La start-up suédoise Nuxon Mobility fait tourner les têtes avec le Noll Go, un vélo électrique sans rayon et sans moyeu, dont les pneus ne peuvent jamais crever. On dirait un accessoire d'un film de la Guerre des étoiles. Sauf qu'il roule vraiment.
Certains concepts sont à couper le souffle. D'autres le sont jusqu'à ce que l'on se rende compte qu'ils ne quitteront jamais la salle d'exposition. Le Noll Go de Stockholm appartient à la première catégorie.
Lors de l'Eurobike 2025 à Francfort, Nuxon Mobility a dévoilé un vélo électrique qui promet “zéro moyeu, zéro rayon, zéro entretien, zéro mal de tête, zéro émission”. Pour Noll Go, le zéro est apparemment tout sauf rien. Et, oui, vous avez déjà vu cela auparavant.
Il roule !
La chose la plus frappante à propos du Noll Go est, bien sûr, les roues. Ou plutôt : ce qui manque. Le moyeu et les rayons sont remplacés par des pneus qui tournent grâce à un système de roulement le long du bord de la jante, les moteurs d'entraînement étant intégrés directement dans la jante.
L'effet est vraiment surréaliste : deux anneaux flottant librement et affirmant leur indépendance rotative par rapport au reste du vélo. Les pneus sont des 700C airless, ce qui signifie qu'ils sont increvables.
Une première vidéo Instagram montre le Noll Go en train de se déplacer par ses propres moyens, défiant ainsi le scepticisme auquel il était initialement confronté. Les roues tournent en douceur, sans oscillation visible.
Une observation : le cycliste pédale à une cadence assez élevée pour une vitesse modeste, ce qui suggère que l'assistance du moteur sur le prototype n'est pas encore totalement au point. Mais au moins, il ne semble pas solliciter excessivement ses muscles, ce qui est important dans ce type de conception.
Plus qu'une simple déclaration de design
La fiche technique du Noll Go révèle que le groupe motopropulseur est double : un moteur de 250 W dans les roues avant et arrière, géré par un système de contrôle de la traction. Trois modes d'assistance - Eco, Standard et Performance - permettent d'atteindre une vitesse maximale de 25 km/h, avec des options d'homologation pour les cyclomoteurs de classe 1 ou 2, là où c'est autorisé.
La batterie lithium-ion de 330 Wh est amovible et se charge complètement en trois heures via le port USB-C. Un second port USB-C situé dans la colonne de direction permet de recharger votre téléphone pendant que vous roulez. Et dans les descentes ? Le freinage régénératif via les jantes hydrauliques renvoie de l'énergie à la batterie, ce qui permet à vos patins de frein de durer plus longtemps. La batterie est traçable par GPS, 4G et WiFi, avec un abonnement mobile gratuit pendant les deux premières années.
Le vide laissé par le retrait des moyeux et des rayons n'a pas été perdu non plus : des sacs de rangement intégrés se trouvent à l'intérieur des deux roues. Une selle chauffante, un écran tactile étanche, des clignotants intégrés aux jantes et un éclairage frontal pouvant atteindre 600 lumens complètent l'ensemble. Le cadre en acier inoxydable pèse 22 kg.
Leçon tirée de Reevo ?
Le vélo électrique sans rayons n'est pas une idée toute neuve. Le concurrent américain Reevo a été le premier, il y a environ quatre ans, mais ses efforts ont été réduits à néant par les critiques qui ont suivi : trop bruyant, trop lourd et trop peu fiable.
Le site web canadien MTB a écrit : “Il pourrait bien s'agir du pire vélo jamais fabriqué”. Le problème est que la roue sans moyeu produit beaucoup de résistance, ce qui joue en défaveur du cycliste plutôt qu'en sa faveur.
Noll Go vit dans cette ombre, qu'elle le veuille ou non, et si elle a appris des erreurs de Reevo et offre une expérience plus transparente, c'est une question à laquelle seuls des kilomètres de conduite dans le monde réel peuvent répondre. La Noll Go Signature Edition est proposée au prix de 6 995 euros.


