À compter du mercredi 1er juillet, la période de tolérance à Bruxelles prendra officiellement fin, et les autorités fiscales commenceront à infliger des amendes à la nouvelle vague de conducteurs qui enfreignent les normes de la zone à faibles émissions (LEZ).
Plus précisément, plus de 13 000 véhicules – des voitures diesel Euro 5 et des voitures essence Euro 2 ayant reçu un avertissement en début d'année – s'exposent à une amende de 350 €, qui fera alors office de « passe » valable pendant 12 mois.
AutoScout24 met également en évidence une autre tendance frappante : malgré le durcissement de la réglementation relative aux zones à faibles émissions (LEZ), plus de 2 200 voitures d'occasion diesel ont été immatriculées à Bruxelles depuis le début de l'année 2026, dont un quart est déjà en infraction.
350 € pour un abonnement annuel
En réalité, les voitures diesel Euro 5 et les voitures à essence Euro 2 sont interdites dans la zone à faibles émissions de Bruxelles depuis le 1er janvier 2026, mais en raison d'une incertitude juridique, le Parlement bruxellois avait initialement reporté l'application de cette mesure à 2027. La Cour constitutionnelle a toutefois annulé ce report, estimant qu’il portait atteinte au droit à la santé et à un environnement sain – l’application de la mesure a donc été reportée.
Toutefois, à partir de demain, les contrevenants se verront infliger une amende forfaitaire de 350 €, qui, une fois payée, fera office de forfait annuel.
Dans toute la Belgique, environ 630 000 véhicules immatriculés répondant aux normes Euro 5 (diesel) et Euro 2 (essence) ne sont plus autorisés à circuler dans la zone à faibles émissions (LEZ) de Bruxelles, dont 23 300 sont immatriculés en Région bruxelloise.
Un impact moins grave que prévu
Et bien que l'on ait craint au départ que davantage de voitures belges soient concernées par ces réglementations plus strictes, l'impact concret s'est avéré moins important que prévu. En mai 2026, seules 2,91 TP3T de voitures particulières circulant quotidiennement à Bruxelles enfreignaient en moyenne la réglementation.
Ce faible pourcentage s'explique par le fait que de nombreux conducteurs ont anticipé ces règles et par la baisse rapide de la part de marché des véhicules diesel.
Les ventes de voitures (neuves) à moteur diesel se sont pratiquement effondrées, ne représentant plus que 3% des immatriculations, mais cette ‘ chute libre ’ du moteur diesel en Belgique est également directement liée à l'essor massif des voitures électriques. Les véhicules électriques représentent désormais près de 35% de l'ensemble des immatriculations de véhicules neufs en Belgique.
Quoi qu’il en soit, la zone à faibles émissions (LEZ) exerce une forte influence sur le marché belge, en particulier dans les grandes villes dotées d’une telle zone, selon une analyse de la plateforme de vente en ligne AutoScout24.
Alors qu’à Bruxelles, où la réglementation relative aux zones à faibles émissions (LEZ) est la plus stricte du pays, près des trois quarts, soit 76%, des véhicules diesel immatriculés depuis le début de l’année sont des modèles récents immatriculés après 2015, cette part est plus faible dans les autres provinces directement concernées par les LEZ, avec 60% pour Anvers et 59% pour Gand/Flandre orientale.
Les voitures diesel bon marché restent populaires malgré l'interdiction
Cela n'exclut toutefois pas quelques surprises. Par exemple, selon AutoScout24, 2 215 véhicules diesel d'occasion étaient encore immatriculés à Bruxelles entre le début de l'année et la fin du mois d'avril.
Ce qui est encore plus frappant, c’est qu’une de ces voitures sur quatre a été immatriculée pour la première fois avant 2015, ce qui signifie que certains Bruxellois continuent d’acheter délibérément des voitures d’occasion fonctionnant au diesel, même si celles-ci ne sont peut-être plus les bienvenues dans leur propre ville.
AutoScout24 attribue ce phénomène à une forte baisse des prix d'au moins 9% sur sa propre plateforme pour ce type de véhicules, ainsi qu'au fait que les voitures diesel sont souvent près de 20% moins chères que les voitures à essence comparables.
Pour ceux qui disposent d'un budget serré, une voiture diesel d'occasion bon marché est parfois littéralement la seule option envisageable. De tels chiffres alimentent naturellement le débat sur la nécessité de mettre en place des mesures sociales ou un programme de ‘ leasing social ’, à l'instar de ce qui se fait en France, afin de rendre la conduite électrique accessible également aux personnes à faibles revenus.
Mais ce qui peut être considéré comme une solution de secours imposée pour certains peut s'avérer être une analyse coûts-bénéfices rationnelle pour d'autres : mieux vaut payer une amende annuelle de 350 euros que d'investir des dizaines de milliers d'euros dans une nouvelle voiture.
L'incertitude entourant la date d'entrée en vigueur de l'interdiction, les délais de grâce et règles d'exonération a sans aucun doute également influencé les décisions de certains pilotes.


