La nouvelle Dacia Spring, à 17 900 €, ramène le prix des véhicules électriques au niveau de celui de la Sandero

Dacia a officiellement dévoilé la Spring de deuxième génération, et le changement le plus notable ne réside pas dans son design plus robuste ni dans son autonomie légèrement supérieure. La voiture électrique la moins chère d'Europe n'est plus un modèle chinois importé à bas prix.

La nouvelle Spring sera construite dans l'usine du groupe Renault à Novo Mesto, en Slovénie, et son prix de départ en Europe devrait s'élever à 17 900 €. Les tarifs pour la Belgique n'ont pas encore été annoncés, mais Dacia Belux promet que toutes les versions resteront en dessous de 20 000 €.

Cela en fait non seulement un concurrent des autres véhicules électriques d'entrée de gamme, mais aussi, potentiellement, celui du best-seller à essence de Dacia, la Sandero.

Par rapport au modèle sortant, presque tout change. La nouvelle Spring repose sur la petite plateforme électrique RGEV du groupe Renault et passe d’une longueur d’environ 3,70 à 3,85 mètres, tandis que sa largeur augmente de 18 cm pour atteindre 1,72 mètre. Elle conserve ses quatre places, mais Dacia affirme qu’elle offre l’un des habitacles les plus spacieux du segment A électrique.

La capacité du coffre passe de 308 à 337 litres, voire 1 283 litres lorsque la banquette arrière rabattable 50/50 est repliée, et un coffre avant optionnel de 18 litres offre un espace pratique pour ranger les câbles de recharge. Le véhicule dispose également de trois points de fixation « YouClip » de série pour les accessoires.

Une voiture plus imposante, mais aussi plus lourde

La configuration mécanique reste délibérément sobre. On trouve désormais un seul moteur de 60 kW (80 ch) et 175 Nm, suffisant pour passer de 0 à 100 km/h en 12,1 secondes et atteindre une vitesse maximale de 130 km/h. Une batterie LFP d'une capacité utile de 27,5 kWh offre une autonomie WLTP pouvant atteindre 250 km.

La Spring sortante venait tout juste d’être équipée d’une batterie LFP de 24,3 kWh et de deux moteurs développant 70 ou 100 hp, offrant une autonomie pouvant atteindre 225 km.

L'ancienne version de 100 hp était donc en réalité plus puissante, mais Dacia estime que 80 hp suffisent pour l'utilisation urbaine et périurbaine prévue de ce véhicule.

C'est la voiture elle-même qui a connu les changements les plus profonds. Son poids passe d'environ une tonne à au moins 1 212 kg, ce qui s'explique par ses dimensions plus importantes, sa nouvelle plateforme et ses équipements supplémentaires. Malgré cela, Dacia annonce une consommation de seulement 12,7 kWh/100 km.

En version standard, la recharge reste volontairement basique. Les modèles Expression et Journey sont tous deux équipés d'un chargeur CA de 6,6 kW. Avec une borne murale de 7 kW, la recharge de 15 à 80% prend 2 heures et 55 minutes.

Un pack de recharge rapide en option porte la puissance de recharge CA à 11 kW et ajoute une recharge CC de 50 kW, permettant une recharge rapide du modèle 15-80% en 28 minutes. Le modèle Spring sortant offrait une recharge CA de 7 kW et une recharge CC de 40 kW en option.

Le pack de recharge rapide inclut également la fonction V2L, qui permet à la Spring d'alimenter des équipements tels qu'une batterie de vélo électrique, des lampes ou une machine à café.

Qu'est-ce que ça donne concrètement ?

La gamme a été simplifiée : les trois versions ont été réduites à deux, « Expression » et « Journey », toutes deux équipées de la même batterie et d'un moteur de 80 hp.

Même la nouvelle Expression est équipée d’un tableau de bord numérique configurable de 7 pouces, d’un frein de stationnement électrique, de capteurs de stationnement arrière, d’un volant et d’un siège conducteur réglables, ainsi que du système Media Control de Dacia. Ce dernier utilise le smartphone du conducteur comme interface multimédia principale, grâce à un support dédié et à des commandes au volant.

