Les ventes de voitures électriques ont connu une forte reprise au deuxième trimestre 2026, l'Europe s'imposant comme le grand marché affichant la croissance la plus rapide. Les chiffres de la Belgique révèlent toutefois une situation plus nuancée.
Le pays reste l'un des leaders européens en termes de part de marché des véhicules électriques à batterie, mais la croissance ralentit et l'adoption de ces véhicules dépend encore fortement des flottes d'entreprise.
Les derniers chiffres sont tirés du rapport de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) intitulé “Les marchés des voitures électriques en période d'incertitude”, publié le 30 juillet. Cette analyse porte sur les ventes et les immatriculations jusqu'en juin 2026 et actualise les perspectives mondiales de l'AIE sur les véhicules électriques publiées en mai.

35% de plus qu'en 2025
Les ventes mondiales de voitures électriques au deuxième trimestre ont augmenté de 35% par rapport aux trois premiers mois de 2026. Ce chiffre global doit toutefois être considéré avec prudence. Par rapport au deuxième trimestre de 2025, les ventes n'ont augmenté que de 4%, tandis que les volumes mondiaux du premier semestre sont restés inférieurs d'environ 1% à ceux de l'année dernière.
Ce ralentissement mondial s'explique en grande partie par la baisse des ventes en Chine et aux États-Unis. L'Europe a connu une évolution inverse, soutenue par des objectifs plus stricts en matière d'émissions de CO₂, de nouveaux dispositifs d'incitation et une gamme plus large de modèles électriques.
La définition de l'AIE englobe à la fois les voitures électriques à batterie et les hybrides rechargeables. Selon les données d'immatriculation harmonisées de l'ACEA, ces deux catégories représentaient 30,51 TP3T des immatriculations de voitures neuves dans l'Union européenne au cours du premier semestre 2026. À elles seules, les voitures électriques à batterie représentaient 20,71 TP3T du marché.
La Belgique se situe au-dessus de la moyenne de l'UE
La Belgique a affiché des résultats nettement supérieurs à la moyenne de l'UE. Les voitures électriques à batterie représentaient 36,11 TP3T des immatriculations belges, un chiffre proche de celui des Pays-Bas (36,51 TP3T) et bien supérieur à celui du Luxembourg (29,21 TP3T), la France (28,21 TP3T) et l'Allemagne (24,81 TP3T).
Si l'on inclut les hybrides rechargeables, les Pays-Bas restent clairement en tête au niveau régional, les véhicules rechargeables représentant 60,51 TP3T des immatriculations. La Belgique suit avec 41,81 TP3T, devant l'Allemagne (35,81 TP3T), le Luxembourg (351 TP3T) et la France (33,81 TP3T).
L'avance des Pays-Bas s'explique presque entièrement par les hybrides rechargeables, qui représentaient 24% des immatriculations. La part des PHEV en Belgique n'était que de 5,7%, ce qui signifie que les deux pays étaient pratiquement à égalité en termes d'adoption des véhicules entièrement électriques.
La part de marché élevée de la Belgique masque néanmoins un ralentissement de la dynamique. Les immatriculations de véhicules électriques à batterie ont augmenté de 8,21 TP3T au cours du premier semestre, passant de 76 980 à 83 282 unités. En revanche, les immatriculations de véhicules hybrides rechargeables (PHEV) ont reculé de 36,7%, ce qui s'est traduit par une légère baisse du nombre total d'immatriculations de véhicules rechargeables par rapport à 2025.
Aide à l'achat pour les particuliers
L'Allemagne et la France affichent une croissance nettement plus rapide, partant d'un niveau de référence plus bas. Les immatriculations de véhicules électriques à batterie (BEV) en Allemagne ont augmenté de 48%, tandis que la France a enregistré une croissance de 62,9%.
Ces deux pays ont mis en place ou étendu des aides à l'achat destinées aux particuliers, tandis que la Belgique n'accorde plus de subvention générale, que ce soit au niveau fédéral ou flamand, pour l'achat de voitures électriques par des particuliers.
En Belgique, la transition vers les véhicules électriques continue d’être principalement portée par le marché des véhicules de société. Les modèles électriques à batterie ont représenté environ 59% des immatriculations professionnelles au premier semestre 2026, contre un peu plus de 10% chez les particuliers. Près de sept voitures électriques neuves sur dix ont été immatriculées par des entreprises ou des utilisateurs professionnels.
La différence est essentiellement d'ordre fiscal. En Belgique, les véhicules de fonction entièrement électriques restent déductibles fiscalement à hauteur de 1 001 TP3T, tandis que les véhicules de fonction à moteur thermique perdent progressivement leur déductibilité.
Les particuliers bénéficient d'aides directes bien moins importantes et continuent de s'inquiéter des prix d'achat, de la recharge à domicile et de la valeur de revente.
450 000 véhicules électriques à batterie (BEV)
Ces parts d'immatriculation élevées ne signifient pas pour autant que le parc automobile belge soit déjà majoritairement électrique. Fin 2025, la Belgique comptait près de 450 000 voitures électriques à batterie, soit environ 7,5% du parc total de voitures particulières.
La prochaine étape de l'adoption des véhicules électriques en Belgique dépendra donc de plus en plus des acheteurs privés et du marché de l'occasion. Un nombre croissant de véhicules de fonction électriques arrive à l'échéance de son contrat de leasing, mais les véhicules électriques à batterie (BEV) ne représentaient encore que 5,91 TP3T des immatriculations d'occasion au cours du premier semestre 2026.


