Sur le papier, le plan climatique belge est une réussite, mais sur la route, c'est un échec

Belgique a revu ses ambitions à la hausse dans son plan national pour l'énergie et le climat (PNEC), mais doit encore faire des efforts en matière d'énergies renouvelables et d'efficacité énergétique dans les années à venir. Mais pour l'instant, le pays ne sera pas confronté à une facture de plusieurs millions de dollars.

Si un État membre de l'UE ne parvient pas à réduire suffisamment ses émissions de CO2 d'ici à 2030, il devra acheter des certificats d'émission à un État membre ayant obtenu de meilleurs résultats que prévu, par exemple un pays scandinave ou d'Europe de l'Est doté d'un vaste couvert forestier. Ce scénario n'est actuellement pas à l'ordre du jour.

Plan inadéquat

En octobre 2025, la Belgique a soumis à la Commission européenne une nouvelle version de son plan national énergie-climat, la première ayant été rejetée par la Commission car jugée insuffisante. 

Dans ce plan, la Flandre, la Wallonie, Bruxelles et le niveau fédéral expliquent comment ils réduiront ensemble les émissions de gaz à effet de serre de 47 % d'ici 2030 par rapport à 2005, comme l'exige l'Europe. Selon la Commission, notre pays a fait des progrès, mais des faiblesses subsistent, et des efforts supplémentaires sont encore nécessaires dans le domaine des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique.

Par exemple, il manque toujours une vision à long terme pour le déploiement des technologies d'énergie renouvelable d'ici 2040, et le plan belge n'inclut pas de calendrier détaillé pour la suppression progressive des subventions aux combustibles fossiles. La Belgique a une longue tradition de plans climatiques inadéquats. ta Commission demande instamment l'élaboration d'un plan clair, étape par étape.

Défis

En termes d'efficacité énergétique, l'ambition de la Belgique est bien en deçà de l'objectif de l'UE. Le pays doit renforcer son cadre législatif, entre autres, pour améliorer l'intégration des réseaux d'électricité, de chauffage et de refroidissement dans le système énergétique.

La facture de plusieurs millions d'euros a été évitée pour l'instant, mais les projets doivent encore être réalisés. Et ce ne sera pas facile. La Belgique devra faire un effort significatif. Par exemple, le te mix énergétique belge contiendra beaucoup trop peu d'énergies renouvelables en 2030. LL'année dernière, seules 13 éoliennes terrestres ont été construites en Flandre, et la poursuite de l'expansion en mer s'avère également difficile.

Le secteur des transports est le seul secteur où les émissions continuent d'augmenter d'année en année. La Commission invite la Belgique à réduire les déplacements en voiture et à encourager l'électrification. Si la Belgique ne met pas suffisamment en œuvre ces recommandations, elle devra encore s'acquitter d'une lourde facture.

La Belgique sur la bonne voie‘

La Belgique respectera toutefois d'autres obligations, telles que la réduction des émissions de gaz à effet de serre dans les secteurs non couverts par le système d'échange de quotas d'émission de l'UE. Le plan belge, par exemple, comprend des mesures visant à réduire les émissions de 42,7 % par rapport à 2005, et la Belgique peut utiliser les “flexibilités anticipées” (telles que le transfert de quotas d'émission inutilisés) pour atteindre l'objectif de 47 %. La Belgique est également en bonne voie pour atteindre ses objectifs en matière d'utilisation des sols et de sylviculture si les plans actuels sont mis en œuvre correctement.

La Commission a ajouté qu'elle continuera à aider les États membres à combler les lacunes des plans et qu'elle évaluera si des efforts supplémentaires sont nécessaires pour atteindre les objectifs collectifs.

“Le rapport de la Commission européenne confirme que la Belgique est en bonne voie pour respecter ses engagements climatiques pour 2030”, déclare en conclusion le ministre fédéral du Climat et de la Mobilité Jean-Luc Crucke (Les Engagés). “Cependant, ce même rapport indique clairement que la part des énergies renouvelables est encore bien inférieure au niveau requis et que notre consommation d'énergie primaire est encore trop élevée.”

Par rapport à ses voisins et à la moyenne européenne, la Belgique est en retard en matière d'énergies renouvelables et de cohérence politique, même si elle évite les sanctions immédiates. Les objectifs climatiques sont atteints sur le papier, mais l'efficacité énergétique est insuffisante et l'ambition en matière d'énergies renouvelables est trop faible. Les pays voisins avancent plus vite avec des zones à zéro émission, des investissements ferroviaires et des incitations plus fortes pour la mobilité électrique.

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