La Journey se démarque nettement de l'image de modèle bon marché traditionnellement associée à la gamme Spring. Elle est équipée d'une carte-clé sans contact, d'une caméra de recul et du système Media Nav Live avec écran tactile de 10,1 pouces, ainsi que des fonctionnalités sans fil Apple CarPlay et Android Auto.

La navigation connectée, avec informations trafic en temps réel et cartes européennes, est incluse pendant huit ans, tout comme la programmation à distance de la recharge, la préclimatisation de l'habitacle et les fonctions de localisation du véhicule. Les jantes mesurent 15 ou 16 pouces selon la version.

À titre de comparaison, la Belgian Spring sortante était proposée à partir de 16 990 € pour la version Essential Electric 70 et allait jusqu’à 19 690 € pour la version Extreme Electric 100.

La version Essential était déjà équipée d'un tableau de bord numérique de 7 pouces, mais celui-ci était manifestement basique. La climatisation était de série à partir de la finition Expression, tandis que l'écran multimédia de 10 pouces, ainsi que les vitres arrière et les rétroviseurs à commande électrique, étaient des équipements propres à la version haut de gamme Extreme.

Ainsi, même si le prix de base de ce nouveau modèle est légèrement plus élevé, il semble offrir un rapport qualité-prix nettement plus intéressant : plus d’espace, une meilleure position de conduite, des systèmes de sécurité plus sophistiqués, une batterie et un coffre plus spacieux, une recharge CA plus rapide en option, ainsi que des fonctionnalités connectées modernes.

La petite sœur moins chère de la Twingo

Sous le capot, la Spring s’apparente étroitement à la nouvelle Twingo E-Tech électrique de Renault. Ce modèle Renault associe lui aussi un moteur de 60 kW à une batterie LFP de 27,5 kWh, mais affiche une autonomie d’environ 263 km selon le cycle WLTP et est proposé à partir de 19 500 € en Belgique.

Renault justifie ce surcoût par un équipement plus complet et une plus grande polyvalence, notamment grâce à des sièges arrière coulissants individuellement et à des systèmes d'infodivertissement et d'aide à la conduite plus sophistiqués.

Ces deux modèles ne sont donc pas aussi directement concurrents qu'il n'y paraît à première vue. Le groupe Renault peut s'appuyer sur la même technologie de petits véhicules électriques et sur la même base industrielle européenne pour couvrir deux gammes de prix : la Spring mise sur la simplicité, tandis que la Twingo apporte un plus en matière de design, de connectivité et de modularité.

La concurrence dans la tranche de prix inférieure à 22 000 € s'intensifie. La Geely E2 fait son entrée sur le marché belge à 19 490 €, avec une batterie plus puissante de 35 kWh et une autonomie WLTP de 252 km. La Dolphin Surf de BYD et la ë-C3 de Citroën, plus spacieuse, se situent également entre 20 000 et 21 000 €, selon les offres.

C'est pourquoi le prix final de la Dacia en Belgique revêt une importance cruciale. À environ 18 000 €, la Spring se démarque nettement de ses concurrentes. À environ 20 000 €, certaines concurrentes offrent une autonomie, un espace ou des performances de recharge nettement supérieures.

Une réussite, mais une situation précaire

Le Spring sortant est loin d'être un échec. Plus de 210 000 exemplaires ont été vendus dans plus de quarante pays depuis 2021. Mais son historique de ventes explique également pourquoi le groupe Renault a dû le repenser.

Les ventes ont chuté de 631 TP3T pour s’établir à 22 884 unités en 2024, suite à la réduction des aides à l’achat, puis ont rebondi de 531 TP3T pour atteindre 35 034 unités en 2025, année où la Spring est devenue le véhicule électrique du segment A le plus vendu en Europe, tous canaux de distribution confondus.

Le transfert de la production de la Chine vers la Slovénie revêt donc une grande importance. L’ancienne Spring s’est retrouvée soumise aux droits de douane de l’UE sur les véhicules électriques fabriqués en Chine et a perdu son éligibilité à la prime française en faveur des véhicules électriques, accordée pour des raisons environnementales. Le nouveau modèle peut quant à lui bénéficier d’une production européenne tout en partageant les économies d’échelle en matière de développement et de fabrication avec la Twingo.

