La flambée des marchés pétroliers mondiaux fait grimper les prix du gazole dans toute l'Europe. Les pompes autoroutières italiennes atteignent 2,50 euros le litre et les détaillants belges avertissent que cette flambée pèse sur les marges d'approvisionnement en carburant. Une illustration dramatique de la façon dont les chocs géopolitiques atteignent rapidement les conducteurs et les entreprises de transport européens.
L'association de consommateurs Codacons a signalé que le prix du gazole sur certaines aires d'autoroute italiennes a grimpé à environ 2,50 euros le litre, soit bien plus que la moyenne d'environ 1,75 euro le litre sur les routes ordinaires.
L'association des transporteurs Assotir indique que les prix du diesel ont augmenté de 10 à 24 centimes dans différentes régions au cours des derniers jours. Dans le même temps, certains opérateurs ont également signalé des problèmes d'approvisionnement dans certaines parties de la Lombardie et de la Campanie.
La flambée des prix est liée à l'escalade du conflit en Iran et dans l'ensemble du Moyen-Orient, qui a déstabilisé les marchés pétroliers mondiaux et fait craindre des perturbations potentielles du trafic des pétroliers dans le détroit d'Ormuz, un point d'étranglement crucial pour l'approvisionnement mondial en énergie.
L'Italie reste bien approvisionnée
Les autorités italiennes insistent sur le fait que le pays reste bien approvisionné. Le ministre de l'environnement et de la sécurité énergétique, Gilberto Pichetto Fratin, a déclaré que l'Italie détenait l'un des stocks de carburant les plus importants d'Europe et qu'elle avait diversifié ses voies d'approvisionnement, ce qui suggère qu'il n'y a pas de risque de pénurie dans l'immédiat.
Mais les associations de consommateurs et les organisations de transport accusent les compagnies pétrolières d'exploiter la volatilité du marché pour augmenter rapidement les prix à la pompe, même lorsque le carburant stocké a été acheté plusieurs mois auparavant.
Ce phénomène est particulièrement visible sur les autoroutes italiennes, où les stations-service pratiquent généralement des prix beaucoup plus élevés que les pompes routières ordinaires. Les concessions autoroutières entraînent souvent des coûts d'exploitation élevés et une concurrence limitée, ce qui se traduit par des différences de prix de 30 à 60 centimes par litre, même dans des conditions de marché normales.
Les entreprises de transport mettent en garde contre le fait que des augmentations, même minimes, peuvent rapidement se traduire par des pressions importantes sur les coûts. Le syndicat des transporteurs routiers CNA Fita estime que les récentes augmentations pourraient à elles seules alourdir d'environ 2 400 euros par an les coûts d'exploitation d'un camion type, et de plus de 13 000 euros si les prix élevés du carburant persistent pendant des mois.
Les groupes logistiques demandent instamment au gouvernement d'introduire des crédits d'impôt temporaires ou d'autres mesures de soutien pour atténuer l'impact.
Vers le haut de l'Europe
En Europe, les prix du gazole ont également tendance à augmenter, même s'ils restent, pour l'instant, bien en deçà des niveaux observés sur le réseau autoroutier italien. Selon des données récentes, le prix moyen du litre de diesel est d'environ 1,73 euro en Allemagne et en Belgique, d'environ 1,65 euro en France et de 1,55 à 1,60 euro en Espagne.
Aux Pays-Bas, qui sont traditionnellement l'un des marchés les plus chers de l'UE en raison de taxes plus élevées, le prix approche 1,85 à 1,87 euro par litre. En Italie, la moyenne nationale d'environ 1,75 € par litre place déjà le pays parmi les marchés les plus chers de l'UE, même avant la prise en compte des primes autoroutières.
En Belgique, où les prix des carburants sont réglementés, le gouvernement fixe actuellement le prix maximum légal du diesel à 1,923 euro par litre, bien que de nombreuses stations vendent légèrement en dessous de ce niveau.
À titre de comparaison, les 2,50 euros par litre relevés dans certaines stations-service autoroutières italiennes sont supérieurs de 60 à 90 centimes aux prix habituels du gazole sur la plupart des grands marchés européens.
Les entreprises de transport mettent en garde contre le fait que des augmentations, même minimes, peuvent rapidement se traduire par des pressions importantes sur les coûts. Le syndicat des transporteurs routiers CNA Fita estime que les récentes augmentations pourraient à elles seules alourdir d'environ 2 400 euros par an les coûts d'exploitation d'un camion type, et de plus de 13 000 euros si les prix élevés du carburant persistent pendant des mois.
Les groupes logistiques demandent instamment au gouvernement d'introduire des crédits d'impôt temporaires ou d'autres mesures de soutien pour atténuer l'impact.
Secteur sensible du transport routier
L'impact est particulièrement sensible pour le secteur du transport routier en Europe, où le diesel représente généralement 30 à 40 % des coûts d'exploitation. Comme les camions transportent la grande majorité des marchandises sur le continent, les augmentations soutenues des prix des carburants risquent de se répercuter sur les chaînes d'approvisionnement et, en fin de compte, sur les prix à la consommation.
La Belgique présente une situation légèrement différente, car les prix des carburants y sont réglementés par une formule gouvernementale qui fixe un prix maximum à la pompe. Ce système est conçu pour protéger les consommateurs contre les hausses soudaines, mais en période de volatilité rapide du marché, il peut créer des difficultés pour les détaillants.
La fédération industrielle Brafco a averti que certains distributeurs de carburant belges ont récemment été contraints d'acheter du carburant à des grossistes à des prix plus élevés que le prix de détail maximum réglementé. Dans ce cas, les stations-service peuvent temporairement vendre avec des marges extrêmement faibles, voire à perte, jusqu'à ce que la formule de prix officielle soit ajustée.
Ce mécanisme a entraîné des perturbations occasionnelles lors des crises énergétiques passées, notamment des fermetures temporaires de stations ou des retards de livraison lorsque les opérateurs ne parviennent pas à recouvrer leurs coûts suffisamment rapidement.


