Hyundai espère relancer ses volumes en Chine avec la Ioniq V

Elle ressemble à un concept car, mais la Ioniq V, dévoilée au salon de l'automobile de Pékin 2026, est bel et bien un modèle de production. Elle ressemble à un mélange de Toyota Prius et de Tesla Cybertruck, mais son apparence ne doit pas cacher le véritable message : avec sa nouvelle sous-marque Ioniq, Hyundai veut repartir de zéro et reconstruire sa part de marché en Chine. Ce qu'AUDI a fait pour Audi est désormais une tâche accordée à Ioniq également.

Pour être franc, le salon de l'automobile de Pékin 2026 n'est pas un lieu confortable pour un constructeur coréen. Les marques chinoises de véhicules électriques ont passé cinq ans à démanteler systématiquement les positions sur le marché de tous les acteurs étrangers présents dans la salle. Hyundai n'a pas fait exception à la règle. 

Volume réduit par 82%

À son apogée en 2016, Beijing Hyundai (la coentreprise du constructeur avec le groupe BAIC) se classait confortablement parmi les principaux acteurs du plus grand marché automobile du monde. Aujourd'hui, son volume a diminué de 82 %, ce qui montre à quel point la préférence des clients pour les marques locales affecte tous les constructeurs automobiles ‘étrangers’. 

Dans ce contexte, ce que Hyundai a choisi de faire à Auto China 2026 mérite d'être souligné. Non pas parce que la Ioniq V inversera à elle seule une décennie de déclin, mais parce que la stratégie qui l'accompagne est un exercice de repositionnement majeur.

En ce qui concerne le nom, le V signifie Vénus (comme le concept), et non pas victoire, ni le chiffre latin pour cinq. Tous les modèles Ioniq porteront un nom cosmique. L'architecture est locale, ce qui fait la différence. Le marché chinois des véhicules électriques - ses chaînes d'approvisionnement en batteries, sa vitesse de développement, son écosystème logiciel - est devenu le terrain d'essai le plus exigeant au monde. Les produits conçus pour s'imposer sur ce marché seraient, par définition, compétitifs au niveau mondial. Bien qu'il n'y ait pas de véritable projet de commercialisation de la V en Europe à ce stade, elle constituerait un candidat viable pour notre notion. 

Ligne de toit à courbe unique

La Ioniq V est une grande berline : 4 900 mm de long, 1 890 mm de large, avec un empattement de 2 900 mm, offrant un véritable espace aux places arrière. La ligne de toit à courbe unique du concept Venus est reprise dans la production, de même que les portes sans cadre, les rétroviseurs latéraux flottants et l'éclairage de bord qui accentue visuellement la face avant.

La plateforme est de 800 volts, co-développée avec BAIC, et les batteries sont fournies par CATL. L'autonomie sur le cycle chinois CLTC dépasse les 600 kilomètres (équivalent à 450-480 km sur la norme WLTP utilisée en Europe). Suffisant, mais pas révolutionnaire. 

À l'intérieur, un écran 4K de 27 pouces ancre le tableau de bord, soutenu par un affichage tête haute Horizon et une puce Qualcomm Snapdragon 8295 exécutant un assistant IA basé sur LLM. Le développement de l'ADAS est assuré en collaboration avec Momenta, un spécialiste chinois de la conduite autonome qui dispose de données cartographiques locales approfondies. Cela montre à quel point les fournisseurs locaux sont profondément impliqués dans la genèse de cette gamme.

Investissement de 1 milliard d'euros

Hyundai ne communique pas la puissance du moteur, la capacité de la batterie et la vitesse de charge maximale. Il s'agit d'une tactique habituelle dans l'environnement des salons en Chine, où les concurrents ne se sont pas encore engagés à fournir leurs propres chiffres. La Ioniq V arrivera sur le marché chinois au début de l'année 2027.

Pour relancer la Hyundai Ioniq, la marque s'engage à élargir son portefeuille de 20 modèles, y compris des variantes EREV, une architecture qui gagne rapidement du terrain en Chine parmi les acheteurs qui ont encore des craintes quant à l'autonomie.

L'engagement d'investissement est réel : Hyundai et BAIC ont engagé conjointement 8 milliards de yuans (environ 1 milliard d'euros) dans Beijing Hyundai. L'objectif de vente affiché par la marque est de 500 000 unités annuelles d'ici 2030. Ambitieux, car cela représente environ 2,5 fois les volumes actuels.

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