Selon un article publié par le magazine Manager Magazin, généralement bien informé, Volkswagen envisagerait un programme de restructuration bien plus ambitieux que ce qui avait été annoncé précédemment.
Selon ce magazine économique allemand, l'entreprise envisagerait de fermer ses usines de Hanovre, Zwickau et Emden, ainsi que l'usine Audi de Neckarsulm. L'article indique également que Volkswagen pourrait supprimer jusqu'à 100 000 emplois à l'échelle mondiale.
Le magazine « Manager Magazin » rapporte également que Volkswagen prévoit de supprimer jusqu’à 100 000 de ses 657 000 emplois dans le monde au cours des prochaines années. Les informations précédentes faisaient état de 38 000 à 50 000 suppressions d’emplois en Allemagne.
Le magazine économique affirme que le programme de restructuration pourrait également inclure la fermeture des quatre usines mentionnées ci-dessus. Il indique en outre que Volkswagen envisage de scinder la marque Volkswagen de voitures particulières pour en faire une entité distincte.
Les rumeurs et l'absence d'annonces officielles ont provoqué une grande agitation et une grande incertitude parmi les salariés de VW. Jeudi dernier, la direction de VW a proposé un programme de réduction des coûts en 12 points lors de sa réunion avec le conseil de surveillance.
Le programme a été approuvé, mais aucun accord n'a été trouvé sur les questions les plus épineuses. Jeudi matin, les salariés du groupe Volkswagen se sont rassemblés dans différentes usines pour exprimer leur inquiétude et leur colère.
‘ Image cible du groupe ’
Selon le magazine ‘ Manager Magazin ’, ces projets s'appuient sur une présentation stratégique qu'Oliver Blume, PDG de Volkswagen, aurait présentée aux cadres supérieurs lors de la dernière réunion du conseil d'administration mercredi, intitulée « Group Target Picture » pour 2030.
Le magazine précise qu'il n'a pas eu accès à la présentation elle-même, mais qu'il a fondé son article sur des informations fournies par des sources internes connaissant bien son contenu. Cependant, la chaîne régionale de télévision et de radio NDR a déclaré par la suite qu'elle disposait des plans en question, élaborés par le comité de direction.
Selon le magazine *Manager Magazin*, si ces projets étaient mis en œuvre, ils transformeraient de fait Volkswagen AG en une nouvelle entreprise. L'article affirme que cette restructuration entraînerait la suppression d'environ un septième des effectifs mondiaux du groupe, ouvrirait davantage l'entreprise aux marchés financiers et réduirait considérablement l'influence des salariés.
Cela reste encore très hypothétique
Ces projets restent pour l’instant au stade de la spéculation, car le document stratégique sur lequel ils s’appuient n’a pas été rendu public et reste une présentation interne. Selon le *Manager Magazin*, M. Blume devrait présenter le programme de restructuration au conseil de surveillance le 9 juillet. De tels projets se heurteraient sans aucun doute à une très forte opposition de la part du comité d’entreprise influent de Volkswagen.
Le magazine « Manager Magazin » rapporte également que Volkswagen avait déjà identifié ses usines de Hanovre, Zwickau et Emden, ainsi que l'usine Audi de Neckarsulm, comme candidates à la fermeture lors d'une réunion du conseil de surveillance en avril, en raison de leurs coûts élevés.
Le magazine indique désormais que le conseil d'administration est prêt à fermer progressivement les quatre sites à moyen terme, en ne poursuivant la production que pour la génération actuelle de modèles.
Selon des sources internes citées par le magazine, la production prendrait alors fin, les modèles qui devaient prendre la relève étant soit annulés, soit transférés vers des sites de fabrication moins coûteux.
Impact significatif
Les fermetures annoncées auraient des répercussions considérables. Ces quatre usines emploient environ 40 000 personnes et disposent d'une capacité de production annuelle cumulée d'environ 750 000 véhicules.
Selon le magazine « Manager Magazin », la production sur ces sites ne devrait pas prendre fin avant 2030, à moins que le PDG Oliver Blume ne décide d'arrêter plus tôt la production des modèles concernés. Toutefois, une telle mesure n'est pas prévue pour l'instant.
Deux de ces sites, Zwickau et Emden, sont des usines spécialisées dans la production de véhicules 100 % électriques. Le site de Zwickau fabrique les modèles VW ID.3, VW ID.4, VW ID.5, la Cupra Born et l'Audi Q4 e-tron.
