L'essor des véhicules électriques chez Renault fait grimper le chiffre d'affaires, mais les activités financières pèsent sur les bénéfices de l'automobile

Le groupe Renault est redevenu bénéficiaire au premier semestre 2026, grâce à la forte progression des ventes de véhicules électriques et à une gamme de produits plus diversifiée. Toutefois, ces chiffres révèlent également à quel point les marges sur la construction automobile restent faibles. Mobilize Financial Services, la filiale de financement captive du groupe, a généré un résultat d'exploitation presque aussi élevé que l'ensemble de l'activité automobile de Renault.

Le chiffre d'affaires du groupe a progressé de 9,51 TP3T pour atteindre 30,25 milliards d'euros, malgré une baisse des immatriculations mondiales de 0,41 TP3T. Le résultat net s'est élevé à 721 millions d'euros. La comparaison avec l'année dernière est faussée par l'énorme perte hors trésorerie enregistrée par Renault en 2025 suite à la modification du traitement comptable de sa participation dans Nissan.

Mobilize Financial Services

Le résultat d'exploitation est encore plus révélateur. Les activités automobiles de Renault ont généré 814 millions d'euros, soit une marge de seulement 3,0%, tandis que Mobilize Financial Services a contribué à hauteur de 753 millions d'euros. En d'autres termes, le financement des clients a généré 48% de la marge d'exploitation du groupe, qui s'élève à 1,57 milliard d'euros.

Cette dépendance ne signifie pas pour autant que l'offensive électrique de Renault soit un échec. Au contraire, les ventes de véhicules 100 % électriques ont progressé de 47,61 TP3T en Europe, représentant 18,81 TP3T des immatriculations du groupe.

Au sein de la marque Renault, les véhicules électriques à batterie (BEV) ont représenté 26,61 TP3T des ventes européennes, grâce notamment à la Renault 5, à la Renault 4 et au Scénic E-Tech.

L'arrivée de la nouvelle Twingo électrique vient désormais renforcer encore cette offensive, offrant à Renault un nouveau modèle à fort potentiel de volume au cœur du marché européen des petites voitures. Deux Renault sur trois vendues en Europe étaient électrifiées, qu'il s'agisse de véhicules entièrement électriques ou d'hybrides rechargeables.

Ces nouveaux véhicules électriques ont également permis d'améliorer la composition du chiffre d'affaires de Renault. Ils n'ont toutefois pas résolu le problème de la rentabilité. La marge d'exploitation du secteur automobile est passée de 985 millions d'euros l'année précédente à 814 millions d'euros.

Renault a indiqué que les coûts liés à la réglementation, la pression sur les prix en Europe et la part croissante des véhicules électriques dans son parc ont contribué à un effet négatif lié aux prix, à la composition du parc et aux équipements, s'élevant à 425 millions d'euros. Les réductions de coûts, d'un montant de 184 millions d'euros, n'ont compensé que partiellement cette pression.

Le défi se précise de plus en plus. Des modèles tels que la Renault 5, la Scénic et la Twingo peuvent faire grimper rapidement les volumes de ventes de véhicules électriques, mais Renault doit encore prouver que des véhicules électriques abordables peuvent générer des marges industrielles solides, plutôt que de servir principalement à soutenir le chiffre d'affaires, les parts de marché et les revenus financiers.

La dynamique de Renault en France

Le marché français montre à quelle vitesse cette dynamique en faveur des véhicules électriques peut se traduire en volumes. Les immatriculations de voitures neuves ont augmenté de 9% en juillet pour atteindre 126 808 unités, mais cette croissance est presque entièrement imputable aux voitures électriques à batterie. Les immatriculations de véhicules électriques à batterie (BEV) ont plus que doublé pour atteindre 44 378 unités, ce qui leur confère une part de marché record de 35%.

Renault a vu ses immatriculations en France progresser de 21,91 TP3T et s'est imposé en tête du marché avec une part de 15,61 TP3T. La Renault 5 s'est classée quatrième parmi l'ensemble des voitures, la Scénic E-Tech sixième, tandis que la nouvelle Twingo électrique a fait son entrée dans le top 10 à la neuvième place.

À eux trois, ces modèles ont occupé le podium des véhicules électriques à batterie (BEV) en France, tandis que les voitures électriques représentaient 47% des ventes de Renault en juillet. L'entrée immédiate de la Twingo dans le top 10 est particulièrement significative, car elle montre que le succès de Renault dans le domaine de l'électrique ne repose plus principalement sur la Renault 5 au style rétro ou sur des monospaces familiaux plus grands comme le Scénic.

Cela permet également à Renault de renforcer sa présence sur le segment d'entrée de gamme, où les constructeurs européens sont confrontés à une concurrence croissante de la part des marques chinoises.

Pour le groupe, la Twingo pourrait donc devenir à la fois un moteur important en termes de volume et un test permettant de déterminer si la production de petits véhicules électriques européens peut être rentable.

Moins flatteur en Belgique

La situation est nettement moins favorable en Belgique et au Luxembourg. Le marché Belux a reculé de 7,41 TP3T en juillet, même si les véhicules électriques à batterie (BEV) sont devenus, pour le deuxième mois consécutif, la première catégorie de motorisations avec une part de marché de 42,91 TP3T.

Les immatriculations de Renault ont néanmoins reculé de 28,11 TP3T, tandis que celles de Dacia ont chuté de 431 TP3T. Alpine a fait figure d'exception, avec une hausse de 16,31 TP3T, même si ses volumes sont nettement inférieurs.

Au bout de sept mois, Renault reste la sixième marque du Belux avec une part de marché de 5,91 TP3T, mais ses immatriculations ont reculé de 6,11 TP3T. Dacia détient une part de 5,11 TP3T et a enregistré une baisse de 26,41 TP3T.

Le contraste avec la France semble indiquer que la gamme électrique de Renault, de plus en plus compétitive, n'a pas encore suscité le même engouement sur le marché belge, dominé par les flottes, malgré une part de marché des véhicules entièrement électriques (BEV) encore plus élevée dans ce pays.

La Renault 5, la Scénic et désormais la Twingo prouvent que le groupe est capable d'attirer les acheteurs de voitures électriques. Ses résultats du premier semestre montrent toutefois que transformer ces immatriculations en bénéfices solides pour la branche automobile reste le plus difficile.

Les deux derniers paragraphes placent désormais la Twingo au cœur de la question de la rentabilité abordée dans l'article, au lieu de la considérer simplement comme un élément parmi d'autres du classement des ventes.

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