D’Ieteren met 344 emplois en péril alors que les ventes de voitures traditionnelles perdent du terrain

D’Ieteren, le plus grand importateur automobile de Belgique, a annoncé une restructuration majeure qui pourrait menacer jusqu’à 344 emplois. L’importateur du groupe Volkswagen affirme que le modèle traditionnel, axé sur la vente de voitures neuves, ne correspond plus à la réalité du marché.

Le groupe coté en bourse souhaite recentrer davantage ses activités sur les services de mobilité et les relations clients à long terme.

D’Ieteren a présenté hier son plan de transformation stratégique au comité d'entreprise. L'annonce selon laquelle jusqu'à 344 emplois pourraient disparaître si ce plan était mis en œuvre tel quel a été un coup dur.

Une procédure d’information et de consultation a immédiatement été lancée en vertu de la loi Renault en vigueur en Belgique. Les suppressions d’emplois seront réparties entre les cols blancs et les cols bleus, ces derniers étant les plus touchés, avec un effectif estimé à 260 personnes.

Selon Denis Gorteman, PDG de D’Ieteren, quatre changements structurels ont été identifiés comme étant à l’origine de ce vaste programme de restructuration, qui pourrait concerner un salarié sur sept.

Le changement de modèle économique lié à l'électrification, qui réduit les revenus issus de la maintenance et des services tout en augmentant les coûts en raison des nouveaux investissements, en était la raison la plus évidente.

L'autre évolution prévisible a été le durcissement de la concurrence suite à l'arrivée de nouveaux acteurs chinois. Ceux-ci exercent une pression plus forte qu'auparavant sur les prix et, par conséquent, sur les marges.

Évolution des habitudes de déplacement

Mais M. Gorteman a également évoqué la rationalisation des processus de travail grâce à l'arrivée de l'intelligence artificielle et, de manière plus surprenante, le budget mobilité, qui deviendra obligatoire pour les entreprises de plus de 250 salariés en 2027. Il y voit la quintessence de l'évolution de nos comportements en matière de mobilité. 

En début de semaine, cependant, SD Worx a publié une enquête indiquant que le passage à un budget mobilité n'aura pas d'incidence sur la préférence des employeurs pour la voiture de fonction.

Ce marché des flottes, qui représente la majeure partie des modèles électriques vendus en Belgique, devrait rester une source de revenus pour D’Ieteren si les résultats de l’enquête se confirment.

Une plus grande diversification

Afin de retrouver une partie de la dynamique de ventes perdue (cette année, la part de marché du groupe est passée de 23,21 TP3T en 2025 à 21,61 TP3T), le groupe va poursuivre sa diversification.

Les projets de mobilité tels que Poppy ou Lucien bénéficieront d'un soutien financier accru et d'un meilleur service après-vente afin de pérenniser la relation client tout au long de son parcours automobile après l'achat. Parallèlement, les initiatives liées au marché de l'occasion sont également renforcées.

Ce dernier aborde la division actuelle du marché belge, où les ventes de voitures neuves ne cessent de reculer (-7,51 TP3T) tandis que le marché de l'occasion est en pleine croissance.

Les voitures électriques abordables n'étant toujours pas disponibles en grand nombre, les particuliers restent méfiants et hésitants à l'heure de l'achat. Ils conservent leurs véhicules plus longtemps et se tournent vers le marché de l'occasion pour trouver un modèle fiable à un prix plus avantageux. 

Mais alors que le secteur observe cette tendance en espérant sincèrement que ce changement atteindra un point de basculement, le plan de transformation de D’Ieteren anticipe clairement une évolution structurelle de nos habitudes en matière de mobilité.

L'époque dorée marquée par la hausse des ventes automobiles et les marges élevées est révolue. Le recul du marché depuis la pandémie de coronavirus semble désormais constituer une nouvelle réalité plutôt qu'un simple revers.  

Une ampleur inattendue

D’Ieteren prépare cette transition depuis plusieurs années et procède à des licenciements tous les deux ou trois ans depuis 2014. Mais cette fois-ci, le nombre de suppressions d’emplois est trois fois supérieur à celui des vagues précédentes. Selon le syndicat, les salariés sentaient que quelque chose allait se passer, mais personne ne s’attendait à des mesures d’une telle ampleur. 

Jean-Paul Sellekaerts, de l’ABVV-Metaal, a déclaré : “ On ne peut pas privatiser les bénéfices quand les affaires marchent bien, puis faire supporter aux travailleurs le coût de la restructuration lorsque le marché ralentit. ” La division automobile de D’Ieteren a réalisé l’année dernière un bénéfice de 215,3 millions d’euros, soit une baisse de près de 10% par rapport à 2024.

Le groupe n'exclut pas la fermeture de certaines entités (le centre d'essais de Kortenberg avait déjà été fermé lors d'une précédente vague de restructuration) et mettra fin à ses activités commerciales dans le secteur automobile à son siège de Bruxelles. Selon certaines rumeurs, sept concessions, réparties dans la région bruxelloise et à Anvers, seraient menacées de fermeture.

Par ailleurs, un centre de service Porsche situé à Wommelgem va fermer ses portes, tandis que la branche énergétique Go Solar, spécialisée dans l'installation de panneaux solaires et de batteries fixes, est en cours de liquidation.

D’Ieteren Automotive importe en Belgique les marques du groupe Volkswagen : Volkswagen, Audi, Škoda, Seat, Cupra, Porsche et Volkswagen Véhicules Utilitaires.

Il s'agit du plus grand importateur de voitures du pays, mais l'année dernière, le groupe Van Mossel lui a ravé sa place de premier vendeur de voitures. Au total, le groupe emploie actuellement 2 644 personnes.

Vous aimerez peut-être aussi

Créez un compte gratuit ou connectez-vous.

Accédez à la lecture de cet article, ainsi qu'à un nombre limité de contenus gratuits.

Oui, je souhaite recevoir les nouveaux contenus et les mises à jour.