Le refroidissement de l'enthousiasme pour les VE pousse Renault à proposer des prolongateurs d'autonomie

Renault recalibre sa feuille de route en matière d'électrification. Pour combler le fossé entre la combustion interne et un avenir purement électrique, le constructeur automobile français introduira des véhicules électriques à autonomie étendue (EREV).

Très probablement en collaboration avec son partenaire Geely, avec une technologie axée sur des moteurs ultra-compacts de la taille d'une valise, qui agissent uniquement comme des générateurs embarqués. Les autres constructeurs automobiles européens suivront-ils son exemple ?

Renault a reconnu une réalité essentielle du marché : pour de nombreux consommateurs, l'infrastructure et l'autonomie des véhicules électriques à batterie restent un obstacle que seul un compromis hybride-électrique peut franchir à court terme.

Basé sur le C15 ?

Par conséquent, sa nouvelle approche tactique de la transition énergétique consiste à ne plus se concentrer uniquement sur les véhicules électriques à batterie, mais à adopter une stratégie sophistiquée de prolongateur d'autonomie.

Le nouveau moteur C15 développé par Horse Powertrain, l'entreprise commune créée par Renault, Geely et Saudi Aramco, pourrait être au cœur de cette manœuvre.

Ce moteur quatre cylindres de 1,5 litre représente une rupture par rapport à la conception traditionnelle du groupe motopropulseur, dans un espace qui n'est pas plus grand qu'un porte-documents standard.

Le génie technique du C15 réside dans sa modularité et sa fonction unique. Mesurant seulement 48 x 49 x 25 centimètres, l'unité intègre le moteur, le générateur, l'onduleur et le système de refroidissement en un seul bloc compact.

Successeur du Rafale

Comme la technologie ePower du partenaire Nissan, cette architecture découple l'unité de combustion interne du groupe motopropulseur. Le moteur n'existe que pour recharger la batterie en cours de route, ce qui permet au véhicule de conserver ses caractéristiques de conduite électrique tout en éliminant l'anxiété liée à l'autonomie.

Il est intéressant de noter que Nissan a été un fervent défenseur de cette solution, mais que Renault n'a pas profité de l'occasion pour migrer sa technologie, bien qu'ils soient affiliés.

Le C15 sera introduit sur la plateforme RGEV Medium 2.0, qui sera utilisée à la fois pour le BEV et l'EREV. Le premier modèle de cette architecture sera le successeur du Rafale. Il devrait offrir une autonomie de 1 400 kilomètres, soit environ le double de celle de la version entièrement électrique (750 km).

La nouvelle plateforme permet à Renault d'élever le niveau de développement de ses modèles. Elle pourra couvrir une large gamme de formats, de la petite à la moyenne taille (jusqu'à 4,8 mètres), et passera à la propulsion arrière, contrairement à l'actuelle plateforme CMF-BEV, qui est à propulsion avant.

La transmission à quatre roues motrices est également envisagée. Selon les informations disponibles, la nouvelle architecture permettra de réduire considérablement les coûts (40%), principalement grâce au passage de la chimie NMC à la chimie LFP, bien que cette dernière n'ait pas encore été confirmée officiellement.

Préparer le nouveau 2035

Avec cette nouvelle stratégie, Renault se tourne vers l'avenir. Les analystes du secteur estiment que la phase d'adoption précoce des véhicules électriques à batterie est passée, et que le marché de masse reste méfiant à l'égard des infrastructures de recharge publiques et du coût élevé des véhicules à grosse batterie. En outre, l'échéance révisée de 2035 permettrait aux moteurs à combustion de continuer à fonctionner après cette date, ce qui ferait des EREV un investissement viable.

Aucun détail sur la batterie elle-même n'est disponible, mais on pense qu'elle est environ deux fois plus petite qu'un pack EV standard à longue autonomie (environ 80 kWh). Cela permet à Renault de réduire considérablement le poids de ses véhicules tout en conservant la meilleure autonomie possible grâce au mariage avec le moteur à combustion.

Les critiques pourraient considérer le retour du piston comme un pas en arrière pour une marque qui a déployé avec succès un portefeuille rétro électrique, régissant la Twingo, la 4, et la 5. Cependant, le succès croissant des EREV de concurrents axés sur la technologie comme Li Auto et Xiaomi sur le marché chinois n'est pas passé inaperçu à Paris.

Volkswagen, en collaboration avec Audi, suit une voie similaire avec le développement de sa plateforme SSP, prévue pour 2029, qui peut accueillir à la fois des chaînes de traction alimentées par des batteries et des moteurs à combustion.

Selon le média allemand Automobilwoche, BMW travaille à la réintroduction de la solution EREV telle qu'elle était proposée sur l'emblématique i3. Elle équipera la prochaine génération de X5, qui sera dévoilée cette année. Enfin, Stellantis mène également des recherches sur cette technologie.

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