2 000 ch d'imagination : La Vision GT de Xiaomi devrait rester virtuelle

Lors du Mobile World Congress 2026 à Barcelone, Xiaomi a dévoilé l'une des voitures les plus spectaculaires à avoir jamais porté sa marque : la Vision GT, une super-GT électrique aux proportions d'avion de chasse, à l'aérodynamisme extrême et dont la puissance revendiquée frôle le territoire de l'hypercar.

En quelques heures, elle a fait la une des journaux et des réseaux sociaux. Pourtant, malgré son impact visuel, la Vision GT est presque certaine de rester exactement ce que son nom indique : une vision qui ne se matérialisera probablement jamais sur les routes publiques.

Créé pour les jeux

La voiture a été créée pour le programme Vision Gran Turismo, lancé en 2013 par le studio de jeux vidéo Polyphony Digital, créateur de la franchise Gran Turismo, basé à Tokyo.

L'initiative invite les constructeurs à concevoir des supercars fantaisistes libérées des réglementations en matière de collision, des contraintes de coût et de la faisabilité de la production. Ces voitures existent principalement dans le jeu, parfois accompagnées de modèles d'exposition grandeur nature, mais rarement en tant que véhicules routiers homologués. Ce sont des déclarations, pas des stratégies.

En ce sens, la Vision GT de Xiaomi répond parfaitement au cahier des charges. Sa carrosserie sculptée en fibre de carbone canalise l'air à travers des tunnels spectaculaires et des éléments aérodynamiques surdimensionnés. L'habitacle semble axé sur la course et minimaliste.

Les chiffres de puissance annoncés - près de 2 000 chevaux - la placent dans le domaine des hypercars. Mais ces chiffres appartiennent à un bac à sable numérique où les systèmes de refroidissement, la durabilité des batteries, les règles de sécurité pour les piétons et la rentabilité n'ont aucune importance.

Le moment choisi pour cette révélation n'est pas fortuit. Xiaomi profite de la croissance rapide de son activité dans le domaine des véhicules électriques en Chine, où sa berline SU7 a enregistré des ventes impressionnantes et a renforcé la visibilité de la marque.

Expansion en Europe

L'entreprise a clairement fait part de son intention de se développer en Europe au cours des prochaines années. Le dévoilement d'un concept de halo radical lors d'un événement technologique mondial renforce le message de Xiaomi : l'entreprise ne se contente pas d'entrer sur le marché de l'automobile, elle vise haut.

Pourtant, l'ambition et l'exécution sont deux choses très différentes. L'introduction d'une super-GT électrique de 2 000 chevaux sur les routes européennes nécessiterait un niveau d'homologation, de validation des collisions, d'infrastructure après-vente et d'expertise en matière de fabrication de faibles volumes que même les marques de supercars établies ont du mal à justifier sur le plan économique.

Pour un nouveau venu qui n'en est encore qu'à l'étape de la production de VE grand public, l'analyse de rentabilité frise l'irrationnel. C'est pourquoi la Vision GT doit être considérée comme une marque plutôt qu'un modèle.

Des artistes en chair et en os

Le contraste devient plus clair lorsqu'on le compare aux constructeurs chinois qui ont construit des voitures aux performances extrêmes. En 2016, NIO a dévoilé l'EP9, une hypercar entièrement électrique qui n'était pas confinée à une console.

En tant que marque qui aime attirer l'attention, NIO présente en exclusivité dans son premier HUB aux Pays-Bas son super EV EP9, qui a détenu pendant deux ans le record du tour du Nürburgring en catégorie EV. /NIO

Produite en nombre très limité, elle a réalisé des temps au tour qui ont fait la une des journaux au Nürburgring Nordschleife et sur d'autres circuits, démontrant que l'ingénierie chinoise pouvait être compétitive au plus haut niveau de performance. Bien qu'elle n'ait été vendue qu'à une poignée d'exemplaires, l'EP9 a été réelle, conduite sur circuit et livrée aux clients.

Plus récemment, Yangwang, la sous-marque haut de gamme de BYD, a présenté la U9, une supercar électrique dotée d'une technologie avancée de vectorisation du couple et de suspension active.

Contrairement à la plupart des concepts exposés, la U9 est entrée en production limitée pour le marché chinois. Les volumes sont faibles et l'homologation européenne reste incertaine, mais il s'agit de métal et de fibre de carbone tangibles, et non de polygones.

Même des projets antérieurs, tels que le Qiantu K50, sont parvenus jusqu'aux clients avant que des problèmes commerciaux ne mettent un terme au projet. Ces exemples montrent que l'industrie automobile chinoise est capable d'aller au-delà du spectacle. Même si leur production est limitée, ils ont franchi la ligne qui sépare l'idée de la réalité industrielle.

Pas de feuille de route pour la production

La Vision GT de Xiaomi ne semble pas destinée à suivre cette voie. Il n'y a eu aucune annonce d'une feuille de route de production, aucune indication d'études d'homologation, et aucune suggestion qu'un tel véhicule s'inscrive dans le portefeuille à moyen terme de l'entreprise.

Au contraire, le concept amplifie le récit de performance autour des modèles existants de Xiaomi et positionne la marque aux côtés de noms de performance établis dans une arène à haute visibilité.

Les amateurs européens qui espèrent voir une hypercar Xiaomi sur les plaques belges doivent tempérer leurs attentes. Les premiers véhicules Xiaomi susceptibles d'arriver en Europe seront des berlines ou des SUV électriques à grand volume, adaptés à la conformité réglementaire et à la demande du marché. Un super-GT radical avec une puissance proche de celle d'une hypercar se heurterait non seulement à des obstacles réglementaires, mais aussi à une clientèle de plus en plus restreinte.

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