Securail, le service de sécurité de la SNCB, a été sollicité plus de 7.000 fois l'année dernière pour intervenir à la gare de Bruxelles-Midi. C'est ce que rapporte notamment le journal Het Nieuwsblad, en se basant sur les chiffres du ministre de la Mobilité Jean-Luc Crucke (Les Engagés). Avec une moyenne de 20 interventions par jour pour des incidents à Bruxelles-Midi, il s'agit d'un nouveau record, bien que peu flatteur.
La situation dramatique en matière de sécurité à Bruxelles-Sud, l'une des gares les plus fréquentées de Belgique avec environ 58 000 passagers par jour, a été mise en lumière il y a deux ans après qu'une famille anversoise, qui y attendait la nuit le premier train pour rentrer chez elle le matin, a réalisé une vidéo de sa “nuit d'horreur” dans et autour de la gare. Ils ont été témoins de bagarres, de trafic de drogue et même d'une agression à l'arme blanche.
58 000 passagers par jour
Quelque deux ans plus tard, hormis l'ouverture d'un poste de police dans les locaux, le sentiment général d'insécurité n'a guère évolué, écrit le journal. Il reste un foyer de nuisances et d'insécurité avec des problèmes persistants de sans-abri, bien que ces derniers soient également encouragés par le gouvernement lui-même.
Par exemple, la ministre de la migration et de l'intégration sociale, Anneleen Van Bossuyt (N-VA), refuse toujours d'héberger les demandeurs d'asile qui ont déjà été reconnus comme réfugiés ailleurs, ce pour quoi le gouvernement a été condamné à plusieurs reprises.
Elle a également supprimé récemment la subvention fédérale de 65 000 euros que cinq villes, dont Bruxelles, reçoivent pour la mise en œuvre du plan grand froid. Ce plan permet de mettre des centaines de lits supplémentaires à la disposition des sans-abri de novembre à mars.

Problèmes de longue date
Le quartier de la gare, qui n'est pas un quartier particulièrement agréable d'un point de vue architectural, avec de nombreuses places et espaces vides et peu engageants, sentiment renforcé par les travaux en cours du métro 3, est aussi régulièrement le théâtre d'affrontements armés avec le milieu bruxellois de la drogue.
Et, ce qui n'est pas sans importance, la Projet immobilier à Fonsny à Bruxelles-Sud est en suspens en raison d'un recours devant le Conseil d'Etat, mais le contexte budgétaire actuel joue également un rôle. Avec ce projet d'envergure, la SNCB vise à construire un nouveau bâtiment ferroviaire en rénovant et en agrandissant les installations existantes. La Région bruxelloise a délivré un permis d'urbanisme à cet effet en décembre 2022. Le projet s'inscrit dans le cadre d'une initiative plus large visant à rendre le quartier de la gare plus attrayant.
Le fait que Bruxelles soit sans gouvernement depuis plus de 500 jours ne facilite pas l'élaboration de politiques décisives et la coopération entre le gouvernement central, les autorités locales et les bourgmestres.
En outre, les services de police et de justice bruxellois ne disposent pas d'un personnel suffisant pour accomplir toutes leurs tâches de manière adéquate, tandis que les six zones de police locale sont elles aussi structurellement sous-financées. Depuis peu, les forces de police locales et la police fédérale ont accès en temps réel au réseau de caméras de la SNCB dans et autour de la gare.