Il s'agit également du premier des quatre véhicules électriques que Dacia prévoit de commercialiser d'ici 2030 ; son développement a été mené à bien en moins de 16 mois, ce qui illustre la volonté du groupe Renault d'adopter le rythme de développement chinois sans pour autant devoir importer le véhicule fini depuis la Chine.

Peut-il faire mieux qu'une Sandero en termes de coût total de possession ?

Le concurrent le plus intéressant n'est peut-être pas du tout un autre véhicule électrique. En Belgique, une Sandero Essential TCe 100 est actuellement proposée à partir de 13 990 €, soit près de 4 000 € de moins que le prix d'entrée sur le marché européen de la nouvelle Spring, qui s'élèverait à 17 900 €. Mais sur cinq ans, cet avantage en termes de prix d'achat peut s'estomper.

Nouvelle Dacia Spring face à la Sandero : illustration réalisée à l'aide de l'IA à partir d'images officielles des véhicules / Dacia

Prenons l'exemple d'un particulier flamand parcourant 75 000 km en cinq ans. Supposons que la Spring consomme environ 14 kWh/100 km sur le réseau, pertes de recharge comprises, et qu'elle soit principalement rechargée à domicile à un tarif de 0,30 €/kWh. Le coût de l'électricité s'élève alors à environ 3 150 € sur l'ensemble de la période.

La Sandero affiche une consommation officielle de 5,3 l/100 km. Même en supposant que le prix de l'essence revienne du maximum belge actuel de 2,058 €/l à une moyenne à long terme plus modérée de 1,80 €/l, la facture de carburant s'élèverait à environ 7 155 €, soit 4 000 € de plus qu'au printemps.

Une estimation plus globale du coût total de possession (TCO) renforce l'argument en faveur des véhicules électriques. En partant d'une hypothèse délibérément prudente concernant la valeur résiduelle sur cinq ans, fixée à 45% pour la Spring contre 50% pour la Sandero.

Si l'on ajoute les coûts d'entretien réduits de la voiture électrique (environ 20%), des frais d'assurance et de pneus similaires, ainsi que les taxes routières et la vignette flamandes prévues pour 2027, le coût total de la Spring s'élève à environ 19 500 € sur cinq ans. Celui de la Sandero atteint quant à lui environ 21 350 €.

Cela équivaut à environ 325 € par mois contre 356 €, soit 0,26 € par kilomètre contre 0,28 €. Au prix actuel de l'essence, soit 2,058 € le litre, le coût total de possession (TCO) de la Sandero sur cinq ans s'élève à environ 22 400 €, ce qui porte l'avantage de la Spring à près de 2 900 €.

Qu'en est-il de l'amortissement ?

La dépréciation reste la plus grande inconnue. La nouvelle Spring n’a pas encore d’historique sur le marché de l’occasion, mais selon ce calcul, sa valeur résiduelle pourrait chuter à environ 351 TP3T seulement au bout de cinq ans, avant que la Sandero à l’essence (1,80 €/l) ne la rattrape.

La recharge à domicile revêt une importance tout aussi grande. Au prix de 0,55 €/kWh sur les bornes publiques, la facture d’électricité de la Spring augmente de plus de 2 600 €, ce qui annule en grande partie son avantage. Dacia précise toutefois que 75% des propriétaires actuels de Spring rechargent leur véhicule à domicile et ne parcourent en moyenne que 34 km par jour. C'est pratiquement le profil idéal pour un véhicule électrique à petite batterie.

Il existe un modèle Dacia que Spring peine particulièrement à surpasser : la Sandero Eco-G fonctionnant au GPL. Le prix du GPL s'élevant actuellement à environ 0,87 €/l en Belgique, ses coûts de carburant sont nettement inférieurs à ceux de la version essence TCe, ce qui rapproche remarquablement son coût total de possession de celui du véhicule électrique.

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