La société belge John Cockerill Hydrogen a dévoilé son premier électrolyseur à hydrogène entièrement conçu et fabriqué en France.
Le dévoilement a eu lieu à Belfort, sur le site industriel de McPhy, racheté l'année dernière par John Cockerill Hydrogen, qui a également repris une partie de son personnel et de ses brevets. Cette installation de 30 tonnes métriques permet de produire de l'hydrogène décarboné à partir d'eau.
Un élan en faveur de l'hydrogène en France et en Europe ?
Le secteur de la production d’hydrogène, qui repose sur l’électrolyse, traverse actuellement une phase de consolidation. La longueur des négociations réglementaires et les difficultés rencontrées pour transposer certaines directives européennes dans le droit national rendent les perspectives moins favorables en Europe ; toutefois, selon les experts, le secteur connaît en Chine un “ véritable essor ”.”
Le pays consomme 30% de la production mondiale d'hydrogène, contre 7% en Europe. L'hydrogène a été intégré au 15e plan quinquennal en tant que l'une des six “ technologies clés ”.”
Néanmoins, ce lancement à Belfort montre que, malgré la débâcle de McPhy – cette start-up spécialisée dans l'hydrogène a fait faillite en juillet dernier –, la technologie de l'hydrogène se porte toujours très bien en France et en Europe.
Puissance de 5 MW
La principale différence par rapport aux générations précédentes réside dans le fait que cette pile – qui constitue le cœur d’un électrolyseur – utilise des plaques en polymère à la place des plaques bipolaires traditionnelles. Cela rend l’appareil plus léger, moins sensible à la corrosion (et donc plus durable), et sa fabrication est de 10 à 15% moins coûteuse.
Il s'agit d'un cylindre de 7 mètres de long et de 2 mètres de diamètre, pesant près de 30 tonnes métriques. La pile est composée de plus de 200 cellules, chacune séparée par une fine couche de molécules d'hydrogène et d'oxygène. La pile a une puissance de 5 MW ; pour l'alimenter, il faut l'équivalent d'un parc solaire de 10 hectares.
200 unités par an
Toutefois, cette pile doit encore faire l'objet d'une série d'essais en Allemagne avant de pouvoir être commercialisée, et cette série d'essais devrait s'achever d'ici la fin de l'année.
John Cockerill vise une production annuelle de 200 unités destinées aux principaux marchés industriels, tels que les raffineries et la pétrochimie, et annonce un carnet de commandes de 800 MW, grâce notamment à un contrat majeur en Inde.
Réduction des émissions
L'hydrogène, qui est encore aujourd'hui principalement produit à partir du gaz naturel, est surtout utilisé dans des procédés industriels, tels que le raffinage et la production d'ammoniac destiné à la fabrication d'engrais. Le remplacement de l'hydrogène fossile par de l'hydrogène vert peut permettre de réduire les émissions dans ces secteurs.
Par ailleurs, l'hydrogène fait l'objet d'études en tant qu'alternative aux combustibles fossiles dans des secteurs tels que la sidérurgie, le transport lourd, l'aviation et le transport maritime.
Il s'agit là d'un défi de taille, sachant que 100 millions de tonnes métriques d'hydrogène sont consommées chaque année dans le monde. Sur ce total, 99% génère encore des émissions de gaz à effet de serre, représentant environ 2% des émissions mondiales.


