Le marché belge de l'automobile change de braquet. Alors que les ventes de véhicules neufs continuent de baisser, le secteur de l'occasion gagne du terrain et devient de plus en plus l'épine dorsale des ventes automobiles. Près de deux voitures sur trois immatriculées en Belgique cette année étaient des voitures d'occasion.
Selon la fédération de la mobilité Traxio, les mois d'été ont été marqués par une baisse des ventes d'occasion, mais le marché a fortement rebondi en septembre avec une hausse de plus de 6%. Cette reprise a plus que compensé le ralentissement des vacances d'été, principalement grâce aux acheteurs privés. Les flottes d'entreprises restent prudentes.
Sur les neuf premiers mois de 2025, 555 965 voitures d'occasion ont été vendues. Les immatriculations ont augmenté de 1% par rapport à 2024 et de plus de 7% par rapport à 2023.
“Les gens ne sont pas sûrs d'eux”
Les véhicules électriques continuent d'éprouver des difficultés sur le marché de l'occasion, même si leur part augmente. Cette année, les VE représentent 5% de toutes les immatriculations de voitures d'occasion - contre 3,5% en 2024 - avec la Tesla Model 3, la Fiat 500e et la Tesla Model Y en tête des ventes. Pourtant, de nombreux acheteurs restent hésitants. “Les gens ont encore des doutes sur la technologie, la valeur de revente et les coûts d'utilisation”, déclare Frédéric Vassamillet, directeur commercial du réseau de concessionnaires SOCO.
Les entreprises se montrent plus intéressées par les modèles électrifiés, principalement pour des raisons fiscales, mais même leur confiance s'amenuise. La réduction des incitations pour les véhicules hybrides rechargeables, qui ne sont disponibles que pour les travailleurs indépendants, a clairement diminué leur attrait.
D'autres concessionnaires confirment ce sentiment. “Sur le marché des véhicules d'occasion, les véhicules électriques continuent de rencontrer des difficultés : l'offre augmente, mais la demande ne suit pas”, déclare Matthias Gommeren, PDG de Cardoen, avant de poursuivre : “Mais, en général, l'intention d'acheter est toujours là. Les décisions sont prises rapidement lorsqu'il y a une bonne affaire ou une livraison rapide.”

Vers les marques à bas prix
Chez Van Mossel, le directeur général Marc Van den Kerkhof observe que les consommateurs se tournent vers les marques bon marché et les modèles à essence : “Les prix sont élevés, ce qui favorise les marques moins chères.”
Après des années de hausse, le coût des voitures d'occasion s'est stabilisé à une moyenne de 25 600 euros. Les modèles électriques deviennent toutefois plus abordables, avec une baisse des prix de plus de 7%. Les ventes de modèles diesel d'occasion ont chuté de 12% cette année, car ils sont interdits d'accès aux zones urbaines LEZ.
Parallèlement, l'âge moyen des voitures vendues sur le marché de l'occasion est passé à près de dix ans, plus d'un véhicule sur cinq ayant plus de quinze ans. Les concessionnaires affirment que les clients optent délibérément pour des voitures plus anciennes et moins chères - un signe de prudence financière qui risque de ralentir le renouvellement et la décarbonisation du parc automobile national.
Les voitures neuves sont en baisse de près de 10%
Le marché des voitures neuves, en revanche, reste faible. Sur les trois premiers trimestres, les immatriculations ont baissé de 9,2% par rapport à 2024. Même une modeste amélioration en septembre (-0,5%) n'a pas suffi à inverser la tendance à la baisse.
L'organisme industriel Febiac prévoit que l'année se terminera avec 405 000 à 410 000 nouvelles immatriculations, ce qui représente une baisse de 8,5% par rapport à l'année dernière et le chiffre le plus bas depuis plus d'une décennie.
Les voitures électriques représentent désormais près d'un tiers de toutes les nouvelles immatriculations, mais la demande des particuliers est en baisse : leur part est passée de 13,3% à 11,5%.
Prises dans leur ensemble, les données révèlent un tournant clair. Les automobilistes belges achètent moins de voitures neuves et plus de voitures d'occasion. Dans une économie incertaine, la voiture d'occasion est devenue non pas l'alternative, mais la nouvelle normalité.


