Selon un rapport du Conseil international pour les transports propres (ICCT), la rentabilité des véhicules électriques à batterie est désormais positive dans une grande partie de l'Europe. Cette transition s'explique principalement par la baisse des prix des batteries. Alors que le marché pétrolier subit une pression croissante, l'écart de coût par rapport aux moteurs à combustion devrait encore se creuser.
L'idée selon laquelle les voitures électriques resteraient un marché de niche, accessible uniquement aux employés bénéficiant d'avantages sociaux ou aux particuliers les plus aisés, est en train de changer progressivement. Le prix d'achat réel des véhicules électriques à batterie a considérablement baissé au cours des cinq dernières années, tandis que les véhicules électriques actuels offrent une autonomie plus importante et de meilleures performances. Sur la même période, les voitures à moteur thermique ont légèrement augmenté de prix.
Ces conclusions, issues du rapport annuel « EV Transition Check » de l'ICCT, indiquent que le marché a franchi un seuil important.
Le dividende des batteries
Le principal facteur à l'origine de cette évolution est la chute des coûts des batteries. À l'échelle mondiale, le prix des cellules qui composent un pack de batterie pour véhicule électrique a baissé d'environ 35 % en termes réels au cours des cinq dernières années.
Cette baisse commence enfin à se répercuter sur le prix affiché, même si cela se fait lentement. Peter Mock, qui dirige les activités européennes de l’ICCT, souligne que les constructeurs automobiles n’ont pas encore répercuté l’intégralité des économies réalisées sur les acheteurs. Dans les années à venir, il devrait encore y avoir de la marge pour de nouvelles baisses de prix.
Cet effet est visible dans les salles d'exposition. Le nombre de modèles à batterie disponibles a quadruplé, tandis que l'offre de véhicules à moteur thermique diminue. Dans l'ensemble de l'Union européenne, on compte désormais environ 35 modèles à batterie dont le prix est inférieur à 30 000 €, alors qu'il n'y en avait pratiquement aucun il y a quelques années.
Dans les segments moyen, moyen-supérieur et haut de gamme, les véhicules électriques ont déjà atteint la parité de prix d'achat avec leurs équivalents à essence. Il en va encore autrement dans le bas de gamme, mais l'écart se réduit.
Le déficit en carburant
C'est à la pompe que la comparaison commence véritablement à désavantager les moteurs à combustion. L'ICCT estime qu'en 2025, rouler en voiture électrique coûtera 33 % moins cher en énergie que d'utiliser un véhicule à essence équivalent, même pour les propriétaires qui répartissent leurs recharges entre une installation domestique moins coûteuse et des bornes de recharge publiques plus onéreuses.
Même en s'appuyant exclusivement sur les infrastructures publiques, le véhicule électrique conserve une avance d'environ 5 %. Compte tenu de la situation actuelle des cours du pétrole, où la guerre en Iran étouffe le marché, cet avantage n'a pu que s'accentuer depuis la collecte de ces données.
Le PHEV est le grand perdant
L'étude quantifie également les économies d'énergie réalisées. Dans l'ensemble, l'UE évite déjà de dépenser environ 4,5 milliards d'euros par an en importations de combustibles fossiles, simplement grâce aux voitures électriques déjà en circulation.
S'il y a un perdant dans le rapport de l'ICCT, c'est bien l'hybride rechargeable. L'étude révèle que les émissions réelles de CO₂ des véhicules hybrides rechargeables (PHEV) sont 4,6 fois supérieures aux valeurs officielles déclarées lors de la réception par type, et que cet écart ne cesse de se creuser malgré une autonomie électrique en hausse.
Cela signifie que de nombreux hybrides rechargeables consomment de l'essence pendant la majeure partie de leur parcours, ce qui en fait une technologie de transition bien moins efficace que ne le pensaient autrefois les décideurs politiques et l'industrie automobile.
La Belgique, avec 36 %
Le secteur manufacturier européen s'adapte à cette évolution. En 2025, les voitures électriques représentaient 19 % de la production de voitures particulières de l'UE, contre 5 % en 2020. La part des véhicules à moteur thermique dans les usines européennes est passée de 91 % à 72 % au cours de la même période.
Le réseau public de recharge a été multiplié par près de huit depuis 2020, pour atteindre 1,16 million de bornes en juin 2026, et 92 % du réseau autoroutier principal est désormais desservi par une borne de recharge en courant continu d'une puissance de 150 kW ou plus. Pourtant, 55 % de l'ensemble des bornes de recharge publiques sont concentrées dans seulement trois pays : les Pays-Bas, l'Allemagne et la France.
Les voitures électriques ont représenté 22 % des immatriculations de voitures particulières neuves dans l'Union européenne au cours du premier semestre 2026, la Belgique affichant un taux de 36 %, juste derrière le Danemark (80 %). La France s'établit à 28 % et l'Allemagne à 26 %.


