La hausse des prix des carburants liée aux tensions autour de l'Iran commence à se répercuter sur le marché automobile européen, et la Belgique offre l'un des premiers signaux les plus clairs. De nouvelles données montrent que les véhicules électriques d'occasion gagnent du terrain à un rythme accéléré, alors même que le marché de l'automobile d'occasion reste sous pression.
En mars, les immatriculations de voitures d'occasion entièrement électriques en Belgique ont bondi de près de 50% en glissement annuel, selon les chiffres d'AutoScout24, l'un des plus grands marchés automobiles en ligne d'Europe, et d'AutoScout24, l'un des plus grands marchés automobiles en ligne d'Europe. Febiac, la fédération belge de l'automobile.
Une immatriculation de voiture d'occasion sur six
Leur part de marché est passée à 5,8%, contre 4,0% un an plus tôt, tandis que les véhicules électrifiés - hybrides et modèles à batterie électrique confondus - représentent désormais près d'une immatriculation de voiture d'occasion sur six. Cette progression contraste fortement avec l'ensemble du marché, qui a encore enregistré un léger recul au premier trimestre.
À première vue, le timing est frappant. Les marchés pétroliers se sont resserrés dans un contexte d'incertitude géopolitique, faisant écho à des chocs antérieurs, tels que l'invasion de l'Ukraine par la Russie, et poussant les prix des carburants à la hausse dans toute l'Europe.
Le résultat est un schéma familier : à mesure que les coûts d'utilisation des voitures à essence et diesel augmentent, les consommateurs commencent à s'intéresser plus sérieusement aux alternatives électriques, en particulier dans le segment des voitures d'occasion, plus abordables.
Changement dans le sentiment des consommateurs
Les chiffres de la Belgique suggèrent que cette dynamique est de nouveau à l'œuvre. Les acteurs du secteur font état d'une augmentation sensible des recherches et des demandes de renseignements en ligne concernant les véhicules électriques au cours des dernières semaines, ce qui indique un changement dans le sentiment des consommateurs qui précède souvent les ventes effectives. Bien qu'il soit encore trop tôt pour mesurer l'impact total sur les immatriculations, la dynamique est clairement en train de se mettre en place.
Pourtant, le cas belge n'est pas isolé. Des signaux similaires apparaissent dans toute l'Europe. En France et en Allemagne, l'intérêt en ligne pour les VE a fortement augmenté, tandis que les ventes de VE d'occasion se sont accélérées en parallèle.
Xavier Chardon, PDG de Citroën (partie de Stellantis), a déclaré que la demande de véhicules électriques s'était “accélérée” depuis le début de l'année et qu'elle avait encore augmenté à la suite de l'escalade du conflit iranien, les VE représentant environ 40% des commandes de clients privés au début du mois d'avril.
Un signal similaire, bien que plus structurel, se fait jour au niveau de l'Union européenne. Renault, qui accélère son déploiement de véhicules électriques à mesure que les prix des carburants augmentent, tout en conservant une réserve de véhicules hybrides pour faire face à l'irrégularité de la demande.
Ensemble, les deux constructeurs automobiles français soulignent la même dynamique sous-jacente : la hausse des prix du carburant ne modifie pas seulement le comportement des consommateurs à court terme, mais renforce également les arguments économiques à plus long terme en faveur de l'électrification dans toute l'Europe.
Norvège et Pays-Bas
Les marchés d'Europe du Nord sont encore plus avancés. Dans des pays comme la Norvège et les Pays-Bas, les VE d'occasion sont déjà bien implantés, soutenus par un afflux régulier de véhicules de location et une infrastructure de recharge mature. Dans ces pays, la hausse des prix des carburants renforce une tendance qui est structurellement ancrée plutôt que nouvellement émergente.
La Belgique, en revanche, se trouve encore dans une phase précoce. La croissance rapide des immatriculations de VE d'occasion part d'une base relativement modeste et le marché reste dominé par les voitures à essence. Toutefois, les facteurs sous-jacents s'alignent de plus en plus sur ceux observés ailleurs en Europe.
L'un des facteurs les plus importants est l'offre croissante de véhicules électriques d'occasion. À mesure que les cycles de location arrivent à maturité, de plus en plus de VE arrivent sur le marché de l'occasion, élargissant ainsi le choix des acheteurs.
Dans le même temps, les prix baissent. En Belgique, le prix moyen d'une voiture électrique à batterie d'occasion a baissé de plus de 5% en glissement annuel au premier trimestre, améliorant ainsi l'accessibilité à un moment où le budget des ménages est sous pression.


