Zero rémunère ses nouveaux motards alors que la bataille des motos électriques s'intensifie en Europe

Zero Motorcycles offre jusqu'à 500 € aux motards européens qui viennent d'obtenir leur permis pour les inciter à opter pour un modèle électrique. Le constructeur américain cherche ainsi à élargir sa clientèle, alors même que la concurrence sur le marché des motos électriques commence à s'intensifier.

Dans le cadre de son programme d'incitation à la formation des motards « Rider Training Incentive » 2026, toute personne achetant une Zero dans les trois mois suivant l'obtention d'un permis moto de catégorie A1, A2 ou A peut bénéficier d'une remise de 500 € sur des modèles tels que les DSR/X, SR/F, S et DS. Les acheteurs du nouveau scooter urbain LS1 ou du modèle XE bénéficient quant à eux d’une remise de 250 €.

Disponible en Europe, mais pas aux États-Unis

Ce programme est disponible en Belgique, aux Pays-Bas, en Allemagne, en France, en Italie, en Espagne et sur plusieurs autres marchés européens, mais pas aux États-Unis.

Cette prime est modeste par rapport au prix d'une Zero de taille standard. C'est ce qui ressort clairement des tarifs pratiqués par Zero en Belgique. La nouvelle LS1 est proposée à partir d'environ 5 275 €, ce qui signifie que la prime de 250 € représente près de 5% du prix d'achat.

Les motos de grande cylindrée, quant à elles, constituent une autre catégorie. Le modèle 2026 S est proposé à partir d'environ 18 295 €, le modèle DS à partir de 19 330 €, tandis que le modèle SR/F coûte environ 23 630 € et le modèle DSR/X, destiné à l'aventure, 24 140 €.

Sur ces modèles, la prime de bienvenue de 500 € ne représente qu'environ 2 à 3 % du prix d'achat, ce qui en fait davantage un coup de pouce opportun qu'une incitation financière décisive.

Mais le moment choisi pour cette initiative est révélateur. Plutôt que d’essayer de convaincre les motards expérimentés de renoncer à l’essence, Zero cible les motards avant que leurs préférences en matière de marque et de type de motorisation ne soient bien ancrées.

Cette stratégie intervient alors que le marché des motos électriques commence enfin à se densifier. Pendant des années, Zero n'a pratiquement pas eu de concurrents directs sur le marché des motos à batterie de grande cylindrée.

Honda fait désormais son entrée sur ce segment avec le modèle WN7, Can-Am fait son retour avec les modèles électriques Pulse et Origin, tandis que LiveWire, filiale de Harley-Davidson, poursuit le développement de sa gamme S2. BMW s'est quant à elle imposée sur le segment des scooters électriques haut de gamme avec le modèle CE 04.

Pays-Bas : augmentation de 160%

Zero élargit également sa propre gamme. Le LS1, son premier scooter spécialement conçu pour la ville, revêt une importance particulière, car il permet à la marque d'accéder à un marché européen bien plus vaste que celui de ses motos haut de gamme traditionnelles.

Les Pays-Bas illustrent à quel point cela peut rapidement modifier la composition des ventes de Zero. Selon les chiffres d'immatriculation de la BOVAG et de la RAI, la marque a immatriculé 113 véhicules neufs au premier semestre 2026, contre 43 à la même période l'année dernière, soit une hausse de plus de 160 %.

Mais 69 de ces immatriculations concernaient des scooters LS1. Ce nouveau modèle représentait donc environ 60 % des ventes de Zero aux Pays-Bas, tandis que le modèle DSR/X, plus grand, totalisait 21 unités.

Zero représente encore moins de 1 % du marché néerlandais total de la moto, mais devance désormais nettement plusieurs de ses concurrents dans le secteur des motos électriques. Stark a enregistré 35 unités au premier semestre, Sur-Ron 11 et LiveWire 9.

Belgique : en quête d'une percée

La Belgique reste nettement plus difficile. Zero a immatriculé 39 motos au cours du premier semestre 2026, contre 27 un an plus tôt. La croissance est solide, mais les volumes restent infimes par rapport à l'ensemble du marché.

Dans l'ensemble, les motos et les scooters électriques peinent encore à s'imposer en Belgique. Au premier trimestre 2026, les modèles à essence représentaient plus de 96 % des immatriculations de motos et de scooters neufs, selon la FEBIAC, tandis que les modèles électriques restaient en deçà de 3 %.

Les incitations financières sont elles aussi limitées. En Flandre, l'exonération fiscale dont bénéficiaient depuis longtemps les motos électriques nouvellement immatriculées a pris fin en 2026. Une moto électrique neuve est désormais soumise à une taxe d'immatriculation de 61,50 € ainsi qu'à la taxe routière applicable aux motos classiques, qui s'élève actuellement à 75,90 € par an.

Les Pays-Bas n'accordent pas non plus de subvention nationale importante à l'achat, bien que les motos électriques bénéficient d'une taxe d'immatriculation BPM fixe relativement faible.

L'Italie, la plus généreuse

Ailleurs, les aides peuvent être bien plus généreuses. L'Italie continue d'offrir des primes à l'achat de plusieurs milliers d'euros pour les deux-roues électriques éligibles, notamment en cas de mise au rebut d'un ancien véhicule.

En raison de cette situation hétérogène, les aspects économiques liés au passage à une moto électrique varient considérablement d'un pays européen à l'autre.

L'Allemagne illustre particulièrement bien la position de Zero. En 2025, la marque était leader sur le marché national dans la catégorie des motos électriques et des motos électriques légères, avec 288 immatriculations et près de 12 % de part de marché. Cependant, cette catégorie reste encore peu développée.

Les trottinettes électriques génèrent déjà des volumes de vente nettement plus importants. À elle seule, la marque NIU a immatriculé plus d’un millier de trottinettes électriques en Allemagne l’année dernière, un chiffre bien supérieur aux ventes de motos de Zero. Cela explique en partie pourquoi la LS1 occupe désormais une place centrale dans la stratégie européenne de Zero.

L'entreprise mène donc une double bataille. Elle souhaite conserver son avance de pionnière sur le marché des motos électriques de grande cylindrée face à l'arrivée de Honda, Can-Am et d'autres concurrents, tout en s'appuyant sur le modèle LS1 pour pénétrer le marché des scooters urbains de plus grande taille.

Dans ce contexte, offrir 250 € ou 500 € aux nouveaux motards relève moins d’une réduction du prix d’achat que d’une stratégie de recrutement. Zero parie que le moment le plus propice pour convaincre quelqu’un de passer à l’électrique est avant qu’il n’achète sa première moto à essence.

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