ce qui ressort d'une enquête de l'Agence wallonne pour la sécurité routière (AWSR).
L'agence utilise ces résultats pour lancer une campagne sur l'aptitude à la conduite basée sur la santé, un aspect essentiel mais souvent négligé de la sécurité routière.
Malgré tous les gadgets techniques, la conduite ne se fait pas en pilote automatique. C'est l'essence même de la nouvelle campagne de l'AWSR, qui souligne que la conduite d'une voiture requiert toute votre attention, votre coordination et votre perception. Et si vous êtes malade ou si vous prenez certains médicaments, ces compétences peuvent être altérées, ce qui augmente le risque d'accident pour le conducteur et les autres usagers de la route.
Cependant, l'étude de l'ASWR montre que 20% des conducteurs wallons ignorent totalement l'existence de la réglementation médicale, et 60% en ont entendu parler mais ne savent pas en quoi consistent les règles relatives à l'aptitude à la conduite.
Mais être “apte” à conduire est en effet une exigence légale, et il existe des normes médicales minimales à respecter pour obtenir et utiliser un permis de conduire.
Déclaration d'honneur
Dans ce contexte, l'ASWR fait référence à un article de la législation belge sur le permis de conduire dont de nombreux conducteurs ne se souviennent plus. Lorsque vous demandez votre premier permis de conduire à la commune, vous devez signer une déclaration sur l'honneur.
En signant ce document, vous confirmez formellement que vous ne souffrez pas d'affections qui altèrent gravement votre capacité à conduire (telles que certaines formes d'épilepsie, des problèmes cardiaques graves ou des déficiences visuelles) et que vous n'êtes pas dépendant de substances qui affectent votre comportement au volant.
Dès que votre état de santé change, vous êtes légalement tenu de consulter votre médecin pour savoir si vous êtes toujours autorisé à conduire et, le cas échéant, de remettre votre permis de conduire à la municipalité pour demander un permis adapté, par exemple avec un certificat médical ou une durée de validité limitée.
Prendre ses responsabilités
Si nécessaire, le médecin peut également vous orienter vers le DAC (Département d'Aptitude à la Conduite) ou le CARA (Centre d'Aptitude à la Conduite et à l'Adaptation du Véhicule), selon que vous habitez en Wallonie ou en Flandre/Bruxelles, pour une évaluation plus approfondie.
Les chiffres de l'ASWR montrent qu'au moins 95% des personnes testées par le DAy conservent leur permis de conduire, avec ou sans modifications.
Cependant, il est probable que tous les conducteurs concernés ne discuteront pas spontanément de leur capacité de conduite avec un professionnel de la santé, de peur de perdre leur permis de conduire. La campagne rappelle donc aux conducteurs leur responsabilité, comme l'illustre le cas d'une femme de 86 ans de Roeselare, en Flandre occidentale, qui a volontairement renoncé à son permis de conduire après avoir eu une conduite dangereuse.
Elle roulait lentement, ne respectait pas les feux rouges, roulait sur le trottoir et avait même pris la route à contresens pendant un court laps de temps. Lorsque les agents l'ont trouvée, la femme était confuse.
Selon son avocat, elle a depuis lors fait mettre sa voiture à la casse et remis son permis de conduire. En plus d'être déclarée inapte à la conduite, elle a été condamnée à une interdiction de conduire de 15 jours et à une amende de 240 euros.


