La marque suédoise de véhicules électriques Polestar a dévoilé un premier aperçu de ce à quoi ressembleront les nouveaux modèles 2 et 7. La publication de ces images est-elle destinée à faire oublier les mauvaises nouvelles qui ont accompagné la dernière publication de son bilan ?
Polestar, filiale de Geely, a dévoilé son étude de conception « Formula 2030 » à son siège de Göteborg. Cette présentation à huis clos devrait donner aux investisseurs, aux partenaires commerciaux et à une poignée de clients VIP un aperçu de ce à quoi ressemblera le prochain chapitre en matière de design.
Effort d'amortissement
Ce chapitre n'est pas sans importance pour une marque dont le premier PDG était un designer – Thomas Ingenlath – et qui peut compter sur l'esthétique comme argument de vente de poids.
Mais il est difficile de ne pas y voir une tentative de minimisation, alors que l'entreprise vient de publier des chiffres d'affaires décevants pour le premier semestre.
Même si le public devra attendre la fin de l'année pour découvrir le projet dans son intégralité, le directeur du design, Philipp Römers, décrit la Formule 2030 comme une “ évolution audacieuse ”. Il ne s'agira pas d'une révolution, ce qui semble tout à fait logique pour une marque encore jeune qui doit sans cesse travailler à se faire connaître.
Une identité de marque forte
Ainsi, le concept conserve les phares « Dual Blade » emblématiques et les lignes épurées typiquement scandinaves, mais le jeu d'ombres sur la photo montre comment celles-ci s'étirent pour adopter des proportions plus affirmées.
Même si l'année 2030 marque clairement la fin de la décennie comme horizon pour ce projet, nous verrons déjà les premiers résultats sur la prochaine Polestar 2, prévue pour 2027, ainsi que sur la Polestar 7, prévue pour 2028.
Selon Römers, l'identité de la marque est déjà suffisamment forte pour qu'elle n'ait pas besoin d'être réinventée, mais seulement affinée. Ce concept-car marque également le début d'une démarche plus large en faveur de l'utilisation de nouveaux matériaux et du développement durable dans l'habitacle.
Pire que prévu
Pour Polestar, c'est le moment idéal pour changer de sujet. La marque vient de publier ses résultats financiers du premier semestre 2026, qui s'avèrent moins bons que prévu.
Le chiffre d'affaires des six premiers mois a reculé de 4% pour s'établir à $1,36 milliard. Toutefois, le chiffre d'affaires du deuxième trimestre a chuté de deux fois plus en pourcentage (8%) pour atteindre $727 millions. La société a enregistré une perte nette de $459 millions pour le trimestre.
Le PDG Lohscheller a souligné que la perte d'exploitation s'était réduite de 43% par rapport à la même période de l'année dernière, mais que cette amélioration avait été annulée par une charge de $211 millions liée à la restructuration de ses activités aux États-Unis.
Exemption refusée
Heureusement, les chiffres de vente présentent une image légèrement plus positive. Polestar a écoulé un nombre record de 30 423 voitures depuis le début de l’année, les livraisons du deuxième trimestre ayant bondi de 39% par rapport à la même période de l’année précédente pour atteindre environ 17 296 véhicules. La stratégie consistant à revenir dans les concessions pour conquérir de nouveaux clients, en collaboration avec Volvo, semble porter ses fruits.
L'entreprise a toutefois revu à la baisse son objectif de croissance en volume pour 2026 (initialement compris entre 30 et 35%, ramené à un taux à un chiffre), ce qui n'a pas été du goût des investisseurs. Ceux-ci ont fait chuter le cours de l'action de pas moins de 27% après la publication des résultats.
Ces résultats, plus mauvais que prévu, sont dus au fait que Polestar n'a pas réussi à obtenir une dérogation au titre de la réglementation américaine sur les véhicules connectés.
L'entreprise n'est désormais plus autorisée à importer ni à vendre ses véhicules, car ses composants matériels et logiciels sont d'origine chinoise. Le deuxième plus grand marché automobile au monde est désormais fermé à Polestar.
Pour le dernier semestre, la marque mise sur le succès de ses SUV 5 et 4, dont les ventes reposent désormais très fortement sur l'Europe et l'Asie. Espérons que la « Formule 2030 » soit également le signe que la société mère, Geely, lui reste fidèle au moins jusqu'en 2030.


