Engie va démolir Tihange 1 ; le gouvernement belge souhaite sa réouverture

L'entreprise énergétique française Engie, également présente en Belgique, a obtenu un permis pour démolir la tour de refroidissement de la centrale nucléaire de Tihange 1.

Elle veut commencer à la démanteler en septembre. Cela compromet les plans du ministre de l'énergie Mathieu Bihet (MR), qui souhaite redémarrer la centrale et négocier une prolongation supplémentaire de 10 ans de sa durée de vie.

Une bataille sans espoir ?

“Nous prévoyons de commencer à démanteler les tours de refroidissement de Tihange 1 et Tihange 2 en septembre”, a déclaré Hellen Smeets, porte-parole, au journal économique De Tijd. “Nous commencerons par la tour de refroidissement de Tihange 1 et visent à achever les travaux d'ici la fin de 2027 ou le début de 2028”.”

Les projets d'Engie de démanteler la plus ancienne centrale nucléaire wallonne, située le long de la Meuse à Huy, s'opposent donc à la demande de M. Bihet de s'abstenir d'entreprendre des “actions irréversibles de démantèlement”.”

Deux des sept centrales nucléaires sont encore ouvertes

Pour situer les choses dans leur contexte : Tihange 2, en service depuis 1982, a été définitivement arrêtée en janvier 2023 en raison de la présence de flocons d'hydrogène dans la cuve du réacteur.

Comme Doel 1, 2 et 3, elle ne sera pas redémarrée. Actuellement, seules Doel 4 et Tihange 3 restent opérationnelles parmi les centrales nucléaires belges, qui devraient rester en service jusqu'en 2035 environ après une prolongation de 10 ans de leur durée de vie. Toutefois, le gouvernement De Wever espère les maintenir ouverts encore plus longtemps.

Le ministre Bihet espère également pour redémarrer Tihange 1. Cette centrale nucléaire, d'une capacité d'environ 1 000 MW, a presque 50 ans. En raison de son âge et de sa conception dépassée, le réacteur a été mis hors service après plusieurs prolongations de sa durée de vie, et des préparatifs sont en cours pour son démantèlement.

Pas de cadre juridique

Le 30 décembre, l'opérateur Engie Electrabel a obtenu un permis régional pour démolir les tours de refroidissement de Tihange 1 et 2. L'énergéticien français joint le geste à la parole, puisqu'il a déjà fait savoir qu'il n'était plus intéressé par la prolongation de la durée de vie de la centrale.

“Si le gouvernement veut encore maintenir les centrales nucléaires ouvertes, ce ne sera pas avec Engie”, peut-on lire dans le message. En outre, l'autorité de sécurité FANC a déjà confirmé que Tihange 1 ne répond pas aux nouvelles normes de sécurité. De plus, le réseau à haute tension autour de Liège ne sera plus équipé pour cette centrale avant 2031-2032.

“Les investissements nécessaires à la mise aux normes de la centrale nucléaire seraient si importants qu'il serait financièrement et techniquement difficile de prolonger sa durée de vie”, a déclaré M. Smeets à De Tijd. “Il n'y a pas de cadre juridique pour cela. Aucune étude n'a été réalisée. Nous poursuivrons donc le plan tel qu'il a été envisagé.”

Bien que la ville de Huy puisse encore faire obstacle, selon le journal La Dernière Heure, la ville, à majorité MR, envisage de faire appel contre la destruction des deux tours de 158,5 mètres de haut sur le site de Tihange.

La ville de Huy avait déjà émis un avis négatif aux fonctionnaires délégués et techniques sur la demande d'Engie de démolir les tours de refroidissement de son site nucléaire de Tihange. L'argument principal était que ces démolitions seraient irréversibles pour l'avenir énergétique, industriel et économique de la centrale, de la ville de Huy et de l'ensemble du bassin de la Meuse.

L'approvisionnement en électricité est menacé ?

Avec Doel 1 et Tihange 3, la Belgique dispose d'environ 2 GW d'énergie nucléaire, ce qui est bien inférieur à l'objectif d'environ 4 GW fixé par le gouvernement belge.

Toutefois, dans ses études d'adéquation et de flexibilité, Elia affirme que l'approvisionnement en électricité de la Belgique est assuré avec 2 GW d'énergie nucléaire, à condition que la capacité restante puisse être complétée par des centrales au gaz CRM, des importations, des énergies renouvelables, des parcs de batteries et, éventuellement, une nouvelle technologie nucléaire (SMR).

Dans le même temps, elle avertit également dans de récentes études à long terme que la Belgique risque une pénurie de plus de 6GW à partir de 2035 si aucun nouvel investissement n'est réalisé, précisément en raison d'une augmentation explosive de la demande d'électricité due à l'électrification de l'industrie, des transports (EV) et, surtout, à la croissance des centres de données.

Une nouvelle étude du bureau d'ingénieurs Tractebel montre également que, même dans le scénario le plus optimiste, la construction de nouvelles grandes centrales nucléaires en Belgique ne sera pas achevée avant la fin de 2039 au plus tôt.

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