Toyota souhaite réduire le nombre de pièces de 76% afin d'accroître sa rentabilité

La concurrence acharnée qui règne dans le secteur automobile, où les marques chinoises tentent de s'imposer avec détermination sur le reste du monde, oblige les marques traditionnelles à revoir leurs stratégies. Le nouveau PDG de Toyota, Kenta Kon, pense avoir trouvé une partie de la solution : réduire le nombre de pièces.

Kon, qui a remplacé Koji Sato au début de cette année, souhaite réduire les coûts de production afin d'améliorer la rentabilité de Toyota sans que cela n'ait d'incidence sur les clients.

Son prédécesseur avait déjà plaidé en faveur d'une coopération accrue entre les marques japonaises, notamment par le partage de composants au-delà des partenaires actuels du groupe Toyota, à savoir Daihatsu et Subaru. Mais M. Kon s'inspire désormais des constructeurs chinois et des marques non traditionnelles telles que Tesla.

Simplifier la production

M. Kon a déclaré à Autonews qu’il souhaitait réduire considérablement le nombre de pièces utilisées par Toyota. Toutefois, le PDG de Toyota ne souhaite pas aller aussi loin que le mythe selon lequel “ peu importe la couleur, tant que c’est noir ” qui entoure le modèle T de Ford.

Il ne souhaite pas limiter le choix, mais plutôt réduire le nombre de composants invisibles pour les clients ou qui ne présentent aucun intérêt pour eux.

On peut citer, à titre d'exemple, les différents types de tissus utilisés pour les côtés et l'arrière des sièges de voiture, qui ajoutent à la complexité mais n'ont pas beaucoup d'impact sur le client.

Automotive News fait également état d'une réduction de 50% du nombre de pièces des rétroviseurs latéraux, tandis que le nombre de variantes de poignées de porte pour le RAV4 aurait été réduit d'un tiers.

Les marques chinoises ouvrent la voie

C'est une approche que les constructeurs chinois ont adoptée bien plus tôt, avec une plus grande uniformisation entre les modèles et les versions. Et c'est justement la concurrence chinoise qui oblige Toyota à tout repenser.

Un nombre réduit de pièces et des volumes plus importants pour chaque type de pièce, plutôt qu'une plus grande diversité, permettent de réduire les coûts de production. Cela signifie donc que Toyota devra produire moins de voitures pour atteindre le seuil de rentabilité.

Vu sous cet angle, Toyota pourrait bien se préparer à voir les marques chinoises lui ravir une partie de ses parts de marché.

En 2025, Toyota est restée le leader mondial avec 11,3 millions de véhicules vendus (10% de plus qu'en 2024). Mais les ventes des constructeurs chinois tels que BYD et Geely ont progressé, ces derniers devançant Toyota sur le segment des véhicules électriques.

Des fournisseurs déjà sur la bonne voie

Concrètement, Toyota Boshoku, l’un des principaux fournisseurs de Toyota, a déjà commencé à simplifier sa gamme de pièces afin de presque doubler la marge bénéficiaire de l’entreprise d’ici 2030. Son plan « RPT33 » prévoit une réduction de 33 % du nombre de pièces.

L'un des meilleurs exemples est la production des appuie-tête de Toyota Boshoku, qui comptent désormais 76% composants en moins. La nouvelle génération de structures de sièges présente une conception simplifiée, ce qui les rend 20% plus fines que celles de la concurrence et permet d'en produire davantage en interne.

Gigacasting ?

Toyota travaille également à la mise au point d'une méthode de production de type ‘ gigacasting ’ visant à réduire le nombre de pièces, en particulier pour ses modèles haut de gamme.

La technologie « Gigacasting » est largement utilisée par Tesla, et des marques telles que Volvo et d'autres lui emboîtent le pas. Cette technologie consiste à fabriquer de grandes pièces automobiles à partir d'un seul bloc de matériau, plutôt que d'assembler différentes petites pièces pour obtenir la même structure.

Toyota s'apprêtait à lancer la Lexus LF-ZC, dont l'une des prouesses technologiques innovantes résidait dans le « gigacasting ». Ce modèle était finalement supprimé en raison de la faiblesse des ventes de véhicules électriques, mais cela ne marque pas la fin du « gigacasting » pour la marque.

Une première en Chine

La production d'un nouveau modèle destiné au marché chinois est prévue pour fin 2027 ; ce modèle intégrera les technologies annoncées pour le modèle Lexus et sera le premier modèle du groupe Toyota à recourir à la technologie « gigacasting ».

D'autres entreprises, comme Stellantis, semblent moins enthousiastes à l'égard de ce procédé à court terme. Et bien que le « gigacasting », bien que coûteux à mettre en place, permette de réduire le coût des composants, il pourrait en fin de compte revenir plus cher aux consommateurs. En cas de dommage, ces pièces de grande taille sont plus difficiles à réparer.

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