Renault réduit encore ses liens avec Nissan alors que l'accord sur les pièces détachées en Espagne prend fin

Renault cessera de s'approvisionner en composants et pièces détachées auprès des usines de Nissan situées à Ávila et en Cantabrie à la fin de l'année 2026, marquant ainsi une nouvelle étape dans le démantèlement progressif de l'alliance franco-japonaise, autrefois étroitement intégrée.

Nissan a confirmé que Renault avait décidé de ne pas renouveler les accords commerciaux avec les deux sites espagnols.

C'est à Ávila que les répercussions se feront le plus sentir, où, selon les syndicats, les activités de Renault représentent plus de la moitié de la production. L'usine emploie environ 450 personnes.

Seulement environ 6%

Les projets liés à Renault ne représentent qu'environ 6% de l'activité de l'usine Nissan de Cantabrie, située à Los Corrales de Buelna. Nissan s'attend donc à ce que cette perte soit absorbée sans incidence significative sur ses volumes globaux sur ce site.

L'entreprise a commencé à rechercher de nouveaux projets industriels et de nouveaux clients afin de compenser la perte de volume de travail liée au départ de Renault à Ávila. Elle précise que des projets potentiels avec des tiers sont également à l'étude, la priorité étant donnée à la pérennité de l'usine et à l'emploi.

Les collectivités régionales et locales, Nissan et les représentants du personnel ont mis en place un groupe de travail chargé d'identifier des capacités de production supplémentaires.

Une première réunion aurait écarté l'hypothèse d'une fermeture immédiate, mais il reste à trouver des solutions alternatives avant l'expiration des commandes de Renault en décembre.

Des camions aux pièces détachées

L'usine d'Ávila fabriquait auparavant des véhicules utilitaires Nissan, mais elle s'est reconvertie dans la production de composants et de pièces détachées après l'arrêt de la production automobile. Cette transformation était étroitement liée à l'Alliance Renault-Nissan et visait à approvisionner les filiales européennes des deux constructeurs.

Le départ de Renault fait disparaître l'un des piliers sur lesquels reposait cette reconversion. Il intervient également alors que Nissan mène actuellement une restructuration de bien plus grande envergure visant à réduire ses coûts, ses capacités de production et ses effectifs, après des années de faible rentabilité.

Renault n'a pas souhaité s'exprimer en détail, qualifiant, selon certaines sources, cette décision d'affaire commerciale entre les deux entreprises.

La coopération sélective remplace l'intégration

Cette décision espagnole ne signifie pas que Renault et Nissan mettent fin à toute coopération industrielle. Elle illustre au contraire comment leur relation a évolué, passant d'une intégration à grande échelle à un nombre plus restreint de projets dans lesquels les deux partenaires voient un avantage financier évident.

Ampere, la division dédiée aux véhicules électriques du groupe Renault, développe et produit déjà la dernière Nissan Micra dans son usine de Douai, dans le nord de la France. Cette même usine fabrique également la Mitsubishi Eclipse Cross, aux côtés des modèles Renault et Alpine.

Renault et Nissan ont également convenu qu'Ampere développerait et fabriquerait une citadine Nissan dérivée de la nouvelle Twingo électrique. Ce modèle devrait permettre à Nissan de faire son entrée sur le marché européen des voitures électriques à moindre coût.

Parallèlement, les partenaires ont assoupli leurs liens de participation et démantelé plusieurs structures héritées du passé.

Renault a finalisé l'acquisition de la participation de Nissan dans leur coentreprise de production indienne en 2025, tandis que Nissan a été libérée de son engagement d'investissement de 600 millions d'euros dans Ampere. Leur accord révisé a également ouvert la voie à une réduction de leurs participations réciproques, qui sont passées de 15% à 10%.

Il en résulte une alliance qui s'apparente de plus en plus à un partenariat entre un équipementier et un donneur d'ordre, plutôt qu'au groupe automobile intégré initialement envisagé sous la direction de Carlos Ghosn. Le retrait de Renault des usines espagnoles de composants de Nissan constitue une nouvelle étape concrète de cette transition.

 

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