Emden fabrique les modèles VW ID.4, VW ID.7 et VW ID.7 Tourer. Volkswagen a déjà réduit la capacité de production de ces deux usines, passant de deux chaînes de montage à une seule, chacune fonctionnant en deux équipes, afin de remédier à la surcapacité.
L'usine de Hanovre, qui abrite le siège social de Volkswagen Véhicules Utilitaires, fabrique les modèles entièrement électriques ID. Buzz et ID. Buzz Cargo, ainsi que les modèles de la série T, notamment le Multivan et le Transporter. Le site dispose également d'une chaîne de montage de batteries.
L'usine Audi de Neckarsulm fabrique principalement des modèles à moteur thermique et hybrides, tandis que le site voisin de Böllinger Höfe produit l'Audi e-tron GT, entièrement électrique. Audi avait précédemment fermé son usine de Bruxelles en février 2025.
Refonte structurelle
Selon le magazine « Manager Magazin », le plan de restructuration proposé repose sur un troisième pilier, parallèlement aux suppressions d'emplois et aux fermetures d'usines : une refonte en profondeur de la structure du groupe.
Le magazine indique que Volkswagen prévoit de scinder en deux entités distinctes la marque principale de voitures particulières Volkswagen et la division « Composants » du groupe. Selon cet article, cela faciliterait l'introduction en bourse de ces entités. Aucun autre détail concernant cette proposition n'a encore été révélé.
Les projets annoncés marqueraient une intensification significative du programme de restructuration actuel du groupe Volkswagen. Sous la direction de son PDG, Oliver Blume, l'entreprise a mené une stratégie rigoureuse de réduction des coûts au cours des deux dernières années, avec pour objectif de réaliser 15 milliards d'euros d'économies en 2024 et 18 milliards d'euros en 2025.
Ce programme repose sur un accord conclu fin 2024 entre la direction du groupe et le comité d'entreprise, qui prévoyait initialement la suppression d'environ 38 000 emplois d'ici 2030.
La réduction prévue a ensuite été portée à 50 000 postes à l'échelle du groupe, principalement à la suite de nouvelles mesures de réduction des coûts annoncées chez Audi, Porsche et la filiale de logiciels Cariad.
Réactions des salariés
En réponse, le puissant syndicat IG Metall a lui aussi publié un communiqué. Il y critique l’incertitude suscitée par l’article du *Manager Magazin*. Dans une déclaration commune, Christiane Benner, présidente d’IG Metall, Daniela Cavallo, présidente du comité d’entreprise du groupe Volkswagen, et Thorsten Gröger, responsable régional d’IG Metall chargé de la convention collective de Volkswagen, ont déclaré : “Les dernières informations parues dans les médias suscitent, à juste titre, des inquiétudes parmi notre personnel et dans les régions où se trouvent nos sites. Mais les attaques contre la loi Volkswagen, la cogestion et nos sites constituent des menaces irresponsables. Si de tels projets devaient être mis en œuvre, nous nous y opposerions avec tous les moyens à notre disposition.”
Ils ajoutent qu’une autre question revêt une importance bien plus grande : “ Au lieu de se livrer à un activisme aveugle, le Directoire devrait enfin faire son travail et se concentrer sur ses missions essentielles : des produits compétitifs, des technologies, les structures du Groupe et les synergies, et ainsi garantir l’emploi. ”
Jeudi, lors d’une réunion avec les salariés devant le siège social de Volkswagen à Wolfsburg, M. Benner s’est montré très clair. “ Pendant des années, les actionnaires des constructeurs automobiles allemands ont engrangé d’énormes bénéfices. Aujourd’hui que les temps sont plus difficiles, ce sont une fois de plus les salariés qui doivent passer à la caisse. ”
“ La clé d’une industrie automobile plus forte réside dans les investissements destinés à garantir la pérennité des produits, des sites et des salariés ”, a-t-elle ajouté. Les analystes considèrent les annonces et les réactions de jeudi comme le début d’un processus de négociation long et difficile. Mme Benner s’est également tournée vers les responsables politiques afin d’éviter des licenciements massifs et la fermeture d’usines allemandes.
“ Dans les moments difficiles, nous devons nous serrer les coudes. Nous attendons du groupe Volkswagen et des décideurs politiques qu’ils proposent des solutions permettant à nos usines de fonctionner à plein régime et qui nous protègent contre la concurrence déloyale ”, a conclu M. Benner.



