BMW Group a nommé Frank Scheffer au poste de directeur financier de BMW Group Belux, une décision qui peut sembler être une rotation de gestion de routine mais qui, en réalité, souligne l'importance stratégique croissante des marchés belge et luxembourgeois au sein des opérations européennes du constructeur automobile allemand.
M. Scheffer, de nationalité allemande, n'est pas un nouveau venu dans l'entreprise. Il apporte plus de vingt ans d'expérience au sein du BMW Group, ayant rejoint le siège de Munich en 1999 après avoir occupé des postes dans les réseaux Volkswagen, Audi et Porsche.
Au fil des ans, il s'est forgé un profil nettement international, en occupant des postes de haut niveau dans les domaines de la finance et du contrôle de gestion dans plusieurs régions. Au cours de sa carrière, il a notamment été responsable du contrôle de gestion au Japon, puis directeur financier en Malaisie, avant de revenir au siège pour assumer des responsabilités de pilotage du marché.
Un marché plus petit ?
Dernièrement, M. Scheffer était directeur financier de BMW Group France, l'un des marchés européens les plus importants et les plus compétitifs de la marque. Son transfert de la France vers la Belgique peut, à première vue, sembler être un pas vers un marché plus petit. Toutefois, dans la logique interne de BMW, le pôle belgo-luxembourgeois est tout sauf secondaire.
M. Scheffer succède à Henning Wendt, qui occupe le poste de directeur financier de BMW Group Belux depuis 2022. Comme son successeur, Henning Wendt a suivi une trajectoire de carrière classique chez BMW, rejoignant le groupe en 2003 et progressant dans des rôles de contrôle de gestion, de stratégie et de développement d'entreprise, y compris un poste de direction chez BMW France avant de s'installer en Belgique.
Il retourne maintenant au siège du groupe BMW à Munich, où il occupera un poste de directeur dédié à la préparation et au déploiement du modèle de vente par agence de BMW. De telles rotations précèdent généralement un avancement au sein de l'organisation financière internationale du groupe.
Alexander Wehr, PDG de BMW Group Belux, s'est félicité de cette nomination, déclarant que l'entreprise était “très heureuse d'accueillir une personne possédant les connaissances et l'expérience de Frank”.”
Il a souligné que l'expertise de M. Scheffer en matière de finances, de gouvernance et de gestion, combinée à une riche expérience sur les marchés internationaux, constituait un atout majeur pour l'organisation du Belux.
Scheffer, 58 ans, est allemand, marié et père de famille. Il est titulaire d'un diplôme en administration des affaires et en gestion automobile de la Hochschule für Wirtschaft und Umwelt de Stuttgart-Nürtingen. Il est polyglotte, parlant allemand, anglais et français.
Un marché automobile atypique
La nomination d'un cadre supérieur tel que M. Scheffer au Belux reflète la nature de plus en plus complexe et délicate du marché. La Belgique, en particulier, est l'un des marchés automobiles les plus atypiques au monde.
C'est l'un des très rares pays - et probablement le seul marché automobile mature - où une marque haut de gamme comme BMW est constamment en compétition pour la première place des ventes globales de voitures, qu'elle s'assure d'ailleurs souvent.
En 2025, BMW a de nouveau dominé le marché belge, confirmant ainsi sa position de leader, qu'elle occupe depuis plusieurs années consécutives. Ceci est d'autant plus remarquable que dans la plupart des autres pays, y compris son marché d'origine, l'Allemagne, ou de grands marchés comme les États-Unis et la Chine, BMW n'est qu'un acteur premium derrière des marques à fort volume. Même sur des marchés à forte composante premium comme la Suisse ou l'Autriche, la marque atteint rarement la première place au classement général.
La structure du marché belge explique en grande partie cette position unique. Les voitures de société représentent plus de la moitié des nouvelles immatriculations et sont généralement financées par leasing.
Cela fait de la Belgique l'un des marchés les plus développés d'Europe en matière de flotte et de financement captif. Le succès n'est donc pas seulement une question de vente de voitures, mais de maîtrise du coût total de possession, des valeurs résiduelles et des conditions de financement.
L'un des pionniers européens en matière de véhicules électriques
Dans le même temps, la Belgique est devenue l'un des pays européens les plus avancés dans l'adoption des véhicules électriques, en grande partie grâce à un cadre fiscal qui incite fortement à l'adoption de voitures de société à zéro émission.
Les véhicules électrifiés représentent aujourd'hui une part croissante des nouvelles immatriculations, en particulier dans le segment des entreprises. Cependant, cette transition introduit également une complexité financière. Les véhicules électriques ont tendance à dégager des marges plus faibles et sont confrontés à une plus grande incertitude quant à leur valeur de revente, ce qui souligne l'importance d'un pilotage financier précis.
La combinaison d'un taux d'électrification élevé, d'une forte dépendance vis-à-vis de la flotte et d'une sensibilité à la réglementation fait du Belux un environnement particulièrement exigeant. De petites modifications de la fiscalité, des taux d'intérêt ou des hypothèses de valeur résiduelle peuvent avoir un impact immédiat sur la demande et la rentabilité.
Pour BMW, le marché sert de terrain d'essai réel pour équilibrer la croissance des volumes et la protection des marges pendant la transition vers la mobilité électrique.
C'est là que le profil de M. Scheffer devient particulièrement pertinent. Son expérience sur divers marchés internationaux, combinée à son expérience en matière de contrôle de gestion et de pilotage de la performance, fait de lui un cadre financier capable de gérer la volatilité et d'optimiser les marges dans un environnement en évolution rapide.


