La bonne santé de BMW en Europe ne suffit pas à compenser l'effondrement de ses bénéfices lié à la Chine

Le groupe BMW intensifie ses mesures de réduction des coûts et ses réformes organisationnelles après une forte détérioration de sa rentabilité au cours du premier semestre 2026.

Le constructeur automobile allemand haut de gamme affirme que la demande reste soutenue en Europe et que son offensive électrique « Neue Klasse » prend de l'ampleur. Toutefois, la baisse des ventes et des prix en Chine, les droits de douane et la hausse des amortissements pèsent lourdement sur ses résultats.

29,41 TP3T : baisse du bénéfice

Les livraisons du groupe BMW ont reculé de 4,21 TP3T au cours des six premiers mois de l'année, tandis que le chiffre d'affaires a baissé de 81 TP3T pour s'établir à 67,7 milliards d'euros. Le résultat avant impôts a chuté beaucoup plus fortement, reculant de 29,41 TP3T pour s'établir à 4,05 milliards d'euros.

La marge d'exploitation de la division Automobile s'est resserrée, passant de 6,21 TP3T à 3,61 TP3T au cours du semestre, pour n'atteindre que 2,31 TP3T au deuxième trimestre. BMW a donc revu à la baisse ses prévisions de marge EBIT pour l'ensemble de l'année dans le secteur automobile, les ramenant de 41 TP3T à 61 TP3T à seulement 11 TP3T à 31 TP3T.

Le groupe s'attend désormais à ce que les livraisons mondiales reculent légèrement en 2026, tandis que le résultat avant impôts devrait enregistrer une baisse significative. Le flux de trésorerie disponible du secteur automobile a chuté de 45% au premier semestre et de plus de 70% au deuxième trimestre.

Pressions exercées par la Chine

La Chine est la principale source de cette pression. Les livraisons du groupe BMW dans ce pays ont reculé de 20,41 TP3T au premier semestre et de 30,21 TP3T au deuxième trimestre, les constructeurs locaux ayant intensifié la concurrence et les prix de vente ayant subi des pressions.

L'Europe a pris le contre-pied de cette tendance. Les livraisons ont augmenté de 5,41 TP3T au premier semestre et de 7,61 TP3T au deuxième trimestre, faisant de cette région un contrepoids de plus en plus important face aux difficultés rencontrées par BMW en Chine.

Les droits de douane ont réduit la marge du secteur automobile d'environ 1,25 point de pourcentage au deuxième trimestre, tandis que la hausse des amortissements liés à BMW Brilliance Automotive a entraîné une perte supplémentaire de 1,2 point. Le groupe a également été confronté à des effets de change défavorables, à une hausse des coûts des matières premières et à un recul du chiffre d'affaires lié aux véhicules d'occasion.

Indemnités de départ volontaire

Le président de BMW, Milan Nedeljković, a déclaré que l'entreprise allait réagir en simplifiant ses structures, en réduisant ses coûts fixes et en accélérant la prise de décisions. Parmi les premières mesures figurent des plans de départs volontaires destinés aux salariés occupant des fonctions indirectes en Allemagne, bien qu'aucune suppression d'emplois spécifique n'ait été annoncée pour la Belgique ou le Luxembourg.

Dans un premier temps, cette restructuration entraînera des coûts. BMW estime que ce programme pourrait réduire la marge de son pôle Automobile de 2026 de 1,25 point de pourcentage, les économies réalisées devant se faire sentir à partir de 2027.

BMW prévoit également de réduire ses investissements, ses dépenses en recherche et développement ainsi que ses frais administratifs. L'entreprise souhaite tirer parti de l'intelligence artificielle et de la numérisation pour raccourcir les cycles de développement et automatiser ses processus internes.

Repenser le modèle de vente européen

Ces changements vont au-delà d'un simple programme d'économies classique. BMW entend repenser son modèle commercial européen, passer d'une organisation axée sur la vente en gros à une approche davantage centrée sur la vente au détail, et intégrer plus étroitement les ventes en ligne et en magasin.

Cela pourrait se traduire par une gestion plus centralisée des prix, des stocks, des prospects numériques et des données clients. Les concessionnaires se concentreraient de plus en plus sur le conseil, la livraison, le service après-vente et les relations avec la clientèle locale.

BMW va également réexaminer le nombre de technologies, de motorisations et de variantes de modèles qu'elle propose. Le groupe continue de défendre sa stratégie d'ouverture technologique, mais les futures variantes seront soumises à des critères de rentabilité plus stricts et seront mieux adaptées à la demande régionale.

La « Neue Klasse » reste au cœur du plan de relance de BMW, et ses premiers résultats commerciaux sont source d’optimisme. Les commandes de la nouvelle iX3 avoisinent les 100 000 unités. Parallèlement, l'usine de Debrecen a déjà produit 50 000 véhicules en l'espace de neuf mois après le lancement de la production en série, ce qui représente la montée en puissance la plus rapide jamais réalisée par une nouvelle usine du groupe BMW.

Une deuxième équipe a été mise en place plus tôt que prévu pour répondre à la demande. L'i3 en est encore à un stade précoce, mais BMW indique que son édition « Launch Edition » a suscité un vif engouement dès l'ouverture des réservations, en juin, avant la date initialement prévue.

Les commandes normales débuteront fin septembre. BMW prévoit de lancer plus de 40 modèles nouveaux ou profondément remaniés d'ici fin 2027, étendant ainsi progressivement la technologie « Neue Klasse » à l'ensemble de sa gamme.

BMW Belux est bien positionnée

L'Europe est déjà le moteur de la croissance de BMW dans le domaine des véhicules électriques. Les livraisons de véhicules entièrement électriques dans la région ont augmenté de 37,91 TP3T au deuxième trimestre, pour atteindre 81 500 véhicules. Près d'un véhicule sur trois vendu par le groupe BMW en Europe était entièrement électrique.

Cette évolution revêt une importance particulière pour BMW Belux. La Belgique reste l'un des marchés européens les plus « électrifiés » en matière de véhicules de société, les voitures 100 % électriques représentant 59% des immatriculations professionnelles au premier semestre 2026.

BMW figure parmi les principaux bénéficiaires. La BMW X1 a été le modèle le plus immatriculé en Belgique, tandis que l'iX1 s'est classée au deuxième rang des modèles électriques les plus populaires du pays. La nouvelle iX3 totalisait déjà plus de 3 000 immatriculations à la mi-année.

BMW Belux est donc bien placée pour tirer parti du déploiement de la « Neue Klasse ». Son principal défi consistera à réduire sa dépendance vis-à-vis des ventes de flottes motivées par des avantages fiscaux et à toucher davantage de particuliers, qui restent nettement moins enclins à opter pour une voiture entièrement électrique.

Le financement et la location longue durée joueront un rôle de plus en plus important dans cette démarche. La part de BMW Financial Services dans le chiffre d'affaires du groupe est passée de 43,71 TP3T à 52,91 TP3T, ce qui souligne à quel point les mensualités, les valeurs résiduelles et la revente sont désormais au cœur de la stratégie commerciale du groupe.

BMW affirme pouvoir retrouver une marge dans le secteur automobile comprise entre 8% et 10% d’ici le début de la prochaine décennie. La réalisation de cet objectif dépendra de la capacité de la forte demande européenne et de la « Neue Klasse » à compenser le recul enregistré en Chine, tandis que le groupe s’efforce de réduire ses coûts sans affaiblir son offensive produit.

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