Sur un cas sur Dans quatre accidents de la route survenus en Belgique et ayant entraîné des blessures chez des piétons, le responsable a pris la fuite. Les cyclistes sont également souvent victimes d'accidents avec délit de fuite. Bien que la plupart des auteurs soient arrêtés, ce phénomène reste d'une ampleur alarmante, a indiqué dimanche l'Institut Vias.
La Belgique affiche le bilan le plus défavorable parmi ses pays voisins en matière d'accidents avec délit de fuite impliquant des piétons. Dans un accident de la route sur quatre impliquant un piéton en Belgique, le responsable prend la fuite, contre 21% en Allemagne et au Luxembourg, 11% en France et seulement 3% aux Pays-Bas.
En 2025, on a dénombré 4 814 accidents avec blessés impliquant un délit de fuite. Cela représente près de 200 cas de plus qu'en 2024, soit une augmentation de 8% sur dix ans. En termes relatifs, les piétons constituent le groupe de victimes le plus important (1 006 l'année dernière) ; en chiffres absolus, ce sont les cyclistes (1 819 l'année dernière).
Des études antérieures ont montré que les auteurs d'accidents avec délit de fuite conduisaient souvent sous l'emprise de l'alcool et/ou de stupéfiants. De plus, il n'est pas rare que ces auteurs ne disposent pas des documents requis (permis de conduire ou attestation d'assurance).
Accidents avec délit de fuite
En 2016, 22% d'accidents avec délit de fuite n'ont pas été élucidés. L'année dernière, ce chiffre s'élevait à 15%. Cela signifie que 85% des auteurs ont bel et bien été arrêtés. Les sanctions prévues en cas de délit de fuite ne sont toutefois pas négligeables.
En cas d'accident n'entraînant aucun blessé, le contrevenant est passible d'une peine d'emprisonnement de 15 jours à 6 mois et d'une amende comprise entre 2 000 et 20 000 euros.
En revanche, si une victime d'un délit de fuite est blessée ou, dans le pire des cas, décède, l'auteur de l'infraction encourt une peine d'emprisonnement de 15 jours à 3 ans et/ou une amende de 4 000 à 50 000 euros.
Par ailleurs, le tribunal peut décider d'imposer une interdiction de conduire d'une durée de huit jours, de cinq ans, voire à vie. Toutefois, l'effet dissuasif s'avère limité, car les personnes en état d'ébriété ne sont pas conscientes de la sévérité des sanctions.
‘ Ces chiffres sont préoccupants ’
Le nombre d'accidents avec délit de fuite ne cesse d'augmenter, ce qui en fait un problème de sécurité routière de plus en plus important. Le ministre fédéral de la Mobilité, Jean-Luc Crucke, s'inquiète des résultats de la nouvelle étude de Vias. “ Ces nouveaux chiffres sont préoccupants. […] La sécurité routière est une responsabilité partagée : chacun doit y mettre du sien. Tous ensemble pour zéro accident ! ”
Vias a publié une comparaison s'appuyant sur la base de données CARE de l'UE relative aux accidents de la route et sur les données de Statbel pour 2023, qui montre que le pourcentage d'accidents avec blessés parmi les piétons impliquant un délit de fuite est de 3% pour les Pays-Bas, 11% pour la France, 21% pour l'Allemagne et 22% pour la Belgique.
La Flandre au sommet
Il est embarrassant de constater que la Belgique affiche le taux national le plus élevé parmi les pays inclus dans la comparaison Vias, soit un point de pourcentage de plus que l'Allemagne et le Luxembourg, le double du niveau français, et 19 points de pourcentage de plus que les Pays-Bas. La Flandre affiche même un taux légèrement supérieur, à 23%.
Entre-temps, le dernier chiffre belge pour 2025 s'élève à 25%, ce qui signifie qu'un accident corporel sur quatre impliquant un piéton est désormais un délit de fuite.
En 2024, dans les accidents avec délit de fuite impliquant des piétons, la partie adverse était une voiture particulière dans 45% des cas, mais les vélos représentaient un nombre étonnamment élevé de 19%. Les cyclomoteurs représentaient 11%, les trottinettes électriques 6%, les véhicules utilitaires légers 5% et les bus 3% ; 9% ont été classés dans la catégorie « autre véhicule » ou « véhicule inconnu ».


