Le La CREG (Commission de régulation de l'électricité et du gaz), l'autorité fédérale de régulation de l'énergie, met en garde contre le fait que les nombreux projets prévus par Elia, le gestionnaire du réseau à haute tension, pour les années à venir entraîneront une hausse des tarifs d'électricité pour les ménages et les entreprises.
Ces projets comprennent, entre autres, l'« îlot énergétique », de nouvelles lignes à haute tension telles que Ventilus et Boucle du Hainaut, ou encore la nouvelle ligne à haute tension reliant la Belgique au Royaume-Uni (Nautilus).
Tarifs de raccordement au réseau
En tant que gestionnaire du réseau haute tension, Elia doit réaliser des investissements suffisants pour assurer l'entretien du réseau. Elle est notamment chargée d'acheminer vers la terre ferme l'énergie produite par les parcs éoliens situés au large de la côte flamande et de la distribuer vers l'intérieur des terres. Il en va de même pour l'énergie renouvelable produite à terre et injectée dans le réseau.
Elia est autorisée à répercuter les coûts qu'elle engage à cette fin sur les tarifs de réseau facturés aux clients particuliers et professionnels via leurs factures d'électricité. Toutefois, l'autorité fédérale de régulation de l'énergie (CREG) met en garde contre le fait que les investissements considérables prévus par Elia pourraient entraîner une forte hausse des tarifs du réseau.
Pour la période 2028-2031, la CREG prévoit une augmentation comprise entre 50% et 60%, et pour la période 2031-2038, une augmentation comprise entre 40% et 50%. Elia-même estime à titre provisoire les investissements nécessaires à la réalisation de ces projets (pour la période 2028-2038) à “ environ 24 milliards d'euros ”.
Électrification de l'économie
Elia souligne la nécessité de ces projets pour la société, en invoquant la croissance rapide de la demande en électricité des entreprises et des ménages. Après tout, le gestionnaire du réseau haute tension doit veiller à ce que la Belgique soit en mesure de répondre aux besoins des années et des décennies à venir.
Selon Elia, ces investissements sont indispensables à l’électrification de l’économie : pour développer les pompes à chaleur et les véhicules électriques, accroître la production d’énergie renouvelable et électrifier les processus industriels.
Pour un foyer flamand moyen, le tarif du réseau de distribution se situe actuellement entre 400 et 500 euros par an. D'ici un peu plus de dix ans, cette partie de la facture d'électricité pourrait donc passer à plus de 1 000 euros par foyer.
Mécanisme d'alerte
La CREG propose donc que l'autorisation ne soit accordée qu'aux projets déjà aboutis, et non à ceux qui en sont encore au stade de la conception. L'autorité de régulation préconise la transparence de la part du gestionnaire de réseau, compte tenu du coût de l'ensemble des projets, et pour un mécanisme d'alerte pour les cas où un projet dépasse de manière significative ses estimations de coûts ou ses délais de mise en œuvre.
Voka, l'organisation patronale flamande, met également en garde contre les problèmes d'accessibilité financière. “ Les tarifs du réseau de transport pour les entreprises auront pratiquement doublé d’ici le 1er janvier 2025, et de nouvelles hausses risquent d’exercer une pression supplémentaire sur la compétitivité de notre industrie. Nous demandons donc que tous les investissements dans le réseau – et le projet d”« îlot énergétique » en particulier – soient réalisés avec la retenue et la rentabilité qui s’imposent. »
Mais certains de ces projets sont indispensables. Par exemple, la CREG indique que le fait de ne pas mettre en œuvre le projet « Boucle du Hainaut » – l'extension du tracé Ventilus qui achemine l'électricité produite par les parcs éoliens de la mer du Nord vers l'intérieur des terres en passant par le territoire wallon – aurait des conséquences importantes sur la capacité d'accueil de nouveaux raccordements au réseau. Cette ligne à haute tension est essentielle pour acheminer vers l'intérieur des terres l'énergie éolienne offshore supplémentaire, intensifier les échanges d'électricité avec les pays voisins et éviter une aggravation de la congestion du réseau.


