Malgré les critiques qui fusent de toutes parts, la ministre flamande de la Mobilité, Annick De Ridder (N-VA), poursuit son projet de réorganisation du contrôle technique automobile. La ministre veut modifier et simplifier le système parce que, selon elle, il est ‘plaqué or’ et demande trop au propriétaire flamand de voiture.
Les changements les plus importants sont la suppression de l'obligation d'inspection des véhicules d'occasion et la possibilité de faire effectuer l'inspection par des professionnels autres que les centres d'inspection actuels.
1,7 million d'inspections en moins
Dans sa note de politique générale, la ministre espère réduire le nombre de contrôles automobiles de 1,7 million d'ici 2028 et estime à environ 500 le nombre de suppressions d'emplois dans les centres de contrôle.
121 employés devraient disparaître dès cette année, 323 suivront en 2027 et 54 autres en 2028. Ces estimations ne tiennent pas compte du transfert éventuel des inspections des centres d'inspection officiels vers les prestataires de services automobiles indépendants (principalement les garages).
Tout à fait déplorable
La fédération sectorielle de l'inspection automobile, GOCA, estime que le nouveau plan est tout à fait déplorable. “Il y aura un impact sur la sécurité routière, sur l'environnement et sur la protection des consommateurs”, déclare Dirk Snauwaert, porte-parole de la GOCA.
En 2025, les centres d'inspection ont contrôlé 482 000 voitures d'occasion avant leur vente. 93 000 d'entre elles, soit un cinquième, se sont vues refuser l'accès à la route pour cause de défaillance. Où est le souci de la sécurité routière si vous supprimez cette inspection ?”
Le syndicat chrétien concerné, ACV Puls, souligne que c'est à nouveau le citoyen ordinaire qui paiera la facture des changements. “Les politiciens se dérobent à leurs responsabilités. En période de graves problèmes budgétaires, le citoyen/consommateur paiera deux fois : la sécurité sur la route diminuera, la transaction d'occasion sera moins protégée et il ressentira les conséquences sociétales et financières d'une telle politique”.”
Besoin désespéré
La ministre n'est pas impressionnée. Elle pense que ses changements sont absolument nécessaires. ”Nous rendons l'inspection automobile beaucoup plus conviviale pour le citoyen flamand, nous veillons à ce que les files d'attente disparaissent et nous supprimons les réglementations superflues”.”
“Bien sûr, je m'inquiète pour les employés des centres d'inspection qui seront touchés, mais nous avons effectué trop d'inspections, plus que ce que l'Europe demandait, et c'est ce que je voulais changer. Les investissements dans la sécurité routière resteront une priorité et se maintiendront au même niveau qu'auparavant”, a-t-elle ajouté.
Notre point de vue
Le ministre a tout à fait raison de dire qu'il est actuellement trop difficile pour les automobilistes d'obtenir un rendez-vous pour le contrôle technique. Les choses doivent changer et les centres d'inspection ont négligé le problème pendant trop longtemps. C'est leur talon d'Achille dans leur querelle avec le ministre.
La ministre Annick De Ridder est l'une des figures de proue de la N-VA, le plus grand parti de Flandre. Le noyau électoral de ce parti est ce que l'on appelle le ‘Flamand travailleur’, et le parti fera tout pour répondre à ses souhaits et à ses caprices. Il ne s'embarrasse donc pas trop de règlements et d'obligations. D'où les efforts du ministre pour modifier et simplifier l'inspection des voitures.
Cependant, dans son souci de plaire à ses électeurs, la ministre rogne sérieusement sur d'autres paramètres, tels que la sécurité et les préoccupations environnementales. Une étude récente de CarVertical montre que près de la moitié des voitures d'occasion en Belgique proviennent de l'étranger.
Plus de 20% de toutes les voitures d'occasion provenaient de France, plus de 10% d'Allemagne, et de nombreuses autres provenaient des Pays-Bas, d'Italie et de Suède.
Fraude au kilométrage
Le problème est que dans de nombreux cas, la fraude au kilométrage est détectée et, pire encore, de nombreuses voitures ont été endommagées auparavant. Dans la plupart des cas, il s'agit de dommages mineurs, mais de nombreuses voitures ont subi des dommages importants et ont souvent été réparées avec des pièces détachées moins chères, parfois non conformes.
Les marques pour lesquelles les clients prennent le plus de risques sont logiquement les marques les plus populaires, comme BMW, Audi, Volkswagen, Mercedes-Benz et Peugeot. Si le contrôle technique obligatoire pour les voitures d'occasion est supprimé, il est certain que cela créera un problème de sécurité supplémentaire sur les routes flamandes.
Sur le plan environnemental, moins de contrôles signifie plus de fraudes et plus longtemps en ce qui concerne les émissions, à une époque où la Flandre est déjà l'un des moins bons élèves de la classe européenne en matière d'environnement.
Enfin, nous ne sommes pas convaincus que les nouveaux plans ministériels soient si bons pour le budget public. La question de savoir qui paiera finalement les coûts de restructuration des plans n'est pas encore très claire. Nombreux sont ceux qui craignent qu'une fois de plus, ce soit le citoyen/client qui doive payer en fin de compte.


