Selon RTL info, Infrabel, le gestionnaire belge des infrastructures ferroviaires, consacre 200 millions d'euros au renforcement des infrastructures destinées au transport d'équipements militaires lourds. Ces fonds serviront principalement à renforcer les ponts, élargir les tunnels et développer de nouvelles voies, en particulier autour des ports d'Anvers et de Zeebrugge.
Cet investissement s'inscrit dans le cadre des plans de l'Union européenne visant à renforcer la mobilité militaire au sein des États membres afin de mieux répondre au contexte sécuritaire actuel. Parallèlement, il profitera également au transport civil de marchandises, en permettant le passage de marchandises plus volumineuses sur les chemins de fer belges.
menace russe
En raison de l'intensification des activités hybrides de la Russie depuis son agression militaire contre l'Ukraine, l'UE renforce la coordination entre les États membres, notamment en ce qui concerne le transport de convois militaires lourds, afin de déplacer plus rapidement un grand nombre de troupes et d'équipements à travers l'Union.
Dans le contexte de mobilité militaire transfrontalière, l'une des priorités absolues d'une défense européenne renforcée, la position stratégique centrale de la Belgique en fait un maillon essentiel. Deux des quatre principaux corridors de transport militaire européens passent par les ports d'Anvers et de Zeebrugge vers la Pologne et les États baltes d'une part, et vers le sud de l'Europe d'autre part.
Infrabel a désormais notamment l'intention de moderniser divers ponts afin qu'ils puissent supporter 150 tonnes, une norme de l'OTAN, et permettre aux véhicules de 4,5 mètres de passer en dessous ou à travers des tunnels qui sont actuellement trop étroits.
Dans ce contexte, l'Iron Rhine/3RX, la liaison ferroviaire entre le port d'Anvers et la région allemande de la Ruhr via les Pays-Bas, est également essentielle pour la mobilité militaire et le renforcement des ports belges. Malheureusement, elle reste bloquée par les Pays-Bas et empêtrée dans un enchevêtrement d'obstacles politiques, environnementaux et financiers.
Les plans concrets concernant l'investissement des 200 millions d'euros n'ont pas encore été rendus publics, et on ignore également si les 32 millions d'euros de subventions européennes allouées à Infrabel en 2023 pour améliorer le transport ferroviaire militaire dans le port d'Anvers sont inclus dans ce montant.

‘ Schengen militaire ’
Les investissements annoncés par Infrabel s'inscrivent donc dans la stratégie de modernisation et de renforcement des infrastructures logistiques de l'UE. Afin d'améliorer la mobilité, l'UE a identifié 500 points vulnérables dans ses infrastructures et prévoit d'investir 100 milliards d'euros pour optimiser ces réseaux.
L'une des propositions les plus marquantes est celle d'un ‘ Schengen militaire ’, visant à accélérer le déploiement des forces armées et des équipements militaires entre les États membres. Les pays de l'UE adoptent encore souvent des règles supplémentaires spécifiques à leur pays.
Autre exemple ahurissant : si l'armée américaine souhaite transporter du matériel militaire dans l'UE, les Américains doivent actuellement demander l'autorisation à chaque pays européen qu'ils doivent traverser. Mais l'objectif est de réduire le délai d'obtention de l'autorisation de transit de 45 jours à quelques jours seulement. À partir de l'année prochaine, l'UE prévoit également d'organiser des exercices militaires afin de tester cette infrastructure de mobilité dans la pratique.
Pour la période 2028-2034, la Commission a réservé 17,5 milliards d'euros à la mobilité militaire, un montant qui pourrait encore être ajusté au cours des négociations. Cela représente dix fois la contribution actuelle de l'UE, qui s'élève à 1,7 milliard d'euros.
La Commission souligne que les États membres peuvent également recourir aux ressources des fonds de cohésion pour investir dans la mobilité militaire, ainsi qu'au mécanisme SAFE. Toutefois, les États membres et le Parlement européen doivent encore examiner la proposition.


