Le groupe Renault a entamé le second semestre 2026 avec un chiffre d'affaires toujours en hausse, alors même que les ventes mondiales de véhicules subissaient des pressions. Selon ses derniers résultats financiers, le chiffre d'affaires du premier trimestre a progressé de 7,31 TP3T pour atteindre 12,53 milliards d'euros, tandis que les chiffres récemment publiés révèlent que les ventes mondiales ont reculé de 0,41 TP3T au premier semestre.
Dans ce contexte contrasté, la Belgique et le Luxembourg se distinguent comme l’un des marchés régionaux les plus importants du groupe Renault. Le Belux s’est classé neuvième au niveau mondial en 2025 et a conservé cette position au cours du premier trimestre 2026.
Le Groupe table toujours sur une marge opérationnelle d'environ 5,51 TP3T et un flux de trésorerie disponible d'environ 1 milliard d'euros dans le secteur automobile pour 2026. La publication de ses résultats financiers complets du premier semestre est prévue le 30 juillet.
Le Belux joue un rôle important malgré sa faible population
Pour Renault, la Belgique et le Luxembourg revêtent une importance bien plus grande que ne le laisserait supposer leur population. Le Belux était le neuvième marché mondial du Groupe en 2025, avec 67 473 voitures particulières et utilitaires légers Renault, Dacia et Alpine vendus. Cela représentait une part de marché locale de 12,61 TP3T et près de 2,91 TP3T du volume total mondial du Groupe Renault.
Belux a conservé la neuvième place du classement par pays de Renault au cours du premier trimestre 2026. Le Groupe a livré 17 626 véhicules dans ces deux pays, s'adjugeant ainsi une part de marché de 12,01 TP3T, ce qui place la région devant des marchés bien plus importants tels que l'Inde, la Pologne, l'Argentine, la Corée du Sud et le Portugal.
Cette importance s'explique en partie par l'importance du marché belge des véhicules de fonction, où la réglementation fiscale accélère la transition vers les véhicules électriques. Cela n'est pas nécessairement en contradiction avec l'accent mis par Renault sur la qualité des ventes.
Les véhicules de fonction sont généralement acquis dans le cadre de contrats de location longue durée d'entreprise et se distinguent de l'activité de location courte durée à prix très réduits que Renault est en train de réduire.
Renault peut répondre à cette demande en matière de flotte électrifiée grâce à la Renault 5, la Renault 4, la Mégane et la Scénic E-Tech, tandis qu'Alpine élargit son offre avec les modèles A290 et A390.
La forte proportion de véhicules de société en Belgique fait également de ce pays un terrain d'essai important pour les modèles électriques, les valeurs résiduelles et les coûts de leasing.
Rien qu'en Belgique, Renault et Dacia ont représenté à elles deux environ 11% des immatriculations de voitures particulières au cours du premier semestre. Leur dynamique s'est toutefois affaiblie. Les immatriculations de Renault ont reculé d'environ 3%, tandis que celles de Dacia ont chuté de près de 24%, alors que le marché belge dans son ensemble s'est contracté de moins de 2%.
Le même contraste à travers l'Europe
Ce même contraste s'observe dans toute l'Europe. Le groupe Renault a vendu 821 092 voitures et utilitaires légers au cours du premier semestre, soit 1,3% de moins qu'un an auparavant. La marque Renault a vu ses ventes progresser de 2,6% pour atteindre 528 849 véhicules, grâce aux voitures électriques et à une reprise de 11,7% des ventes de fourgonnettes.
Dacia a toutefois enregistré une baisse de 8,71 % au troisième trimestre, à 284 021 véhicules, ce qui a plus que compensé la croissance de Renault. Alpine a atteint un record de 8 222 ventes, soit une hausse de 67,61 % au troisième trimestre, même si sa contribution au volume du Groupe reste relativement modeste.
D'après les chiffres harmonisés des immatriculations de voitures particulières dans l'UE, l'AELE et au Royaume-Uni, Renault reste le troisième groupe automobile européen. Avec 683 137 immatriculations, il détient une part de marché de 9,41 TP3T, derrière le groupe Volkswagen (25,61 TP3T) et Stellantis (15,21 TP3T).
Mais il devance le groupe Hyundai (7,41 TP3T) et le groupe BMW (7,11 TP3T). Contrairement à Renault, Volkswagen, Stellantis et BMW ont vu leurs volumes de ventes en Europe progresser au premier semestre.
L'électrification comme moyen de défense
L'électrification est le principal atout de Renault. Les modèles électrifiés, notamment les hybrides complets et les hybrides rechargeables, ont représenté 52% de ses ventes de voitures particulières en Europe.
Les ventes de voitures 100 % électriques ont atteint 18,81 TP3T pour le Groupe et 26,61 TP3T pour la marque Renault, un chiffre supérieur à la part de marché des véhicules électriques à batterie (BEV) à l'échelle de l'UE, qui s'élève à 20,71 TP3T. La Renault 5 a été la voiture électrique du segment B la plus vendue en Europe.
La moyenne plus faible du groupe s'explique par la gamme limitée de véhicules entièrement électriques de Dacia. Bien que le Duster et le Bigster stimulent les ventes de modèles hybrides, la marque continue de s'appuyer sur la Spring, fabriquée en Chine, comme seul véhicule électrique à batterie (BEV). Cela la rend d'autant plus vulnérable face à l'expansion rapide des constructeurs chinois, qui proposent des modèles électriques à prix abordables.
Renault affirme donner la priorité aux particuliers, aux valeurs résiduelles et aux activités rentables destinées aux entreprises, plutôt que de rechercher le volume au prix de flottes de location à faible marge.
Le marché Belux constituera un test important pour cette stratégie, car il allie une forte présence sur le marché des particuliers à l'un des plus grands secteurs européens de véhicules de fonction.


