Toyota et Uber renforcent leur partenariat de longue date grâce à un nouveau programme européen visant à rendre les véhicules électrifiés plus accessibles aux chauffeurs de VTC. Cette initiative sera lancée dans dix pays en juillet, avant d'être étendue à l'ensemble de l'Europe.
Les chauffeurs Uber et les exploitants de flottes bénéficieront de conditions préférentielles sur les nouveaux modèles Toyota et Lexus, ainsi que sur les véhicules d'occasion certifiés fournis par KINTO, la filiale spécialisée dans la mobilité.
Toyota Financial Services proposera des solutions de financement et de crédit-bail, tandis que Toyota Insurance Services proposera des produits d'assurance connectés et basés sur l'utilisation.
Pas d'objectif de vente
Les entreprises affirment que ce programme pourrait, à terme, être proposé à des centaines de milliers de conducteurs et de véhicules de flotte. Toutefois, aucun objectif de vente, aucune liste des pays participants ni aucune gamme détaillée de modèles n'ont été annoncés.
Cet accord n'est donc pas aussi exceptionnel en matière de véhicules électriques que le titre pourrait le laisser entendre. Toyota utilise sa définition habituelle du terme “ électrifié ”, qui englobe les hybrides classiques ainsi que les hybrides rechargeables et les véhicules 100 % électriques.
Un chauffeur Uber pourrait donc participer en choisissant une Corolla Hybrid, une Yaris Cross Hybrid ou une Lexus hybride d'occasion, sans pour autant opter pour un véhicule ne produisant aucune émission d'échappement.
Il convient de considérer cet accord davantage comme une offre commerciale globale que comme une commande importante de véhicules électriques destinés à une flotte. Toyota regroupe ses activités de vente de véhicules, de vente de véhicules d'occasion, de location longue durée, de financement et d'assurance afin de s'attaquer aux principaux obstacles auxquels sont confrontés les conducteurs professionnels, notamment les coûts d'achat élevés, l'accès au crédit, les primes d'assurance et l'incertitude quant à la valeur résiduelle.
Un contraste saisissant avec BYD
Le contraste avec le partenariat conclu entre Uber et le constructeur chinois BYD est frappant. En 2024, Uber et BYD ont annoncé un accord mondial visant à intégrer 100 000 nouveaux véhicules électriques à batterie à la plateforme de VTC, en commençant par l'Europe et l'Amérique latine.
Cet accord portait explicitement sur les voitures entièrement électriques et comprenait des tarifs préférentiels, des solutions de financement ainsi que des réductions éventuelles sur la recharge, l'entretien et l'assurance.
Le programme de Toyota ne prévoit aucun engagement en termes de volume comparable et ne se limite pas aux véhicules zéro émission. Il offre néanmoins au constructeur japonais un canal de vente potentiellement précieux auprès des conducteurs parcourant de nombreux kilomètres, dont les décisions d'achat peuvent fortement influencer la visibilité et l'acceptation par le public des nouvelles technologies.
Toyota et Uber ne sont pas de nouveaux partenaires. Toyota a investi pour la première fois dans Uber en 2016 et a étudié des formules de location flexibles permettant aux chauffeurs de rembourser le coût de leur véhicule grâce à leurs revenus générés par Uber.
Elle a investi $500 millions supplémentaires en 2018 dans le cadre d'un partenariat consacré à la conduite autonome, articulé autour de modèles Toyota Sienna spécialement équipés.
Accélérer l'offensive des véhicules électriques à batterie (BEV)
Cet accord intervient alors que Toyota intensifie progressivement son offensive dans le domaine des véhicules 100 % électriques en Europe. L'entreprise défend depuis longtemps une approche “ à plusieurs volets ” combinant véhicules hybrides, hybrides rechargeables, véhicules à pile à combustible et voitures 100 % électriques.
Cette stratégie a permis à Toyota de dominer le marché des véhicules hybrides, mais lui a également valu d'être perçue comme une entreprise hésitante, alors que ses concurrents investissaient de manière plus audacieuse dans des plateformes et des usines dédiées aux véhicules électriques.
Les véhicules électriques à batterie ne représentent encore qu'une part limitée des ventes européennes de Toyota, même si ce pourcentage est désormais en hausse, la nouvelle version du bZ4X étant désormais accompagnée de modèles tels que l'Urban Cruiser et le C-HR+. Toyota et Lexus élargissent leur gamme électrique combinée en Europe, mais le groupe continue de refuser de faire de la technologie des véhicules électriques à batterie le seul axe de sa transition.
Cette approche prudente ne correspond pas tout à fait aux ambitions d’Uber. La société de VTC vise à ce que tous ses trajets en Europe, aux États-Unis et au Canada soient effectués à l’aide de véhicules zéro émission d’ici fin 2030.
Les véhicules hybrides classiques permettent certes de réduire la consommation de carburant et les émissions dans l'immédiat, en particulier pour les conducteurs qui n'ont pas facilement accès à des bornes de recharge, mais ils ne permettent pas d'atteindre l'objectif final de zéro émission.
L'impact réel de ce partenariat dépendra donc des véhicules qui bénéficieront des conditions les plus avantageuses.


