Aurons-nous bientôt des Teslas autopilotées en Belgique ? Le constructeur automobile américain a déjà déposé en mars une demande d'autorisation auprès de la Commission européenne pour la conduite autonome (Full Self Driving), et plus précisément la conduite autonome supervisée.
Selon le journal Vers L'Avenir, le ministre fédéral de la Mobilité Jean-Luc Crucke (Les Engagés), contrairement à son prédécesseur, y est déjà favorable. De plus, Crucke souhaite que la Belgique devienne un acteur clé dans le déploiement des véhicules autonomes.
Article 39
Bien que l'approbation de l'UE ne soit pas encore en place, plusieurs sites web européens du fabricant de véhicules électriques anticipent déjà l'évolution de la situation. En effet, les sites Tesla, y compris le site belge, comportent désormais une page entièrement consacrée au système de conduite autonome, Full Self-Driving.
Et l'entreprise a joué intelligemment. Tesla tire parti de l'article 39 du règlement européen, qui établit un cadre pour la réception provisoire de véhicules ou de systèmes, tels que la DSF, même s'ils ne répondent pas encore formellement aux exigences actuelles.
L'article 39 permet à Tesla de ne s'adresser qu'à un seul État membre - les Pays-Bas, en l'occurrence - et, si elle est acceptée, elle est automatiquement reconnue dans tous les autres pays de l'UE, à moins qu'un État membre individuel ne s'y oppose. Le constructeur américain contourne ainsi la procédure traditionnelle, plus longue et plus contraignante, pour une nouvelle technologie qui n'est pas encore couverte par les normes existantes.
L'autorité néerlandaise de la circulation routière (RDW) est connue pour être plus ouverte à l'innovation automobile. C'est précisément pour cette raison que Tesla a déposé une demande de permis pour tester son système de conduite autonome aux Pays-Bas. Détail piquant : Le système d'aide à la conduite de Tesla, Autopilot, a déjà été introduit sur le marché européen en 2015, grâce à une faille dans la loi, et le RDW y a joué un rôle.
Si le vote est positif, l'approbation pourrait prendre effet à partir de la fin du mois de septembre. L'objectif est de permettre la DSF en mode ‘supervisé", initialement toujours avec un conducteur de sécurité, mais avec des fonctions telles que le fonctionnement mains libres sur les autoroutes, une fois que les réglementations entreront en vigueur.
‘La Belgique doit être un acteur clé dans le domaine des voitures autonomes’
Selon le ministre fédéral de la Mobilité Jean-Luc Crucke (Les Engagés), cité par Vers L'Avenir, Tesla l'a en effet “informé de son intention de demander une dérogation pour obtenir la réception européenne d'un véhicule doté d'une technologie nouvelle et innovante”. L'administration du ministre a informé Tesla que la demande doit être introduite par l'autorité de réception d'un Etat membre, ce qui en Belgique relève de la compétence des Régions.
Le prédécesseur de Crucke, Georges Gilkinet (Ecolo), n'était pas favorable aux voitures auto-conduites pas du tout. “Les voitures autopilotées sont également bloquées dans les embouteillages et causent de la pollution. Pour les longs trajets, il vaut mieux encourager les gens à prendre le train plutôt que de s'asseoir dans une voiture autopilotée”, dixit Gilkinet.
Mais M. Crucke souhaite que la Belgique “soit un acteur clé dans le déploiement des véhicules autonomes, avec une priorité donnée aux VE autonomes publics et partagés. La question des véhicules autonomes est un défi majeur pour la mobilité de demain”.”
La Flandre est également favorable à ce projet. Le groupe de travail flamand sur le transport autonome a déjà défini une ‘feuille de route’ pour 2024, et la Flandre a clairement indiqué par le passé qu'elle souhaitait que des voitures autonomes circulent sur les routes flamandes d'ici 2026. Selon M. Crucke, des discussions à ce sujet sont déjà en cours entre les administrations régionales chargées de la mobilité et le gouvernement fédéral.

Les concurrents ont également des projets européens
Fin juin, Tesla, qui fait face à des ventes décevantes dans le monde entier, a lancé son service de robot-taxi tant attendu à Austin, la capitale du Texas. Musk affirme que la plupart des nouvelles voitures Tesla sont déjà équipées de la technologie nécessaire pour conduire de manière totalement autonome.
Il prévoit que son entreprise finira par s'approprier plus de 90% du marché des robots-taxis, avec des millions de voitures autonomes sur les routes. La semaine dernière, une Tesla Model Y s'est conduit tout seul de l'usine Gigafactory d'Austin jusqu'à la porte du client, sans personne au volant.
Pourtant, l'approche de Musk suscite des doutes. En effet, le principal concurrent du service de taxi autonome, Waymo, une société sœur de Google, utilise la technologie lidar, tandis que Tesla s'appuie uniquement sur des caméras. Le lidar est une technologie basée sur des lasers qui permet d'obtenir une image en 3D de l'environnement.
Waymo opère désormais plus de 250 000 trajets entièrement autonomes chaque mois dans plusieurs villes américaines, avec une flotte de plus de 1 500 véhicules. L'application de taxis Uber a cessé de développer des taxis autonomes en 2018 après qu'un SUV a tué un piéton en Arizona.
Pourtant, en mai, la société a annoncé qu'elle prévoyait de proposer des taxis autonomes sur sa plateforme en Europe l'année prochaine. Le service de taxis américain a annoncé un partenariat pour développer les taxis robotisés avec la société chinoise Momenta, qui développe des technologies de conduite autonome.
Waymo poursuit également son expansion en Europe. Les premiers tests sont déjà en cours en Italie, et d'autres pays devraient suivre, mais aucune date de lancement ferme n'a encore été confirmée.


