VW prévoit-il un important programme de réduction des coûts supplémentaires ? (mise à jour)

Selon plusieurs sources internes, le magazine spécialisé allemand Manager Magazin conclut que le groupe Volkswagen travaille sur un nouveau programme de réduction des coûts visant à réaliser des économies supplémentaires pouvant atteindre 60 milliards d'euros.

Bien entendu, des économies à une telle échelle impliqueraient une réduction des effectifs au-delà des 35 000 personnes déjà annoncées et, éventuellement, la fermeture d'autres usines, à l'instar de la fermeture de l'usine d'Ostende. Usine Audi à Bruxelles l'année dernière.

Manager Magazin cite des sources internes anonymes. Jusqu'à présent, il n'y a pas eu de réaction officielle de la part de Volkswagen. Les syndicats réagissent avec incrédulité.

Selon le magazine, Oliver Blume, PDG de Volkswagen, et Arno Antlitz, directeur financier du groupe, ont présenté le nouveau plan d'économies à 120 cadres lors d'une retraite à la mi-janvier. Alors que les participants s'attendaient à être invités à faire preuve de ‘frugalité et de discipline en matière de coûts’, l'ampleur du plan d'économies présenté par Blume et Antlitz a pris une dimension inimaginable, selon le rapport.

“Nous devons abaisser le seuil de rentabilité”, aurait déclaré M. Blume au groupe de cadres et de dirigeants de marques réunis. L'ambition est de réduire les coûts de 20%, et ce, non seulement au niveau du groupe, mais aussi de toutes les marques et filiales.

Lors de la réunion interne, Blume et Antlitz n'ont pas précisé où et comment ces économies, qui représentent environ 60 milliards d'euros dans les dépenses de VW, seraient réalisées. Toutefois, le message était clair : toutes les personnes présentes ont compris que des économies seraient nécessaires ‘partout’.

Marchés difficiles

Les sources internes indiquent que les difficultés du marché sont la principale raison de cette décision audacieuse. Les marchés chinois et américain sont particulièrement sous pression, en partie à cause des droits de douane et de la concurrence féroce de la Chine.

Un porte-parole du groupe Volkswagen a réagi prudemment à ces allégations, notant que l'entreprise met déjà en œuvre un plan de réduction des coûts à grande échelle totalisant plusieurs dizaines de milliards d'euros.

Le 10 mars, lors de la conférence de presse annuelle de VW, le PDG Oliver Blume devrait fournir les derniers détails sur le programme de réduction des coûts de l'entreprise.

Sous la direction de M. Blume, le constructeur automobile allemand a déjà mis en œuvre un programme de réduction des coûts au cours des deux dernières années, permettant d'économiser 15 milliards d'euros en 2024 et 18 milliards d'euros prévus en 2025. “Sinon, le résultat de l'année dernière aurait été encore plus bas que le rendement opérationnel des ventes prévu de 2 à 3 %”, note Manager Magazin.

Cependant, les marques doivent encore réduire les investissements prévus pour les cinq prochaines années au niveau précédemment annoncé de 160 milliards d'euros. Même ce montant aurait été qualifié de trop élevé par M. Blume lors de la retraite interne.

Dieselgate

Entre-temps, Volkswagen a réagi fermement aux nouvelles poursuites judiciaires engagées contre l'entreprise en France. Ces nouvelles procédures font suite à ce qu'il est désormais convenu d'appeler le ‘dieselgate’.

Volkswagen affirme que la procédure engagée aux États-Unis et en Allemagne, où l'entreprise a été condamnée à payer de lourdes amendes, s'applique également aux véhicules Volkswagen vendus en France. Néanmoins, la justice française a de nouveau convoqué VW devant le tribunal correctionnel de Paris pour fraude.

“En raison de l'interdiction juridictionnelle d'être accusé plus d'une fois pour la même infraction (‘ne bis in idem’), nous estimons qu'il est inacceptable d'être à nouveau convoqués devant le tribunal en France”, a déclaré officiellement VW.

À ce jour, le groupe a dépensé plus de 32 milliards d'euros en dédommagements et en amendes dans le cadre du dieselgate. Le parquet de Paris a réitéré au début de l'année dernière sa demande de juridiction sur le sol français, déclarant qu'il est parfaitement possible d'être jugé en France après avoir été condamné en Allemagne. L'initiative juridictionnelle française est ‘complémentaire’ de l'initiative allemande et non ‘cumulative’.

Un suivi juridictionnel est prévu en décembre de cette année, avec un procès éventuel en 2027. L'appel à la justice lancé par le tribunal parisien concerne également d'autres constructeurs automobiles, tels que PSA (aujourd'hui Stellantis), Renault et Fiat Chrysler (qui fait également partie de Stellantis).

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