Geely prévoit de concurrencer BYD en Europe grâce à des chargeurs d'une puissance de 1 800 kW

Après BYD, Geely se lance dans la course à la recharge ultra-rapide. L'entreprise affirme tester actuellement en Chine des véhicules capables de se recharger en cinq minutes sur des bornes de 1 800 kW. L'Europe est également dans son viseur.

Tesla a autrefois bâti un empire en vendant des voitures électriques accompagnées des bornes de recharge nécessaires à leur alimentation, ce qui lui a permis, dès le départ, de réduire au minimum les temps d'immobilisation. Aucune autre marque occidentale n'a réussi à reproduire correctement cette stratégie. Mais les constructeurs chinois de véhicules électriques ont décidé de la surpasser largement en misant sur la recharge en mégawatts.

Pour 300 kW supplémentaires

En Chine, cela fait déjà un certain temps qu'on procède ainsi, mais la production maximale ne cesse d'augmenter. BYD a amplifié cette tendance avec son le réseau dit de « recharge rapide » (1 500 kW). La marque a déjà franchi la barre des 10 000 bornes à haute puissance le mois dernier et se dirige à grands pas vers les 20 000 d'ici la fin de l'année. En ce qui concerne l’Europe, le constructeur automobile envisage un objectif initial de 3 000 bornes, mais seules quelques installations pilotes sont actuellement en service au Royaume-Uni et en Allemagne.

L'objectif, en revanche, reste bel et bien d'actualité. Geely vient aujourd'hui confirmer l'essor de la recharge en mégawatts pour les voitures particulières. La marque, qui vient tout juste de faire ses débuts en Europe avec le modèle E2, exploite en Chine des bornes de recharge haute puissance d’une puissance de 1 800 kW, soit 300 kW de plus que BYD. Les temps de recharge sont plus ou moins comparables : 60% de la batterie peuvent être rechargés en cinq minutes.

Configurations similaires

Bien sûr, il faut une voiture capable de supporter ces puissances extrêmes. Mais les Chinois en sont capables. La Denza 7GT, également disponible en Belgique, peut atteindre ce seuil de 1,5 MW. Dans le cadre d’une tentative de record, une Lynk & Co 10 du groupe Geely est passée de 10 à 70 % en 4 minutes et 22 secondes grâce à la batterie « Golden Brick » de la marque, alimentée par un réseau de 900 volts. Pour les curieux : à 97 %, cette batterie délivrait encore plus de 300 kW.

Les chiffres fournis par Lynk&Co ont été enregistrés sur une borne de recharge d’une puissance d’un mégawatt fournie par ZeekR Power, la filiale énergétique de Geely. Celle-ci est équipée de câbles à refroidissement liquide et offre une puissance de 1 300 kW. Mais l’entreprise a déjà dépassé ce record avec des bornes d’une puissance de 1 800 kW.

Les stations de BYD et de Geely fonctionnent selon un principe similaire. Le réseau électrique ne pouvant pas fournir directement une puissance aussi élevée à chaque voiture, chaque site stocke l’énergie dans des batteries sur place et la transfère au véhicule à la vitesse maximale. Des batteries tampons stockent l’énergie requise et compensent les fluctuations. C’est le même principe que celui utilisé dans les projets pilotes européens de camions MCS, à la différence que BYD et Geely l’appliquent aux voitures particulières. Et en ce qui concerne la Chine : dans la réalité.

Malle en tête

C'est à cet endroit que les pilotes belges s'approchent le plus de la vitesse « mégawatt » : La centrale d'Electra de 1 000 kW à Malle, qui a permis de recharger une Xpeng G9 à 80 % en 12,5 minutes. C'est impressionnant selon les normes européennes, même si ce temps est environ trois fois plus long que celui atteint par le « Golden Brick » de Geely en Chine.

Geely proposera-t-elle cette technologie en Europe, à l’instar de son concurrent BYD ? Le PDG britannique de Geely, Michael Yang, a déclaré à Autocar : “ Nous sommes ambitieux, mais nous devons également adopter une approche plus pragmatique (…) qu’en Chine, car le contexte est très différent. Dans un premier temps, notre objectif est de permettre au plus grand nombre possible de personnes d’accéder à la recharge grâce à un chargeur mural à domicile. Ensuite, nous nous efforcerons de commercialiser des voitures capables de se recharger à très grande vitesse, ce qui nous obligera à importer ici des chargeurs d’une puissance très élevée en kilowatts. ”

Une forte majoration de prix ?

Geely souhaite donc introduire la recharge en mégawatts en Europe, mais va prendre son mal en patience. Tout en conservant son avance, on ignore à quel rythme BYD sera en mesure de déployer son réseau sur le continent. Ici, la technologie se heurte à un mur de contraintes liées aux permis de construire et aux infrastructures. Il est plus facile de remporter la course à la recharge là où le réseau électrique est contrôlé par l’État et où les autorisations sont accordées rapidement, comme en Chine.

Enfin, le bilan économique pourrait ne pas justifier ce gain de confort supplémentaire. Les clients seront-ils prêts à payer un surcoût considérable, avec des tarifs pouvant être jusqu’à quatre fois plus élevés que ceux des chargeurs haute puissance actuels, pour gagner dix minutes sur leur temps d’attente ? Cette course pourrait relever davantage du prestige que des avantages pratiques.

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