L'aéroport de Bruxelles teste un tracteur électrique autonome pour le transport de fret

L'aéroport de Bruxelles teste actuellement, dans la zone de fret, un tracteur électrique autonome chargé de transporter des remorques de fret entre les entrepôts et le tarmac. Par le passé, l'aéroport de Bruxelles et De Lijn avaient déjà testé une navette autonome, et un projet est actuellement en cours concernant une navette électrique autonome destinée au transport du personnel de l'aéroport.

Toutefois, selon l'aéroport, il s'agit du premier essai pratique de transport autonome de marchandises – et donc spécifiquement destiné au fret – dans un aéroport belge.

L'objectif est d'évaluer dans quelle mesure les technologies autonomes peuvent contribuer à rendre certaines opérations de fret plus efficaces et plus durables.

Quatre itinéraires prédéfinis

Ce tracteur, un tracteur de remorquage autonome AT135 capable de transporter jusqu’à quatre remorques de fret à la fois, circule sur quatre itinéraires prédéfinis et combine la navigation par satellite à des capteurs laser pour surveiller son environnement et détecter les obstacles.

Navya Mobility a développé le logiciel et permet la navigation dans un environnement très fréquenté où circulent différents types de véhicules. Le véhicule est certifié CE conformément à la directive européenne relative aux machines.

Comme il s’agit d’un véhicule électrique, il ne génère aucune émission de CO₂ ni de particules sur le site même – un aspect important à prendre en compte dans une zone de fret où circulent traditionnellement de nombreux tracteurs diesel.

Navya Mobility

Ces essais sont menés en collaboration avec les opérateurs de fret WFS Cargo et Charlatte Autonom, une coentreprise réunissant la plateforme logistique de Charlatte Manutention – un constructeur français de camions et de véhicules aéroportuaires – et Navya Mobility, une entreprise spécialisée dans les technologies de conduite autonome basée à Villeurbanne, près de Lyon.

Elles se déroulent dans des conditions strictement contrôlées et en dehors des heures de pointe. Un opérateur qualifié est toujours présent à bord pour surveiller la situation et intervenir si nécessaire. En mode autonome, la vitesse est limitée à 12 km/h.

À travers ce projet pilote, les partenaires visent non seulement à évaluer la technologie, mais aussi à déterminer les conditions à remplir pour un éventuel déploiement à plus grande échelle.

Il convient toutefois de noter qu’après avoir été relancée à la suite d’une faillite, Navya Mobility est désormais majoritairement détenue par des actionnaires japonais et, de ce fait, se concentre davantage sur des projets liés aux navettes autonomes en Asie. L’entreprise fait toutefois toujours partie de cette coentreprise : ses projets seront présentés lors du salon GSE Expo Europe, qui se tiendra à Lisbonne en septembre.

Forte densité d'incidence

Avec un logiciel, vous connaissez précisément l'itinéraire, la vitesse et la durée de chaque trajet. Cela permet une planification plus précise. Avec des conducteurs humains, vous n'avez d'autre choix que de prévoir une marge de manœuvre pour tenir compte des imprévus.

Un autre avantage réside dans le fait qu’il est plus facile d’étendre le système à un plus grand nombre de véhicules sans avoir à former et à superviser un nombre proportionnellement plus important de personnes.

Il faut également se demander quelle sera l'ampleur de ce gain de temps, car un pilote humain roule plus vite. Cependant, la Flight Safety Foundation estime que 27 000 accidents sur les aires de trafic, y compris les opérations de chargement, les collisions avec des avions, etc., ainsi que des incidents, se produisent chaque année dans le monde ; cela représente environ un accident pour 1 000 vols.

Ces incidents entraînent environ 243 000 blessés chaque année. Le coût pour les grandes compagnies aériennes du monde entier est estimé à $10 milliards, voire plus, par an.

Une étude de l'IATA réalisée en 2016 a également révélé que les opérations liées aux équipements d’assistance au sol, tels que les tracteurs de remorquage, représentent 47% de l’ensemble des dommages causés aux avions au sol. Cela correspond à près de la moitié de tous les incidents de dommages, et c’est l’une des raisons pour lesquelles l’aéroport de Bruxelles et d’autres aéroports investissent dans ce domaine.

Projet Stargate

Le projet pilote mené à l'aéroport de Bruxelles s'inscrit dans le cadre du programme européen Stargate, qui vise à développer et à tester des solutions pour une aviation plus durable. L'aéroport de Bruxelles pilote ce projet, auquel collaborent 22 partenaires, dont l'aéroport international d'Athènes, l'aéroport de Budapest et l'aéroport de Toulouse-Blagnac, ainsi que plusieurs compagnies aériennes.

Le projet Stargate a bénéficié d'une subvention de 24,8 millions d'euros dans le cadre du Pacte vert pour l'Europe.

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