La Flandre souhaite créer entre 500 et 800 places de stationnement supplémentaires pour poids lourds le long de ses autoroutes au cours des dix prochaines années. Mais cet objectif est bien en deçà des besoins mis en évidence par ses propres études : il faudrait au moins 1 800 places supplémentaires d'ici cinq à dix ans.
Cet agrandissement s'inscrit dans le cadre du nouveau « Plan stratégique de réseau pour les aires de service », présenté mardi. Associé à la modernisation des 72 aires de repos autoroutières de la région, il représente plus de 100 millions d'euros d'investissements publics et privés, selon la ministre flamande de la Mobilité, Annick De Ridder.
Ce projet devrait rendre les aires de service plus sûres et plus agréables grâce à la mise en place d'infrastructures de recharge, d'installations sanitaires et d'équipements de loisirs.
Mais la question centrale reste de savoir si la création de 800 places supplémentaires permettra de pallier la pénurie de places de stationnement pour camions, que le Conseil flamand de la mobilité (MORA) qualifie déjà d“” aiguë et croissante ».”
Tous les 30 kilomètres
Il y a actuellement 2 886 places disponibles. C'est déjà 266 de plus qu'il y a cinq ans, mais la ministre de la Mobilité, Annick De Ridder, souhaite en ajouter entre 500 et 800 supplémentaires au cours des dix prochaines années.
L'objectif est de disposer d'une aire de repos tous les 30 kilomètres. Trois aires de repos autoroutières seront également aménagées dans les années à venir, notamment à Stekene (E34) et à Affligem (E40).
Il existe également trois zones de recherche actives pour la création de parkings supplémentaires. Ces zones de recherche se situent à Maldegem (E34), à Lichtervelde/Ruddervoorde (E403) et à Herentals (E313).
Une attention particulière est également accordée à la différenciation des services et à la répartition judicieuse des infrastructures de recharge et de ravitaillement. Les parkings réaménagés comprendront également des espaces dédiés aux loisirs et aux jeux, ainsi que des rigoles de drainage végétalisées riches en biodiversité.
Pénurie
La pénurie de places de stationnement pour les poids lourds est un problème urgent, car les chauffeurs routiers se plaignent de cette situation et, selon le Conseil flamand de la mobilité (MORA), le problème est “ grave et ne cesse de s'aggraver ”. Ces 500 à 800 places supplémentaires seront-elles donc suffisantes ?
L'étude flamande de 2022 intitulée ‘ Visie vrachtwagenparkeren ’ (Vision sur le stationnement des camions) estimait que, par rapport à 2022, la Flandre aurait besoin d’au moins 1 800 places supplémentaires d’ici cinq à dix ans, d’environ 3 600 d’ici 10 à 15 ans, et d’environ 5 600 d’ici 25 à 30 ans.
Les 500 à 800 places supplémentaires sur autoroute représentent une augmentation de 17 à 28% par rapport aux 2 886 places actuelles, mais, par rapport à l'exigence minimale fixée par la Flandre elle-même, à savoir 1 800 places supplémentaires au cours des 5 à 10 premières années, le programme autoroutier ne fournit qu'environ 28 à 44% de la capacité supplémentaire requise.
La demande est en hausse
En d’autres termes, même si ces 800 places étaient toutes mises en service, il faudrait encore trouver environ 1 000 places supplémentaires dans les ports, les zones industrielles, les aires de stationnement privées pour camions, les entreprises de transport ou d’autres lieux publics pour répondre au scénario minimal à court terme de l’étude.
Et la demande ne cesse d'augmenter. De plus, l'électrification entraîne de nouvelles exigences en matière de stationnement, car les camions électriques ont besoin d'emplacements pour rester garés pendant la recharge.
La pénurie de places de stationnement constitue également un grave problème de sécurité. En janvier 2026, une voiture a percuté un camion garé illégalement le long de la E19 à Sint-Job-in-‘t-Goor ; un rapport indiquait clairement que le camion se trouvait là parce que le parking voisin était complet.
Flandre
L'ambition de la Flandre de permettre à un chauffeur routier de trouver une aire de repos tous les 30 km semble impressionnante. Mais la distance entre les aires de stationnement et la capacité d'accueil disponible constituent un critère tout à fait différent. Disposer d'une aire de stationnement tous les 30 km ne sert pas à grand-chose si les trois suivantes sont déjà pleines à 21 h.
La Flandre promet donc 800 places supplémentaires pour les poids lourds, mais sa propre étude indique qu'il en faudrait au moins 1 800. Cela signifie que ces 800 places constituent une première tranche utile, mais pas une solution.
La question cruciale est de savoir si le reste des capacités promises verra le jour en dehors des aires de service autoroutières – ou si la Flandre sera encore en train de débattre, dans dix ans, de ce même déficit structurel de 7 000 places.
Problème européen
Ce problème touche également l'Europe. Une étude récente de la Commission estime que l'Union européenne compte aujourd'hui un déficit d'environ 390 000 places de stationnement pour camions, un chiffre qui pourrait atteindre 483 000 d'ici 2040. La Belgique, la France, l'Allemagne et les Pays-Bas figurent notamment parmi les pays que les chauffeurs considèrent comme les moins bien desservis.
Aux Pays-Bas, les aires de repos sur les autoroutes sont généralement espacées d'environ 20 km, mais elles sont prisées lorsque les camions s'y arrêtent pour passer la nuit ou se reposer le week-end.
Les autoroutes françaises en concession offrent déjà environ 33 000 places pour les poids lourdss, pourtant, la France reste l’un des pays que les conducteurs considèrent comme souffrant d’une grave pénurie.


