Le ministre de l'énergie, M. Bihet, sous le feu des critiques pour le statu quo nucléaire en Belgique

Le ministre belge de l'énergie, Mathieu Bihet (MR), s'est défendu devant le parlement contre les critiques selon lesquelles il ne prend pas suffisamment de mesures dans le domaine nucléaire.

Rien de concret n'en est ressorti, mais selon M. Bihet, des discussions sont en cours avec des exploitants et des propriétaires de centrales nucléaires, et des investisseurs “sont intéressés par l'extension du nombre maximal de réacteurs, à condition que cela puisse se faire en toute sécurité”.”

Selon le journal économique De Tijd, une nouvelle étude conclut que seuls Doel et Chertal sont des sites appropriés pour de nouveaux grands réacteurs nucléaires. Toutefois, le rapport indique également que la construction d'un grand réacteur sur l'un de ces sites prendra au moins 15 à 20 ans.

Pas de progrès

Le gouvernement De Wever a exprimé son souhait de prolonger Doel 4 et Tihange 3, deux des sept réacteurs nucléaires qu'Engie exploite encore en Belgique, non pas de 10 ans, mais de 20 ans, jusqu'en 2045. Cependant, le géant français de l'énergie se retient pour l'instant.

Bien qu'elle ait laissé la porte ouverte à la possibilité d'aider le gouvernement à obtenir une extension plus longue par le biais d'une coentreprise avec l'État, Engie indique qu'il s'agirait d'un projet entièrement nouveau qui ne pourrait pas démarrer avant 2030 environ.

À ce jour, Engie n'a annoncé aucun projet de construction de nouveaux réacteurs ou de SMR. Au contraire, début 2026, Vincent Verbeke, PDG d'Engie, a réaffirmé que l'énergie nucléaire est, en principe, une solution de rechange à l'énergie nucléaire. “chapitre clos” pour eux et que leur stratégie est entièrement axée sur les énergies renouvelables et les centrales à gaz flexibles. Cependant, le gouvernement veut se concentrer sur la construction de réacteurs modulaires, mais les critiques disent qu'il n'en est rien.

Les nouveaux grands réacteurs nucléaires ne seront disponibles qu'après 2040

Pour concrétiser ces projets, le gouvernement a commandé à Tractebel, le bureau d'études d'Engie, qui agit ici en tant que bureau d'études indépendant, un rapport sur les possibilités de nouveaux grands réacteurs nucléaires - non pas des petits réacteurs modulaires (SMR), mais des réacteurs classiques de type EPR.

De ce rapport, que De Tijd et son journal frère L'Echo ont pu consulter, il ressort que deux sites sont les plus appropriés : Doel, près d'Anvers, et Chertal, un ancien site industriel d'ArcelorMittal dans la province de Liège.

Toutefois, le rapport indique également que la construction d'un grand réacteur sur l'un de ces sites prendra au moins 15 à 20 ans. En d'autres termes, il ne s'agit pas d'une solution à court terme, mais d'un choix stratégique pour la période postérieure à 2040.

En outre, le site de Chertal se trouve à moins de 8 km du centre de Liège, ce qui peut susciter l'opposition des riverains. Une liste de 7 à 8 sites proches de zones industrielles a également été établie pour la construction de nouveaux SMR.

Recherche d'investisseurs

Et puis, il y a le prix. L'investissement estimé pour un seul grand réacteur de 1,6 GW se situe entre 8 et 11 milliards d'euros, en supposant qu'il n'y ait pas de retard majeur. Pour deux nouvelles centrales nucléaires d'une capacité totale de 4 GW, par exemple, il faudrait investir entre 25 et 35 milliards d'euros.

Si le gouvernement actuel choisit cette option, une ‘Autorité d'investissement nucléaire’ sera créée avant la fin de cette année. En échange de prix garantis, cet organisme devrait attirer des investisseurs privés, comme les grands industriels liégeois de la sidérurgie et de la chimie, car l'Etat ne peut supporter seul ces milliards sans faire exploser le budget.

Le coût d'un SMR est estimé entre 3 et 5 milliards d'euros, et les premiers SMR commerciaux en Belgique ne seraient pas disponibles avant 2040.

La pression augmente

Le gestionnaire du réseau à haute tension Elia a précédemment estimé que la Belgique aura besoin de 4,4 gigawatts de capacité de production d'électricité supplémentaire d'ici 2035.

Le fait que M. Bihet ait également réduit de manière significative l'ambition de l'île Princess Elisabeth en juin en raison d'une “insoutenabilité financière” et qu'il ait également demandé une pause stratégique sur les nouveaux parcs éoliens dans cette zone de la mer du Nord, signifie que l'électricité attendue de ces parcs ne sera pas disponible avant 2030-2032, soit deux à quatre ans plus tard que ce qui était prévu à l'origine.

L'opposition et les groupes environnementaux accusent donc M. Bihet et le gouvernement de ralentir délibérément le développement de l'énergie éolienne en mer pour faire de la place à l'énergie nucléaire.

En outre, depuis la fin de l'année dernière, M. Bihet bloque le prix garanti pour l'énergie produite dans les centrales nucléaires. Il est également en conflit avec Engie au sujet des 3 milliards d'euros de surcoûts liés au démantèlement des centrales nucléaires.

Pour Engie, ces conflits et ces formes de pression sont du grain à moudre pour mettre un terme à l'extension des centrales. Dans le même temps, Bihet n'a pas d'autre choix que de s'associer à d'autres entreprises, telles que la société française EDF pour les EPR ou l'américain Westinghouse pour les SMR, de poursuivre ses projets de nouveaux réacteurs.

L'obstacle majeur est que les sites de Doel et de Tihange sont détenus ou gérés par Engie, raison pour laquelle Chertal est également envisagé.

L'impasse nucléaire se poursuit donc, bien qu'à l'heure actuelle il semble y avoir plus de tension et de moyens de pression qu'une atmosphère sereine propice à la recherche d'une solution.

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