La LEZ à Bruxelles accélère le renouvellement du parc automobile

Critiquée par certains et appréciée par d'autres, la zone à faibles émissions (LEZ) de Bruxelles produit l'effet escompté, selon l'évaluation annuelle de Bruxelles Environnement.

La LEZ permet d'accélérer le renouvellement du parc automobile et d'améliorer la qualité de l'air dans la région de Bruxelles-Capitale. En moyenne, 360 000 véhicules uniques circulent chaque jour dans la LEZ. Un peu plus de la moitié d'entre eux (50,9%) sont immatriculés dans la Région, 38,2% en Flandre et 10,9% en Wallonie.

Forte diminution des polluants

Entre 2018 et 2024, la concentration d'oxydes d'azote (NOx), une forme importante de particules, a diminué de plus de 55% pour un volume de trafic équivalent. Les particules ont diminué de 33% et la concentration de carbone noir de 62%. La concentration d'azote le long des axes de circulation les plus fréquentés a diminué de 45%.

La composition du parc automobile subit également des changements importants en raison de l'introduction de la LEZ dans la région de Bruxelles-Capitale. Au début de l'année 2025, le parc automobile bruxellois devrait se composer de 69% de véhicules à essence, 23% de véhicules diesel et 8% de véhicules entièrement électriques. L'électrification concerne principalement les véhicules d'entreprise (27% des immatriculations belges en 2024), tandis que seulement 1 22% des voitures particulières sont électriques.

L'augmentation du nombre de bornes de recharge et les réglementations européennes, comme l'interdiction de la vente de moteurs à combustion à partir de 2025, si cette mesure est maintenue alors que l'Allemagne, entre autres, la remet ouvertement en question, devraient accélérer cette évolution. Pour information, la Région compte actuellement 9 500 points de charge accessibles au public.

La part des VE, des voitures diesel et des voitures fonctionnant à l'essence, au GPL et au GNC.

Une application plus stricte, mais d'abord la tolérance

À Bruxelles, la LEZ sera renforcée à partir du 1er janvier, ce qui signifie que les véhicules diesel Euro 5 et les véhicules à essence Euro 2, entre autres, ne seront plus autorisés à circuler dans la Région bruxelloise. Cette catégorie représente environ 8% du parc automobile, soit 240 000 véhicules. Parmi ceux-ci, 29 000 sont immatriculés dans la Région elle-même. “Les véhicules qui seront interdits dans la phase finale sont responsables de plus de 40% des émissions de NOx provenant du transport à Bruxelles”, selon Bruxelles Environnement.

Ce durcissement des règles dans la Région de Bruxelles-Capitale avait été reporté dans un premier temps. Toutefois, comme la Cour constitutionnelle a suspendu l'ordonnance concernant le report de deux ans de la LEZ, elles entreront maintenant en vigueur comme prévu initialement.

Cependant, le gouvernement bruxellois sortant a décidé d'être indulgent. À partir du 1er janvier 2026, les automobilistes qui enfreignent les règles recevront d'abord une lettre d'avertissement. Ils auront ensuite trois mois pour se mettre en conformité : la première amende de 350 euros ne sera envoyée que trois mois après la première infraction. Les propriétaires qui peuvent prouver qu'ils disposent d'un bon de commande pour un nouveau véhicule conforme, daté au plus tard du 31 décembre 2025, seront également exemptés d'amende.

En 2024, 16 157 amendes ont été délivrées, contre 27 212 en 2023. Et 1 402 allocations Brussel'Air ont été accordées. Sous la forme d'un budget mobilité,
L'allocation donne accès à différentes options de mobilité : un budget pour les vélos, les vélos partagés, les voitures partagées, les taxis, les transports publics, etc.

Il est également important de noter que, selon Bruxelles Environnement, la part des véhicules concernés n'a pas diminué davantage après l'annonce du report de l'échéance de 2025, contrairement à ce qui avait été observé au moment de l'échéance de 2022.

Cela illustre l'effet tangible de la LEZ sur le parc automobile, en montrant que les changements de réglementation ont un impact direct sur la présence de véhicules polluants dans le parc circulant à Bruxelles.

La pollution reste un problème important

En Flandre, et plus précisément à Anvers et dans les Gand, Le renforcement des règles a été abandonné. Toutefois, la décision doit encore être approuvée par les conseils consultatifs concernés et le Conseil d'État, de sorte qu'elle pourrait encore être suspendue en Flandre.

Bruxelles Environnement note également que, malgré ces développements positifs et les résultats de la LEZ, la pollution de l'air reste un problème important pour la Belgique, Bruxelles et ses habitants.

En 2024, elle a causé plus de 4 000 décès prématurés en Belgique, principalement en raison de l'exposition aux particules, au dioxyde d'azote et à l'ozone : 4 102 en raison de l'exposition aux particules (PM2,5), 1 264 en raison de l'exposition au dioxyde d'azote (NO2) et 2 570 en raison de l'exposition à l'ozone (O3).

Dans la région de Bruxelles-Capitale, on estime que l'exposition aux PM2,5, au NO2 et à l'O3 aura causé respectivement 298, 144 et 175 décès prématurés en 2024.

“Bien que Bruxelles respecte largement les normes européennes actuelles, des efforts supplémentaires sont nécessaires pour atteindre les objectifs plus stricts pour 2030 et les recommandations de l'Organisation mondiale de la santé”, conclut Bruxelles Environnement.

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