Le "Great Tang" de BYD illustre les ambitions de la Chine en matière de VE mégawatts.

Le constructeur automobile chinois BYD s'apprête à dévoiler l'un de ses véhicules les plus ambitieux sur le plan technologique à ce jour. Le nouveau Great Tang, un SUV électrique de grande taille situé au sommet de la gamme Dynasty de l'entreprise, allie luxe, performance et technologie expérimentale de recharge ultra-rapide qui pourrait ouvrir la voie à la prochaine phase de la mobilité électrique.

Ce modèle devrait devenir le plus grand SUV de la série Dynasty, au-dessus de l'actuel Tang, déjà vendu en Europe. Avec une longueur d'environ 5,3 mètres et un empattement de plus de 3,1 mètres, le véhicule vise le segment des SUV haut de gamme à trois rangées, dominé par des modèles tels que le Kia EV9 et le Volvo EX90.

À l'intérieur, le Great Tang est conçu avant tout comme un véhicule familial de luxe. L'habitacle présente une configuration de 2+2+3 sièges, avec des fauteuils capitaines à la deuxième rangée.

La disposition multi-écrans comprend un écran d'instrumentation numérique, un écran central d'infodivertissement et un écran pour les passagers, tandis que les passagers arrière devraient bénéficier d'un écran de divertissement monté au plafond.

Le concept d'intérieur reflète une tendance sur le marché chinois des SUV haut de gamme, où le confort et le divertissement des passagers de la deuxième rangée sont de plus en plus importants.

La version électrique du Great Tang devrait être alimentée par la technologie de batterie Blade de BYD, qui utilise la chimie du lithium-fer-phosphate.

950 km de portée CLTC

Plusieurs options de motorisation sont prévues. Les versions d'entrée de gamme utiliseront probablement un seul moteur électrique produisant environ 300 kW ou 370 kW, tandis qu'une configuration à double moteur et à transmission intégrale pourrait fournir jusqu'à 585 kW, soit environ 784 chevaux. Ces chiffres placeraient le modèle parmi les SUV électriques les plus puissants dont la production est actuellement prévue.

L'autonomie est un autre élément clé. Les premiers rapports font état d'une autonomie d'environ 950 kilomètres dans le cadre du cycle d'essai chinois CLTC. Bien que ce chiffre soit généralement plus optimiste que la norme européenne WLTP, il se traduirait tout de même par une autonomie d'environ 700 kilomètres dans les conditions européennes, un chiffre impressionnant pour un véhicule de cette taille.

La caractéristique la plus intéressante du Great Tang se trouve toutefois sous la carrosserie. Le SUV devrait inaugurer la nouvelle architecture électrique haute tension de BYD, basée sur un système de 1 000 volts capable de gérer des courants allant jusqu'à 1 000 ampères.

En théorie, cette combinaison permet d'atteindre une puissance de charge maximale d'environ 1 mégawatt. Si une infrastructure capable de charger des mégawatts devient disponible à l'avenir, l'avantage théorique serait des arrêts de charge beaucoup plus courts.

Ajouter 500 km en cinq minutes ?

Par exemple, une batterie de 150 kWh chargée à 1 000 kW pourrait théoriquement gagner environ 500 km d'autonomie en cinq minutes environ, en supposant des conditions idéales et un taux de charge très élevé.

Dans la pratique, les vitesses de charge dépendront de l'infrastructure disponible, car la plupart des chargeurs rapides publics en Europe fournissent actuellement entre 150 et 350 kW.

À l'heure actuelle, la recharge en mégawatts est principalement associée aux poids lourds électriques, qui utilisent des batteries extrêmement volumineuses et des infrastructures de recharge de grande puissance.

L'application de niveaux de puissance similaires aux voitures particulières pose des problèmes techniques importants, notamment en ce qui concerne le refroidissement des batteries, la conception des câbles et la capacité électrique nécessaire aux stations de recharge.

Le moment choisi pour le Grand Tang reflète également une évolution plus large de la stratégie mondiale de BYD. Le constructeur chinois passe rapidement du statut de marque nationale à celui de grand exportateur.

Exporter plus que vendre en Chine

Les livraisons à l'étranger ont augmenté à mesure que BYD s'étendait en Europe, en Asie du Sud-Est, en Amérique latine et au Moyen-Orient. L'entreprise a exporté plus d'un million de véhicules en 2025, faisant plus que doubler ses livraisons à l'étranger par rapport à l'année précédente.

Elle souligne la rapidité avec laquelle les marchés internationaux deviennent un élément central de sa stratégie de croissance. L'Europe devrait jouer un rôle particulièrement important, BYD se préparant à introduire des modèles électriques plus haut de gamme dans la région.

Pour l'Europe, l'arrivée du Grand Tang lui-même reste incertaine. BYD se développe rapidement sur le continent et vend déjà des modèles tels que le Tang SU. Cependant, les véhicules phares développés principalement pour le marché intérieur chinois restent souvent sur le marché local pendant plusieurs années avant d'être exportés.

En revanche, la technologie développée pour le Grand Tang pourrait s'avérer plus importante. BYD investit massivement dans la production européenne, notamment dans une nouvelle usine de production en Hongrie, et les futurs véhicules construits sur la plateforme électrique de nouvelle génération de l'entreprise pourraient éventuellement atteindre les marchés européens.

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