La petite Racco de BYD pour le Japon, une kei car aux conséquences européennes ?

Le Chinois BYD a dévoilé l'intérieur et les clés cahier des charges du Racco, Le nouveau modèle est un runabout urbain compact conçu pour le segment kei, particulièrement populaire au Japon.

Mais dans un contexte européen, il pourrait devenir quelque chose de beaucoup plus important : un test pour savoir si l'UE est sérieuse dans sa volonté de permettre une nouvelle génération de petits véhicules électriques véritablement abordables.

Le modèle strict de kei-car au Japon

La Racco suit le modèle japonais strict des kei cars, mesurant un peu moins de 3,4 mètres de long et 1,48 mètre de large, avec un profil haut et caissonné conçu pour maximiser l'espace intérieur dans des limites dimensionnelles étroites.

Bien que son design vertical, qui maximise l'espace, puisse rappeler visuellement les véhicules ‘ludospace’ européens, tels que le Renault Kangoo ou le Citroën Berlingo, une voiture kei comme la Racco est fondamentalement plus petite et réglementée, se positionnant bien en dessous des monospaces familiaux de type fourgonnette, à la fois en termes de taille et de performance.

La puissance provient d'un modeste moteur électrique de 20 kW (27 ch), alimenté par une batterie lithium-fer-phosphate de 20 kWh. BYD annonce une autonomie d'environ 180 km selon le cycle japonais WLTC, ce qui positionne la Racco comme un véhicule urbain plutôt que comme un véhicule de transport longue distance.

La charge rapide en courant continu peut atteindre 100 kW, un chiffre remarquable pour une batterie aussi petite, même si les vitesses de charge maximales seront probablement brèves dans la pratique.

À l'intérieur, la Racco reprend le langage stylistique des grands modèles électriques de BYD, avec un écran tactile central flottant, un affichage numérique pour le conducteur et un tableau de bord épuré et moderne.

Les portes arrière coulissantes sont plus pratiques dans les espaces urbains restreints, et les proportions droites permettent une véritable utilisation à quatre places, ce qui constitue une distinction importante par rapport aux quadricycles européens.

Au Japon, la Racco devrait être commercialisée à partir de 2,5 millions de yens, soit environ 15 000 euros au taux de change actuel. Ce prix le place directement au cœur du segment kei, qui représente régulièrement environ un tiers du marché japonais des voitures neuves.

La popularité des voitures Kei n'est pas due au hasard, mais à leur conception : elles bénéficient de taxes et d'assurances moins élevées et de frais d'inspection réduits, tandis que leurs dimensions compactes conviennent parfaitement aux villes denses et aux routes étroites du Japon.

Dans de nombreuses zones rurales, elles sont également exemptées des exigences strictes en matière de preuve de stationnement, ce qui abaisse encore la barrière à la propriété. Au fil des décennies, cet écosystème réglementaire et culturel a normalisé la voiture kei comme un choix pratique et courant plutôt que comme un compromis budgétaire.

Quadricycles L6e et L7e

L'Europe, quant à elle, dispose déjà d'une catégorie de petits véhicules sous la forme de quadricycles L6e et L7e, tels que le Citroën Ami, le Renault Ami et le L7e. Mobilize Duo, ou le Microlino. Ces véhicules sont moins chers et soumis à des exigences d'homologation plus légères que les voitures particulières, mais ils sont également limités en termes de vitesse, d'autonomie et de protection contre les chocs.

Souvent limités à 45 km/h dans leur forme la plus légère, jusqu'à 90 km/h avec un permis de conduire nécessaire, et offrant une capacité de batterie minimale, les quadricycles jouent un rôle de niche dans la mobilité urbaine plutôt que de fonctionner comme de véritables voitures familiales.

L'écart entre ces véhicules minimaux et les voitures de tourisme M1 entièrement conformes est précisément l'endroit où un VE de type "kei" comme le Racco pourrait trouver sa place - si la réglementation le permet.

Des VE petits et abordables

L'intérêt européen du Racco ne réside pas dans les règles japonaises du kei, mais à Bruxelles. La Commission européenne étudie les moyens de stimuler la production et l'adoption de petits véhicules électriques abordables. Et ce, alors que l'on craint de plus en plus que la complexité de la réglementation et les exigences croissantes en matière de sécurité ne rendent les véhicules d'entrée de gamme hors de portée.

Plusieurs constructeurs européens ont publiquement appelé à la création d'une nouvelle catégorie de petites voitures électriques inspirées du concept japonais kei, des véhicules qui se situent entre les quadricycles légers d'aujourd'hui et les voitures de tourisme M1.

Selon les règles actuelles de l'UE, un véhicule tel que le Racco devrait se conformer aux mêmes exigences en matière de collision, de logiciels et d'assistance avancée à la conduite que les voitures particulières de plus grande taille.

Bien que techniquement réalisables, ces obligations augmentent considérablement les coûts de développement et de production, en particulier pour les petits véhicules dont les marges sont limitées.

Par conséquent, un Racco européen construit selon les normes M1 complètes perdrait probablement une grande partie de son avantage en termes de prix, se rapprochant des 20 000 euros ou plus et entrant en concurrence avec des modèles d'entrée de gamme tels que la Dacia Spring ou la prochaine vague de VE européens à moins de 25 000 euros.

C'est précisément à cette tension réglementaire que l'initiative européenne émergente en faveur des ‘petites voitures abordables’ vise à remédier. La Commission a lancé l'idée de geler les exigences supplémentaires pour les véhicules compacts et de créer des incitations dans le cadre de la réglementation sur les émissions de CO₂ afin de rendre les petits véhicules électriques à nouveau économiquement viables.

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