Le PDG de Stellantis, Filosa, se joint aux avertissements concernant l'industrie automobile européenne

Une fois de plus, un haut responsable du secteur automobile tire la sonnette d'alarme. Antonio Filosa, PDG de Stellantis, demande aux autorités de l'UE de prendre davantage de mesures pour protéger l'industrie automobile européenne contre la concurrence extérieure, en particulier celle des futurs rivaux chinois.

“Les objectifs européens en matière d'émissions de CO2 sont irréalistes”, affirme M. Filosa. “Les réglementations excessives entraînent une augmentation des coûts, en particulier pour les petites voitures, ce qui fait chuter les volumes et met en péril l'avenir de l'ensemble de l'industrie automobile”, a-t-il ajouté, samedi dernier, dans une interview accordée au journal italien Il Sole 24 Ore et au journal économique français Les Echos.

Filosa demande à la Commission européenne de faire preuve de plus de souplesse en ce qui concerne les objectifs en matière d'émissions. Cette Commission a a déjà assoupli la mise en œuvre de ces objectifs d'émission.

Réaliser un redressement

M. Filosa s'est entretenu avec les deux journaux susmentionnés dans le sillage du salon de l'automobile et de la mobilité IAA, qui vient de débuter à Munich. M. Filosa a succédé à M. Tavares, ancien PDG de Stellantis, qui a été démis de ses fonctions en décembre de l'année dernière.

Il doit redresser au plus vite le quatrième groupe mondial de construction automobile. Les bénéfices, les marges bénéficiaires et la production ont diminué chez Stellantis au cours des dernières années.

Le groupe représente des marques emblématiques telles que Peugeot, Citroën, Opel, Fiat, Alfa Romeo et d'autres de ce côté-ci de l'Atlantique, ainsi que Chrysler, Jeep, RAM et d'autres aux États-Unis.

Le groupe est en grande difficulté, souffrant des droits d'importation imposés par Trump et d'une surcapacité dans la plupart de ses usines européennes. À cela s'ajoute la concurrence croissante des nouveaux rivaux chinois.

Stellantis a déjà prévu qu'en entrant dans le capital de Leapmotor, l'un des jeunes constructeurs automobiles chinois les plus prospères, elle représenterait et distribuerait ses produits chinois dans toute l'Europe.

Rejoindre la file d'attente

M. Filosa n'est certainement pas le premier à s'adresser aux dirigeants politiques de l'UE. Auparavant, le patron de BMW, Oliver Zipse, était également président de l'Association des constructeurs européens d'automobiles (ACEA). Il a néanmoins réitéré ces propos lors du récent lancement de l'iX3 à Munich.

Le président de Stellantis, John Elkann, et l'ancien patron de Renault, Luca de Meo, ont plaidé dans le même sens et, plus récemment, l'actuel président de l'ACEA, Ola Källenius, s'est également tourné vers les institutions européennes pour obtenir davantage de soutien.

Ce n'est certainement pas un hasard si M. Filosa met également son poids dans la balance : cette semaine, une réunion est prévue avec le président de la Commission européenne, M. von der Leyen, au sujet de l'avenir de l'industrie automobile en Europe. L'industrie accroît la pression.

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