Bonne nouvelle pour les propriétaires des vélos branchés Cowboy : la marque et les vélos continueront d'exister. Le groupe français Rebirth s'apprête à racheter 80% de l'entreprise bruxelloise et investira 15 millions d'euros pour remettre le fabricant de vélos électriques connectés sur les rails.
Cowboy, qui a perdu 20 millions d'euros l'an dernier et 10 millions d'euros cette année, avait déjà signé en août un protocole d'accord avec Rebirth Group Holding, une société avec laquelle elle collabore déjà puisqu'elle assemble leurs vélos. Selon le journal français Le Figaro, la transaction devrait être finalisée à la mi-octobre.
Le seuil de rentabilité est prévu pour 2027
Le rachat signifie que Cowboy perdra essentiellement son contrôle indépendant. Toutefois, il était clair depuis un certain temps déjà que une action urgente s'imposait pour améliorer la rentabilité et restaurer la confiance des clients.
Rebirth veut maintenant réduire les coûts de production de Cowboy, par exemple en centralisant l'achat des pneus pour toutes les marques du groupe. L'utilisation de pièces plus standard est également envisagée, alors que Cowboy développait tout lui-même dès le départ. “Nous devrions pouvoir économiser 2 millions d'euros”, affirme Grégory Trebaol, PDG de Rebirth.
“Cette année, l'entreprise sera encore déficitaire de 8 à 10 millions d'euros pour un chiffre d'affaires de 20 à 22 millions d'euros”, dixit Trebaol. “Mais le chiffre d'affaires devrait atteindre 40 millions d'euros en 2027, année où nous atteindrons le seuil de rentabilité.”
130 points de vente
Rebirth, comme son nom l'indique, est spécialisée dans la revitalisation et la redynamisation de marques historiques de vélos, telles que Peugeot, Gitane, Mantra, Angell, Solex, par exemple, en y intégrant des technologies modernes. Elle possède des usines à Romilly-sur-Seine, en région parisienne, et à Saint-Lô, en Normandie.
Outre la relance de ces marques, la maîtrise de l'ensemble de la chaîne par l'entreprise est un atout important : elle assure la production, l'assemblage (dont de nombreuses pièces sont fabriquées en Asie), le design, la distribution et le service après-vente, ce qui lui permet de réaliser des économies et de répondre plus rapidement aux évolutions du marché.
Par exemple, l'acquisition de Cycleurope lui a permis de devenir propriétaire de Vélo & Oxygen, un réseau d'environ 85 magasins. Grâce à des partenariats avec la marque française de bicyclettes Ovelo et des revendeurs sélectionnés en Belgique, aux Pays-Bas et en Allemagne, le réseau compte actuellement 130 points de vente.
Sa présence dans ces pays, ainsi qu'en Suisse, est appelée à se développer. Par ailleurs, Rebirth participe au déploiement de systèmes de vélos en libre-service dans plusieurs villes et régions françaises, dont Châteaubriant, Grasse et l'Île-de-France.
La récession après le boom ?
Maintenant que Cowboy appartient principalement à une société française, un autre fabricant belge de bicyclettes est confronté aux défis de l'industrie de la bicyclette, tels que la concurrence croissante des fabricants non européens.
Ridley, qui a acquis Eddy Merckx Cycles et la marque de VTT Nukeproof, est détenue majoritairement par le groupe d'investissement néerlandais Torqx Capital Partners depuis 2023. Minerva et Stella ont également fait faillite en raison de mauvaises décisions économiques. Thompson et Achielle sont toujours aux mains des Belges, tout comme Norta, Oxford, Åska, Ahooga, Granville, L'Avenir, etc.
Le journal De Standaard note également que de grandes entreprises belges cotées en bourse, telles que GBL, D'Ieteren et Colruyt, sont entrées dans le secteur, respectivement par l'intermédiaire de Canyon, Lucien et Bike Republic, mais qu'elles n'en ont pas encore tiré d'avantages financiers significatifs.
Le journal De Tijd souligne également que, sur la base des chiffres actuellement disponibles concernant la valeur estimée de Cowboy, les 7 800 investisseurs privés qui ont investi leur argent dans Cowboy par le biais de diverses campagnes de crowdfunding ont pratiquement perdu leur argent.


