Le week-end dernier, un grave incident d’agression s’est produit à la gare d’Anvers-Berchem à l’encontre d’un contrôleur travaillant pour la société flamande de transports publics De Lijn. Malheureusement, il ne s'agit pas d'un cas isolé, puisque les chiffres publiés par le journal *Het Laatste Nieuws* montrent que *De Lijn* a recensé 226 incidents violents à l'encontre de contrôleurs l'année dernière. Cela représente une augmentation frappante par rapport aux 186 incidents enregistrés l'année précédente et aux 166 cas recensés en 2023.
Une autre conséquence est que les contrôleurs de De Lijn ont été collectivement absents pendant un total record de 1 750 jours l'année dernière en raison d'incidents d'agression. La direction de De Lijn a depuis formulé plusieurs propositions pour répondre aux préoccupations en matière de sécurité.
1 750 jours d'absence
L'année dernière, les 239 contrôleurs de De Lijn ont été confrontés à 226 incidents violents. Parmi ceux-ci, on dénombre 128 cas d'agression physique et 98 cas d'agression verbale.
En raison de cette forte augmentation des incidents liés à des actes d'agression sur le lieu de travail, les inspecteurs sont également plus souvent absents : 1 750 jours en 2025, soit le chiffre le plus élevé depuis que ces données sont centralisées, en 2019. En 2024, par exemple, on comptait 494 jours d'absence.
Des objectifs financiers ambitieux
Depuis l'incident survenu lors d'un contrôle des titres de transport à la gare d'Anvers-Berchem, De Lijn a formulé plusieurs propositions visant à répondre aux préoccupations en matière de sécurité.
Par exemple, l'entreprise prévoit de faire passer l'équipe de l'équipe de fin de service de 2 à 3 inspecteurs, et une formation supplémentaire à l'autocontrôle est à l'étude. Tous les bus seront de toute façon équipés d’un système de vidéosurveillance : en juin de cette année, 91% des véhicules étaient déjà équipés de caméras. Des caméras corporelles sont également en cours de déploiement à titre de mesure de sécurité supplémentaire. Il est prévu de commencer à les utiliser début 2027, une fois que la réglementation fédérale sera en vigueur.
Outre le manque de personnel chargé des contrôles de titres de transport, les syndicats critiquent également les objectifs financiers élevés. Selon eux, le gouvernement flamand attend de De Lijn qu’elle perçoive 30 millions d’euros grâce aux contrôles de titres de transport. Entre janvier et novembre 2025, De Lijn a contrôlé 2,65 millions de passagers, soit une augmentation de 18% par rapport à la même période de l'année précédente. Cela s’est traduit par près de 93 500 contraventions (+20%), pour un montant total de 15,2 millions d’euros d’amendes infligées.
Depuis 2023, De Lijn met en œuvre un plan en 10 points comprenant notamment : l’installation de cabines de conduite fermées dans tous les bus, le recrutement de contrôleurs supplémentaires, des formations complémentaires, le port de caméras corporelles, la vidéosurveillance et la coopération avec la police afin d’accélérer les poursuites à l’encontre des contrevenants. Néanmoins, les chiffres continuent d’augmenter, ce qui a conduit la NMBS/SNCB, De Lijn, la MIVB/STIB et LETEC à lancer conjointement une nouvelle campagne “ Respect ” l’année dernière.


