La démolition de Tihange est suspendue, le gouvernement envisageant un retour du nucléaire

Le permis de démolition de deux tours de refroidissement de la centrale nucléaire de Tihange, près de Huy en province de Liège, a été suspendu à la suite d'un recours. L'exploitant Engie souhaite procéder rapidement au démantèlement. Cependant, le gouvernement fédéral et le ministre de l'énergie Mathieu Bihet (MR) sont réticents à l'autoriser car ils veulent redémarrer au moins un réacteur.

Entre-temps, le SCK CEN, le centre belge de recherche sur l'énergie nucléaire, a signé un accord de coopération avec plusieurs partenaires internationaux en vue de construire un nouveau petit réacteur nucléaire. L'objectif est de construire une installation d'essai à Mol d'ici 2024.

Le ministre wallon de l'Aménagement du territoire doit décider

Normalement, les travaux de démolition des tours de refroidissement à Tihange devaient commencer en septembre, mais le Service public de Wallonie a suspendu le permis. Le mouvement environnemental éco-moderniste WePlanet et la commune de Huy avaient notamment introduit un recours.

Ils estiment qu'aucune mesure irréversible ne doit être prise en ce qui concerne les centrales nucléaires belges.

WePlanet considère l'énergie nucléaire comme une source d'énergie à faible teneur en carbone nécessaire pour atteindre les objectifs climatiques. La municipalité de Huy, quant à elle, craint qu'après la démolition, le site reste une zone abandonnée et “contaminée” pendant des années, sans aucune nouvelle utilisation économique.

Arrêt de la démolition des tours de refroidissement de l'usine de production d'électricité de l'Union européenne. Tihange 1 et 2, comme l'a d'abord rapporté De Tijd, convient parfaitement au gouvernement De Wever. Le ministre de l'énergie, Mathieu Bihet, a écrit une lettre à Engie pour lui demander de ne pas démolir les tours de refroidissement, mais cette lettre a été ignorée.

Le groupe français n'est disposé qu'à respecter le contrat conclu avec le gouvernement précédent et à maintenir en service les deux plus jeunes réacteurs nucléaires, Doel 4 et Tihange 3, jusqu'en 2035. Il souhaite démanteler définitivement les centrales pour éviter les coûts de maintenance et étouffer les discussions juridiques sur un redémarrage.

La balle est désormais dans le camp du ministre wallon de l'Aménagement du territoire, François Desquesnes (Les Engagés), qui doit se prononcer définitivement sur la question. D'ici là, rien ne peut être démoli. M. Desquesnes et son parti sont depuis longtemps très critiques à l'égard de la sortie totale du nucléaire en 2025.

Les partenaires du consortium européen EAGLES qui développeront et commercialiseront des SMR refroidis au plomb et travailleront ensemble à la réalisation de LEANDREA, un réacteur de puissance limitée qui devrait être achevé d'ici 2034 sur le site du Centre de recherche nucléaire belge SCK CEN/SCK CEN.

Nouveau SMR refroidi au plomb

Les partisans de l'énergie nucléaire en Belgique ont également reçu des nouvelles positives de Mol. SCK CEN veut y construire un nouveau SMR refroidi au plomb avec ses homologues italien et roumain ENEA et RATEN, la société française Newcleo et la société italienne Ansaldo Nucleare.

En refroidissant les réacteurs avec du plomb plutôt qu'avec de l'eau, comme c'est habituellement le cas, la technologie fonctionnerait encore plus rapidement et plus efficacement.

Les SMR sont de petits réacteurs modulaires qui produisent moins d'énergie que les grandes centrales, génèrent moins de déchets nucléaires (bien que ce point fasse l'objet d'un important débat) et sont plus faciles à construire.

La première construction devrait être achevée d'ici 2034. Le réacteur, d'une capacité de 350 mégawatts, servira d'installation de recherche et d'essai et de “démonstrateur technologique”.

Le premier SMR commercial devrait être déployé et mis en service en 2029. “Il s'agit de bien plus qu'un projet de recherche”, a déclaré Pieter Baeten, directeur général du SCK CEN, qui a également parlé d'un “projet concret qui soutient la sécurité énergétique et la capacité d'innovation de l'Europe à l'avenir”.”

“Une étape importante”

Le ministre de l'énergie Mathieu Bihet, qui était critiqué le mois dernier pour le blocage du dossier de la prolongation de la durée de vie des centrales nucléaires, se réjouit de cette collaboration. “Il s'agit d'une étape importante pour notre pays et pour l'avenir de l'énergie en Europe. M. Bihet a parlé d'une ”histoire européenne“ et a souligné l'importance de l'indépendance énergétique, qui, selon lui, est devenue encore plus cruciale dans un contexte d'incertitude géopolitique mondiale.

Selon M. Bihet, la Belgique doit lutter simultanément sur trois fronts pour garantir la sécurité d'approvisionnement à l'avenir. L'un de ces fronts est la prolongation de la durée de vie des centrales nucléaires existantes.

Les négociations avec Engie sont toujours en cours, a confirmé le ministre à l'agence de presse Belga. “Mais en même temps, nous devons aussi nous concentrer sur les nouvelles technologies et la construction de nouveaux réacteurs. Nous ne pouvons pas attendre qu'un dossier soit terminé pour entamer le suivant”, a déclaré M. Bihet.

Le gouvernement fédéral a alloué un premier budget de recherche de 100 millions d'euros. Cependant, la construction définitive d'un prototype coûtera des milliards, pour lesquels aucun budget définitif n'a encore été fixé.

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